Les traitements médicamenteux
Vous retrouverez sur cette page les différents traitements médicamenteux existants et reconnus contre l’endométriose, ainsi que leurs effets
Connaitre les options possibles
La prise en charge médicamenteuse de l’endométriose et des douleurs pelviennes associées repose sur plusieurs catégories de traitements, qui répondent à des objectifs différents et complémentaires.
On distingue généralement :
- Les traitements hormonaux, visant à moduler l’activité hormonale afin de limiter la stimulation des lésions et, chez certaines patientes, de réduire les symptômes.
- Les traitements antalgiques, destinés à soulager la douleur, avec des stratégies graduées selon son intensité et ses mécanismes.
- Les traitements de fond, prescrits lorsque la douleur devient chronique ou présente des mécanismes complexes (inflammation persistante, sensibilisation centrale, composante neuropathique).

Ces approches ne s’opposent pas : elles peuvent être combinées et ajustées au fil du temps. Le choix d’un traitement dépend de nombreux paramètres : type de symptômes, intensité et fréquence des douleurs, tolérance, comorbidités, projet de grossesse, préférences de la patiente, et rapport bénéfice/risque individuel.
L’objectif de cette page est de présenter les grandes catégories de médicaments utilisés, leurs principes d’action et leur place dans la stratégie thérapeutique, afin de mieux comprendre les options possibles et de faciliter un dialogue éclairé avec les professionnel·les de santé.
Avertissement

Les informations présentées sur cette page ont une visée pédagogique et informative. Elles ne constituent ni des recommandations officielles, ni un protocole standardisé, ni un avis médical individualisé. Cette synthèse repose sur :
- des échanges avec des spécialistes experts (congrès, consultations, groupes de travail),
- l’analyse de publications scientifiques,
- l’observation des pratiques professionnelles spécialisées.
Elle vise à présenter les molécules actuellement utilisées, les grandes lignes des pratiques en cours et les éléments de compréhension nécessaires à une meilleure lisibilité des choix thérapeutiques.
Les connaissances scientifiques, les stratégies thérapeutiques et les autorisations de mise sur le marché évoluent régulièrement. Les pratiques peuvent varier selon :
- les spécialités médicales,
- l’expérience des équipes,
- les contextes de soins,
- l’état des données disponibles,
- l’existence ou non d’un consensus professionnel.
Les molécules, leurs indications et leurs posologies peuvent donc différer légèrement d’un praticien à l’autre. L’absence de mention d’un traitement ne signifie pas qu’il est inadapté ; inversement, la mention d’un traitement ne signifie pas qu’il convient à toutes les situations.
Chaque situation clinique est singulière.
Le choix d’un traitement doit toujours faire l’objet d’une discussion individualisée avec un·e médecin, en tenant compte notamment :
- des antécédents médicaux,
- des contre-indications éventuelles,
- des comorbidités,
- des traitements associés,
- des projets de vie (dont projet de grossesse),
- des préférences et attentes de la patiente,
- du rapport bénéfice/risque individuel.
Les réponses aux traitements sont variables d’une personne à l’autre, notamment en raison des différences de pharmacocinétique et de pharmacodynamie (ces notions sont détaillées sur cette page).
Les informations proposées ici ne doivent en aucun cas conduire à :
- modifier un traitement sans avis médical,
- interrompre un traitement prescrit,
- débuter une automédication.
Cette page a pour objectif :
- de favoriser la compréhension des options thérapeutiques,
- de soutenir des décisions partagées et éclairées,
- d’informer sur les pratiques spécialisées actuelles.
Elle ne remplace ni une consultation médicale, ni une évaluation clinique personnalisée.
Mentions complémentaires
- L’autrice décline toute responsabilité en cas d’utilisation inappropriée des informations présentées.
- Aucun financement industriel ni lien d’intérêt avec des laboratoires pharmaceutiques n’intervient dans la rédaction de cette page.
- Seul·e un·e médecin est habilité·e à prescrire, adapter ou interrompre un traitement médicamenteux.
- Les informations sont valides à la date de mise à jour indiquée en bas de page.
- En cas d’effet indésirable grave ou de situation urgente, contacter immédiatement un professionnel de santé ou un service d’urgence.
Comprendre la variabilité des réponses aux médicaments
Pourquoi les effets d’un médicament varient d’une personne à l’autre ?
Avant de commencer un traitement prescrit, beaucoup de patient·es cherchent des avis ou des témoignages de personnes l’ayant déjà « essayé », souvent par crainte des effets indésirables. Sur les réseaux sociaux ou dans les groupes d’échange, les retours sont fréquemment très contrastés, parfois même opposés.
Ces témoignages peuvent rassurer ou inquiéter, mais ils ne permettent pas de prédire de manière fiable comment vous réagirez à un médicament.
La réponse à un traitement dépend de nombreux paramètres biologiques et contextuels complexes : caractéristiques individuelles, métabolisme, fonction hépatique et rénale, interactions médicamenteuses, état inflammatoire, statut hormonal, alimentation, microbiote, observance, etc. Ces éléments relèvent en grande partie de ce que l’on appelle la pharmacocinétique (ce que l’organisme fait au médicament) et la pharmacodynamie (ce que le médicament fait à l’organisme).
Il existe une variabilité importante entre les individus (variabilité interindividuelle), mais aussi chez une même personne au cours du temps (variabilité intra-individuelle). Il est donc possible de ne pas réagir de la même manière à un même médicament, à dose identique, à plusieurs mois ou années d’intervalle, en fonction de l’évolution de la situation physiologique ou médicale.
Cette section a pour objectif de vous donner des clés de compréhension sur ces mécanismes, afin de mieux comprendre pourquoi les expériences rapportées par d’autres ne constituent pas des prédictions personnalisées — et pourquoi l’évaluation d’un traitement nécessite, lorsqu’il est médicalement indiqué, une observation individuelle et encadrée.
La pharmacocinétique
La pharmacocinétique permet de comprendre la réponse de l’organisme au médicament. La variabilité entre individus dépendent de plusieurs facteurs, qui influencent sa pharmacocinétique (ce que le corps fait au médicament) et sa pharmacodynamie (ce que le médicament fait au corps).
Facteurs pharmacocinétiques
Ces facteurs influencent la concentration du médicament dans le sang et les tissus :
Absorption
- Passage du médicament depuis son site d’administration (bouche, peau, injection, etc.) vers la circulation sanguine.
- Dépend de la voie d’administration (orale, IV, transdermique, etc.).
- Dépend du pH intestinal, du transit digestif, de la présence de nourriture ou d’autres médicaments.
- Variabilité : ex. certaines personnes absorbent moins bien un comprimé oral.
Distribution
- Répartition du médicament dans l’organisme via le sang vers les organes et tissus.
- Dépend de la fixation aux protéines plasmatiques (albumine) : un médicament très lié aux protéines est moins actif librement.
- Dépend du volume de distribution (taille corporelle, masse grasse, hydratation).
- Dépend de la perméabilité des membranes (barrière hémato-encéphalique).
Métabolisme (ou biotransformation)
- Transformation du médicament par le foie (principalement), mais aussi les reins, intestins, poumons. Dépend des enzymes hépatiques, surtout les cytochromes P450.
- Objectif : rendre la molécule plus hydrosoluble pour faciliter son élimination.
- Cela peut activer (pro-médicaments → molécule active) ou inactiver la substance.
- Facteurs génétiques : certains individus sont “métaboliseurs rapides” ou “lents”, ce qui modifie l’effet et le risque d’effets secondaire
- Facteurs environnementaux : alimentation, tabac, alcool, interactions médicamenteuses.
Élimination (reins, bile, poumons)
- Évacuation du médicament et de ses métabolites.
- Principalement par les reins (urine), mais aussi bile, selles, poumons, sueur, lait maternel.
- Dépend de la fonction rénale (clairance, filtration glomérulaire).
- Dépend de la fonction hépatique (excrétion biliaire).
- Age, grossesse, pathologies (insuffisance rénale ou hépatique) influencent également l’élimination.
Facteurs pharmacodynamiques
Ces facteurs influencent la sensibilité du corps au médicament :
- La génétique : polymorphismes des récepteurs ou transporteurs → variation de l’effet ou des effets indésirables.
- Les récepteurs et voies de signalisation : quantité et sensibilité des récepteurs cibles.
- Les interactions médicamenteuses : certains médicaments potentialisent ou inhibent l’effet d’autres.
- L’état physiologique : âge, sexe, grossesse, inflammation, stress, maladie chronique.
Variabilité clinique des réponses
Efficacité
- Une dose efficace pour un·e patient·e peut être inefficace pour un·e autre.
- Cela dépend de la concentration plasmatique, de la sensibilité des récepteurs et de l’état physiologique.
Effets secondaires
- Ils dépendent de la même concentration plasmatique et de la sensibilité des organes cibles.
- Exemples : somnolence liée aux GABAergiques, hypotension liée aux antihypertenseurs.
Interactions
- Des médicaments pris simultanément peuvent modifier absorption, métabolisme ou élimination.
Les traitements hormonaux
Tous les traitements hormonaux présentés ici doivent être prescrit par un professionnel de santé : médecin généraliste ou gynécologue, ainsi que sage-femme pour les premières intentions (hors diénogest). Ils ne sont pas délivrés sans ordonances.
Principes, indications et effets
Les hormonothérapies – Fiches détaillées
⚠️Ces fiches sont synthétiques et indicatives, spécifiques à l’endométriose. Pour obtenir l’ensemble des informations détaillées par molécule (notamment les contre-indications, effets secondaires, allergies, posologies et interactions médicamenteuses), consultez le Vidal, la référence des médicaments
Les traitements de la douleur
Comme expliqué en détail sur la page dédiée à la douleur, les douleurs d’endométriose sont multiples et spécifiques. Cette maladie provoque :
- des douleurs nociceptives, notamment pendant les règles, en allant aux toilettes, pendant les rapports etc. qui sont généralement sensibles aux antalagiques.,
- des douleurs neuropathiques, résultant de l’inflammation autour des lésions d’endométriose, de nerfs abimés, ou comprimés, relevant de traitements spécifiques,
- et des douleurs nociplastiques et une hypersensibilisation issues d’e’un dysfonctionnement central et/ou périphériques, nécessitant ces mêmes traitements.
La prise en charge des douleurs chroniques combine des traitements de fond et des traitements de crise, complétés par des approches non médicamenteuses. Le choix thérapeutique repose sur l’équilibre bénéfice/risque, avec titration progressive jusqu’à la dose minimale efficace, en maintenant le traitement au moins 3 à 6 mois avant tentative de réduction.
Tous les traitements présentés ici doivent être prescrit par un professionnel de santé : médecin généraliste, gynécologue ou algologue, ainsi que sage-femme pour les antalgiques de crise. Ils ne sont pas délivrés sans ordonnances en dehors du paracétamol. Certains sont prescrits sur ordonnances sécurisées.
Principes, indications et effets
Les traitements de la douleur – Fiches détaillées
⚠️Ces fiches sont synthétiques et indicatives, spécifiques à l’endométriose. Pour obtenir l’ensemble des informations détaillées par molécule (notamment les contre-indications, effets secondaires, allergies, posologies et interactions médicamenteuses), consultez le Vidal, la référence des médicaments.
Médicaments prescrits et délivrés hors AMM : Autorisation de mise sur le marché
Cela signifie que le médicament qui est prescrit et délivré, est utilisé en dehors de son champs d’utilisation définit pour son autorisation de mise sur le marché. Par exemple, certains anti-dépresseurs sont utilisés à des fins antalgiques pour les douleurs neuropathiques.
La règle : Le médecin bénéficie d’une liberté de prescription, il prescrit le traitement dans le cadre d’une AMM et dans l’intérêt du patient.
Conditions : Le médecin peut prescrire un traitement hors AMM en l’absence d’alternative thérapeutique appropriée et s’il juge son recours indispensable. Elle doit demeurer exceptionnelle.
Obligations envers le patient et règlementaires : Le médecin doit inscrire la mention “Hors AMM” sur l’ordonnance et tracer dans le dossier médical les raisons qui ont mené à ce choix. Le pharmacien informe de la posologie, du mode d’administration, des effets indésirables, etc. En cas de doute, il échange avec le médecin prescripteur ou peut refuser de dispenser le traitement.
Remboursement : Une prescription hors AMM ne peut pas faire l’objet d’un remboursement par l’Assurance Maladie. Il convient d’en informer le patient.
Sources mobilisées
Les contenus s’appuient sur une synthèse critique de sources multiples, notamment :
- Recommandations de la HAS
- Recommandations du CNGOF et convergences PP
- Vidal
- Recommandations de la SFTED
- Ouvrages et travaux d’Érick Petit, Delphine Lhuillery, Éric Sauvanet
- Retours issus de la relecture et des échanges avec la filière endométriose dans le cadre de travaux menés pour la CPTS MSO
🔎 Variabilité des pratiques : Il existe, en pratique des désaccords entre spécialités (gynécologie, algologie, médecine générale, anesthésie…), des variations territoriales, et parfois des approches divergentes entre praticiens spécialisés et experts, il est donc difficile d’obtenir un consensus sur les usages concernant les traitements.
