Les traitements médicamenteux
Vous retrouverez sur cette page les différents traitements médicamenteux existants et reconnus contre l’endométriose, ainsi que leurs effets
Dernière mise à jour : mars 2026 |Durée de lecture totale : 46 minutes.
Connaitre les options possibles
La prise en charge médicamenteuse de l’endométriose et des douleurs pelviennes associées repose sur plusieurs catégories de traitements, qui répondent à des objectifs différents et complémentaires.
On distingue généralement :
- Les traitements hormonaux,qui agissent en supprimant ou en modulant les fluctuations hormonales cycliques (notamment une aménorrhée ou un état de repos endométrial) afin de réduire la stimulation des lésions et, pour la majorité des patient·es, d’atténuer les douleurs associées aux menstruations.
- Les traitements antalgiques, destinés à soulager la douleur selon une approche adaptée à son intensité, ses mécanismes (nociceptif, neuropathique, nociplastique) et son caractère aigu ou chronique — et non selon une simple hiérarchie de paliers.
- Les traitements de fond de la douleur chronique, principalement représentés par les antidépresseurs et antiépileptiques agissant sur la transmission nociceptive centrale, indiqués lorsque la douleur présente des mécanismes complexes : sensibilisation centrale, composante neuropathique, hypersensibilisation diffuse.

Ces approches ne s’opposent pas : elles peuvent être combinées et ajustées au fil du temps. Le choix d’un traitement dépend de nombreux paramètres : type de symptômes, intensité et fréquence des douleurs, tolérance, comorbidités, projet de grossesse, préférences de la patiente, et rapport bénéfice/risque individuel.
L’objectif de cette page est de présenter les grandes catégories de médicaments utilisés, leurs principes d’action et leur place dans la stratégie thérapeutique, afin de mieux comprendre les options possibles et de faciliter un dialogue éclairé avec les professionnel·les de santé.
Avertissement

Les informations présentées sur cette page ont une visée pédagogique et informative. Elles ne constituent ni des recommandations officielles, ni un protocole standardisé, ni un avis médical individualisé. Cette synthèse repose sur :
- des échanges avec des spécialistes experts (congrès, consultations, groupes de travail),
- l’analyse critique de publications scientifiques et de recommandations de pratique clinique,
- la connaissance des pratiques spécialisées en algologie, gynécologie et médecine interne dans le contexte de l’endométriose.
Elle vise à présenter les molécules actuellement utilisées, les grandes lignes des pratiques en cours et les éléments de compréhension nécessaires à une meilleure lisibilité des choix thérapeutiques.
Les connaissances scientifiques, les stratégies thérapeutiques et les autorisations de mise sur le marché évoluent régulièrement. Les pratiques peuvent varier selon :
- les spécialités médicales,
- l’expérience des équipes,
- les contextes de soins,
- l’état des données disponibles,
- l’existence ou non d’un consensus professionnel.
Les molécules utilisées, leurs indications et leurs posologies peuvent varier de façon significative d’un praticien à l’autre, selon la spécialité, l’expérience clinique, le contexte de soin, et l’évolution des données scientifiques disponibles. Plusieurs traitements sont utilisés hors autorisation de mise sur le marché (hors AMM), ce qui est légal et encadré, mais accentue cette variabilité.
L’absence de mention d’un traitement ne signifie pas qu’il est inadapté ; inversement, la mention d’un traitement ne signifie pas qu’il convient à toutes les situations.
Chaque situation clinique est singulière.
Le choix d’un traitement doit toujours faire l’objet d’une discussion individualisée avec un·e médecin, en tenant compte notamment :
- des antécédents médicaux,
- des contre-indications éventuelles,
- des comorbidités,
- des traitements associés,
- des projets de vie (dont projet de grossesse),
- des préférences et attentes de la patiente,
- de la tolérance individuelle et des antécédents de réactions aux traitements hormonaux ou antalgiques.
- du rapport bénéfice/risque individuel.
Les réponses aux traitements sont variables d’une personne à l’autre, notamment en raison des différences de pharmacocinétique et de pharmacodynamie (ces notions sont détaillées sur cette page).
Les informations proposées ici ne doivent en aucun cas conduire à modifier un traitement sans avis médical, interrompre un traitement prescrit, débuter une automédication.
Cette page a pour objectif :
- de favoriser la compréhension des options thérapeutiques,
- de soutenir des décisions partagées et éclairées,
- d’informer sur les pratiques spécialisées actuelles.
Elle ne remplace ni une consultation médicale, ni une évaluation clinique personnalisée.
Mentions complémentaires
- L’autrice décline toute responsabilité en cas d’utilisation inappropriée des informations présentées.
- Aucun financement industriel ni lien d’intérêt avec des laboratoires pharmaceutiques n’intervient dans la rédaction de cette page.
- Seul·e un·e médecin est habilité·e à prescrire, adapter ou interrompre un traitement médicamenteux.
- Les informations sont valides à la date de mise à jour indiquée en bas de page.
- En cas d’effet indésirable grave ou de situation urgente, contacter immédiatement un professionnel de santé ou un service d’urgence.
Comprendre la variabilité des réponses aux médicaments
Les traitements hormonaux
Tous les traitements hormonaux présentés ici nécessitent une prescription médicale — médecin généraliste, gynécologue, ou sage-femme pour les traitements de première intention (contraceptifs œstroprogestatifs, désogestrel, DIU au lévonorgestrel). Le diénogest et le rélugolix ne sont pas prescriptibles par les sages-femmes. Aucun de ces traitements n’est délivré sans ordonnance.
Principes, indications et effets
Les hormonothérapies – Fiches détaillées
⚠️Ces fiches sont synthétiques et indicatives, spécifiques à l’endométriose. Pour obtenir l’ensemble des informations détaillées par molécule (notamment les contre-indications, effets secondaires, allergies, posologies et interactions médicamenteuses), consultez le Vidal, la référence des médicaments
Les traitements de la douleur
Comme expliqué en détail sur la page dédiée à la douleur, les douleurs d’endométriose sont multiples et spécifiques. Cette maladie provoque :
- des douleurs nociceptives, liées à la stimulation de récepteurs de la douleur par l’inflammation, les saignements ou les lésions — notamment les dysménorrhées, les douleurs à la défécation ou à la miction, les dyspareunies — généralement sensibles aux antalgiques classiques et aux anti-inflammatoires pendant les menstruations ;
- des douleurs neuropathiques, résultant d’une atteinte directe des fibres nerveuses par les lésions (invasion péri-neurale, compression ou section nerveuse lors de chirurgie) — caractérisées par des brûlures, des fourmillements, des décharges électriques — relevant de traitements spécifiques (antidépresseurs, antiépileptiques) ;
- des douleurs nociplastiques (liées à un dysfonctionnement des mécanismes centraux de modulation de la douleur, sans lésion nerveuse ou tissulaire clairement identifiable) et une hypersensibilisation centrale, qui amplifient la perception douloureuse et nécessitent une prise en charge multimodale incluant les traitements de fond.
La prise en charge des douleurs chroniques combine des traitements de fond et des traitements de crise, complétés par des approches non médicamenteuses (kinésithérapie périnéale, psychothérapie, activité physique adaptée, techniques de gestion du stress). Le choix thérapeutique repose sur l’équilibre bénéfice/risque individuel, avec une titration progressive vers la dose minimale efficace. Pour les traitements de fond, une durée minimale de 3 à 6 mois est généralement nécessaire avant d’évaluer l’efficacité et d’envisager une réduction posologique.
Tous les traitements de fond présentés ici (antidépresseurs, antiépileptiques, opioïdes) nécessitent une prescription médicale — médecin généraliste, gynécologue ou spécialiste de la douleur (algologue). Les antalgiques de crise de palier 1 (paracétamol) et certains AINS (ibuprofène, naproxène à faible dose) sont disponibles sans ordonnance, mais leur usage dans ce contexte gagne à être encadré médicalement. Le nefopam, le tramadol, l’oxycodone et la morphine nécessitent une ordonnance, les deux derniers sur ordonnance sécurisée (stupéfiants). Les sages-femmes peuvent prescrire les antalgiques de palier 1 et 2 dans leur champ de compétence.
Principes, indications et effets
Les traitements de la douleur – Fiches détaillées
⚠️Ces fiches sont synthétiques et indicatives, spécifiques à l’endométriose. Pour obtenir l’ensemble des informations détaillées par molécule (notamment les contre-indications, effets secondaires, allergies, posologies et interactions médicamenteuses), consultez le Vidal, la référence des médicaments.
Les traitements des troubles digestifs
Les troubles du transit dans l’endométriose sont fréquents et peuvent avoir des origines multiples, souvent intriquées :
- Syndrome de l’intestin irritable (SII) secondaire à la sensibilisation centrale — le plus fréquent, indépendant de toute lésion digestive anatomique
- Inflammation ou infiltration locale des lésions profondes rectosigmoïdiennes ou de la cloison rectovaginale
- Ralentissement du transit lié à l’hyperactivité du système nerveux sympathique en contexte de douleur chronique et de stress
- Effets iatrogènes des médicaments : opioïdes et tramadol (constipation très fréquente et dose-dépendante), antidépresseurs tricycliques (constipation via l’effet anticholinergique), gabapentinoïdes (constipation possible), antispasmodiques anticholinergiques (Buscopan®)
- Pseudo-diarrhées par constipation distale (faux besoins, émission de selles liquides autour d’un bouchon fécal) — souvent confondues avec des diarrhées fonctionnelles
L’identification de l’origine des troubles oriente directement le traitement. Un transit accéléré et un transit ralenti ne se traitent pas de la même façon, et certains traitements peuvent aggraver l’un ou l’autre selon le mécanisme en jeu.
Distinguer le traitement de fond et traitement de crise : Le macrogol (Forlax®, Movicol®) est un traitement de fond préventif à prendre quotidiennement en cas de constipation chronique ou iatrogène. Le suppositoire de glycérine ou le micro-lavement (Microlax®) sont des traitements de crise pour la constipation terminale aiguë. Le Spasfon® (phloroglucinol) n’est ni l’un ni l’autre : il ne relève d’aucune de ces deux catégories et ne présente pas d’efficacité démontrée dans la douleur endométriosique (voir section antispasmodiques).
Les traitements des troubles urinaires fonctionnels
Les troubles urinaires fonctionnels sont fréquents dans l’endométriose : ils peuvent résulter d’une atteinte vésicale directe (endométriose vésicale ou juxta-vésicale), d’une compression urétérale, ou plus fréquemment d’une hypersensibilisation centrale qui modifie la perception des signaux vésicaux. Les symptômes — dysurie, pollakiurie, urgences mictionnelles, douleurs pelviennes au remplissage vésical — sont souvent confondus avec des infections urinaires récidivantes, entraînant des prescriptions répétées d’antibiotiques inappropriées. Un bilan urologique spécialisé est indiqué avant toute prescription de traitement vésical.
L’automédication : des risques spécifiques dans l’endométriose
L’automédication — c’est-à-dire l’utilisation de médicaments sans prescription ni encadrement médical — est très fréquente dans l’endométriose. Elle s’explique par le retard diagnostique souvent long, les difficultés d’accès aux soins, la normalisation sociale de la douleur menstruelle, et la nécessité de se soulager en urgence face à des crises que le système de soin ne prend pas toujours en charge à temps.
Ce n’est pas un comportement irrationnel : c’est souvent une stratégie de survie face à une douleur insuffisamment prise en charge.
Mais elle comporte des risques réels, spécifiques au contexte de l’endométriose, qu’il est important de connaître.
Les traitements à éviter dans l’endométriose
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Médicament |
Pourquoi à éviter ou utiliser avec prudence |
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Spasfon® (phloroglucinol) |
Pas d’efficacité démontrée dans la douleur endométriosique ; ne doit pas remplacer un antalgique actif |
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Buscopan® |
Aggrave constipation et dysurie ; effets anticholinergiques problématiques |
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Codéine (Codoliprane®, Néocodion®, Prontalgine®) |
opioïde faible dont l’effet antalgique dépend entièrement de sa conversion en morphine par le CYP2D6. Les métaboliseurs lents (environ 7% de la population) n’ont aucun effet antalgique ; les ultra-rapides (environ 1-2%) reçoivent une dose de morphine potentiellement toxique. Ce profil pharmacogénétique imprévisible, associé à une constipation sévère et à un potentiel pro-hyperalgésique, la rend particulièrement inadaptée dans l’endométriose. Son usage a été fortement restreint par l’ANSM depuis 2015 (contre-indication chez l’enfant < 12 ans, déconseillée en post-opératoire pédiatrique). |
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AINS LP (Bi-Profénid®, etc.) |
Demi-vie longue = accumulation ; toxicité rénale et gastrique accrue [27] |
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Benzodiazépines (Valium®, Séresta®, Lexomil®) en automédication |
les benzodiazépines ont un effet anxiolytique et myorelaxant qui peut indirectement atténuer la perception douloureuse à court terme. Mais leur usage répété en automédication dans l’endométriose est particulièrement risqué : dépendance physique et psychique rapide (dès 2 à 4 semaines d’usage régulier), potentialisation dangereuse des opioïdes (risque de dépression respiratoire), syndrome de sevrage difficile, effets délétères sur les fonctions cognitives et la mémoire au long cours. Ils ne constituent pas un traitement de la douleur endométriosique et ne doivent pas être utilisés à cette fin sans prescription et suivi médical. |
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Tramadol + antidépresseurs |
Risque de syndrome sérotoninergique : interaction potentiellement grave |
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Opioïdes LP toutes molécules |
OIH majorée, dépendance accélérée [28] |
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AINS + anticoagulants |
Risque hémorragique majeur |
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AINS + IEC/sartans |
Risque d’insuffisance rénale aiguë |
Médicaments prescrits et délivrés hors Autorisation de mise sur le marché (AMM)
Un médicament prescrit hors AMM est utilisé en dehors du cadre d’utilisation défini lors de son autorisation de mise sur le marché — que ce soit pour une indication différente, une population différente (âge, sexe), un dosage différent ou une voie d’administration non validée. Par exemple, certains anti-dépresseurs sont utilisés à des fins antalgiques pour les douleurs neuropathiques.
La règle : le médecin dispose d’une liberté de prescription. Il peut prescrire un médicament hors AMM dès lors qu’il juge ce recours nécessaire dans l’intérêt du patient, en l’absence d’alternative thérapeutique appropriée disponible. Cette liberté est encadrée par des obligations d’information et de traçabilité.
Conditions : le médecin peut prescrire hors AMM en l’absence d’alternative thérapeutique appropriée et lorsqu’il juge ce recours nécessaire. Dans l’endométriose, les prescriptions hors AMM sont fréquentes et font partie des pratiques spécialisées habituelles — ce n’est pas un usage dérogatoire exceptionnel mais une réalité thérapeutique courante dans cette pathologie, encadrée par les recommandations professionnelles.
Obligations envers le patient et règlementaires : Le médecin doit inscrire la mention “Hors AMM” sur l’ordonnance et tracer dans le dossier médical les raisons qui ont mené à ce choix. Le pharmacien informe de la posologie, du mode d’administration, des effets indésirables, etc. En cas de doute, il échange avec le médecin prescripteur ou peut refuser de dispenser le traitement.
Remboursement : en principe, une prescription hors AMM ne donne pas lieu à remboursement par l’Assurance Maladie. Des exceptions existent lorsqu’une Recommandation Temporaire d’Utilisation (RTU) ou une Autorisation d’Accès Précoce (AAP) a été accordée par l’ANSM — ce qui n’est pas le cas pour la majorité des traitements utilisés hors AMM dans l’endométriose. La patiente doit être informée du statut de remboursement avant la prescription.
Sources bibliographiques
🔎 Variabilité des pratiques : il existe en pratique des divergences entre spécialités (gynécologie, algologie, médecine générale, anesthésie-réanimation), des variations territoriales importantes, et parfois des approches contradictoires entre équipes spécialisées. Dans un domaine où les données de haut niveau de preuve spécifiques à l’endométriose restent limitées, cette variabilité est inévitable et reflète l’état actuel des connaissances. Elle souligne l’importance d’une décision partagée, individualisée et régulièrement réévaluée.
Grille d’évaluation des niveaux de preuve
🔵 Preuve solide — Méta-analyse, revue systématique, RCT bien conduit, consensus établi
🟣 Preuve modérée ou prometteuse — Étude observationnelle solide, cohorte, cas-témoins, RCT avec limites mineures, résultats cohérents mais réplication insuffisante
🟠 Preuve préliminaire ou incertaine — Étude pilote, série de cas, données animales/in vitro extrapolées, résultats isolés, biais importants
Les contenus s’appuient sur une synthèse critique de sources multiples, notamment :
Recommandations françaises et européennes (textes de référence)
🔵 [1] HAS & CNGOF (2017). Prise en charge de l’endométriose — Recommandations pour la pratique clinique. Texte court, texte long et synthèse. Disponible sur : www.has-sante.fr
- Type : Recommandations de pratique clinique (consensus d’experts + revue de littérature)
- Population : Femmes atteintes d’endométriose, tous stades, France
- Limite principale : Publiées en 2017, non mises à jour formellement depuis — certaines données ont évolué depuis (notamment sur le diénogest, le rélugolix, les données sur le méningiome et les gabapentinoïdes)
- Note critique : Texte de référence incontournable pour toute prise en charge de l’endométriose en France. Les recommandations sur les antalgiques et les hormonothérapies restent globalement valides, mais doivent être lues en complément des données plus récentes, notamment les guidelines ESHRE 2022.
🔵 [2] Fritel X, Becker C, Brittain E et al. ; CNGOF-HAS Endometriosis Guidelines Group (2018). Prise en charge de l’endométriose : recommandations pour la pratique clinique CNGOF-HAS (texte court). Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction, 46(3), 144-155. DOI : 10.1016/j.jgyn.2017.11.010
- Type : Texte court de synthèse des recommandations officielles
- Population : Femmes atteintes d’endométriose, population française
- Limite principale : Texte de synthèse — moins détaillé que le texte long ; date de 2018 (données prépubliées fin 2017)
- Note critique : Version résumée des recommandations HAS-CNGOF 2017, utilisable pour les cliniciens en pratique courante. Complète [1]
🔵 [3] Becker CM, Bokor A, Heikinheimo O et al. ; ESHRE Endometriosis Guideline Group (2022). ESHRE guideline: endometriosis. Human Reproduction Open, 2022(2), hoac009. DOI : 10.1093/hropen/hoac009
- Type : Guideline européen basé sur revue systématique de la littérature + consensus d’experts
- Population : Femmes en âge de procréer atteintes d’endométriose, contexte européen
- Limite principale : Recommandations européennes — certaines pratiques peuvent différer du contexte réglementaire et remboursement français
- Note critique : Référence complémentaire indispensable aux recommandations HAS-CNGOF 2017. Plus récente et intégrant les données sur le diénogest, le rélugolix et les traitements de la douleur chronique. Recommande explicitement d’informer les patientes de l’effet contraceptif partiel du diénogest.
Traitements hormonaux — Contraceptifs œstroprogestatifs (COP)
🔵 [4] Brown J, Crawford TJ, Allen C, Hopewell S, Prentice A (2018). Oral contraceptives for pain associated with endometriosis. Cochrane Database of Systematic Reviews, (5), CD001019. DOI : 10.1002/14651858.CD001019.pub3
- Type : Revue systématique Cochrane
- Population : Femmes atteintes d’endométriose diagnostiquée chirurgicalement, avec douleurs
- Limite principale : Nombre limité d’essais de qualité suffisante ; hétérogénéité des critères de jugement ; études souvent anciennes ; absence d’essai comparant COP continu vs cyclique
- Note critique : Référence de base pour l’utilisation des COP dans l’endométriose. Conclut à une efficacité probable sur les dysménorrhées mais souligne le manque de données robustes. L’usage hors AMM en continu repose sur des données observationnelles et un consensus clinique plus que sur des RCT dédiés.
🟣 [5] Muzii L, Di Tucci C, Galati G et al. (2023). The Efficacy of Dienogest in Reducing Disease and Pain Recurrence After Endometriosis Surgery: a Systematic Review and Meta-Analysis. Reproductive Sciences, 30, 3135-3143. DOI : 10.1007/s43032-023-01266-0
- Type : Revue systématique et méta-analyse
- Population : Femmes opérées pour endométriose, comparaison diénogest vs autres traitements ou placebo
- Limite principale : Hétérogénéité des protocoles chirurgicaux et des critères de récidive entre études ; durée de suivi variable ; peu d’études en double aveugle sur le diénogest spécifiquement
- Note critique : Données en faveur du diénogest pour la prévention des récidives post-opératoires. À interpréter avec prudence compte tenu de l’hétérogénéité méthodologique. Complète l’essai PRE-EMPT sur une question différente (diénogest seul vs autres stratégies).
🟣 [6] Comparison of the short-term effects of dienogest and oral contraceptives on pain and quality of life in women with endometriosis: a systematic review and meta-analysis (2025). BMC Women’s Health. DOI : 10.1186/s12905-025-03985-9
- Type : Revue systématique et méta-analyse
- Population : Femmes atteintes d’endométriose traitées par diénogest ou COP
- Limite principale : Revue portant sur le court terme uniquement ; hétérogénéité des outils de mesure de la douleur ; peu d’études en double aveugle comparant directement les deux classes
- Note critique : Suggère des effets comparables à court terme entre diénogest et COP sur la douleur, avec une possible légère supériorité du diénogest sur certains critères. Ces données tempèrent les affirmations de supériorité absolue du diénogest et soulignent l’importance du choix individualisé. Complète l’essai PRE-EMPT.
🟣 [7] Davari Tanha F, Rasti A, Pakniat H et al. (2025). The effect of dienogest and gonadotropin-releasing hormone agonist on pelvic pain after laparoscopic surgery for endometriosis: An RCT. International Journal of Reproductive BioMedicine, 22(12), 995-1002. DOI : 10.18502/ijrm.v22i12.18065
- Type : Essai randomisé contrôlé
- Population : Femmes opérées pour endométriose, comparaison diénogest vs agonistes GnRH post-opératoires
- Limite principale : Effectif modeste ; origine géographique unique (Iran) limitant la généralisabilité ; durée de suivi courte
- Note critique : Données en faveur d’une efficacité comparable entre diénogest et agonistes GnRH en post-opératoire, avec un meilleur profil de tolérance pour le diénogest. Utile pour étayer le positionnement du diénogest comme alternative aux agonistes GnRH.
Traitements hormonaux — Rélugolix (Ryeqo®)
🔵 [8] Giudice LC, As-Sanie S, Arjona Ferreira JC et al. (2022). Once daily oral relugolix combination therapy versus placebo in patients with endometriosis-associated pain: two replicate phase 3, randomised, double-blind studies (SPIRIT 1 and 2). The Lancet, 399, 2267-2279. DOI : 10.1016/S0140-6736(22)00389-5
- Type : Deux essais randomisés contrôlés en double aveugle de phase 3 (répliqués)
- Population : Femmes adultes atteintes d’endométriose avec douleurs modérées à sévères, ayant eu un antécédent de traitement médical ou chirurgical
- Limite principale : Comparaison vs placebo uniquement — pas de comparaison directe avec agonistes GnRH injectables ni avec d’autres hormonothérapies ; durée de 24 semaines ; critères d’inclusion restrictifs
- Note critique : Niveau de preuve élevé pour l’efficacité du rélugolix CT vs placebo sur les douleurs dysménorrhéiques et non menstruelles. Constitue la base réglementaire de l’AMM européenne. La restriction d’AMM aux patientes ayant déjà eu un traitement antérieur est directement issue de ces critères d’inclusion.
🟣 [9] Becker CM, As-Sanie S et al. (2024). Two-year efficacy and safety of relugolix combination therapy in women with endometriosis-associated pain: SPIRIT open-label extension study. Human Reproduction, 39(3), 526-537. DOI : 10.1093/humrep/unad375
- Type : Extension en ouvert des essais SPIRIT 1 et 2 (suivi à 2 ans)
- Population : Participantes aux essais SPIRIT ayant complété la phase principale
- Limite principale : Étude ouverte sans groupe contrôle ; biais de sélection (seules les patientes tolérantes et adhérentes ont participé à l’extension) ; perdues de vue non négligeables
- Note critique : Données rassurantes sur le maintien de l’efficacité et la tolérance à 2 ans. Limite de sélection à prendre en compte : la population incluse est celle qui a bien toléré le traitement à court terme.
🟣 [10] As-Sanie S et al. (2024). Impact of relugolix combination therapy on functioning and quality of life in women with endometriosis-associated pain. Fertility and Sterility. DOI : 10.1016/j.fertnstert.2024.06.009
- Type : Analyse secondaire des essais SPIRIT 1 et 2 centrée sur les critères de qualité de vie
- Population : Idem SPIRIT 1 et 2
- Limite principale : Analyse secondaire — les critères de qualité de vie étaient des objectifs secondaires des essais principaux ; interprétation limitée par la multiplicité des tests
- Note critique : Données complémentaires utiles pour argumenter l’impact du rélugolix CT sur la qualité de vie. À interpréter en complément de [8], pas de façon indépendante.
Essai PRE-EMPT (progestatifs vs COP)
🔵 [11] Cooper KG, Bhattacharya S, Daniels JP, Horne AW, Clark TJ, Saridogan E, Cheed V, Pirie D, Melyda M, Monahan M, Roberts TE, Cox E, Stubbs C, Middleton LJ ; PRE-EMPT Collaborative Group (2024). Long acting progestogens versus combined oral contraceptive pill for preventing recurrence of endometriosis related pain: the PRE-EMPT pragmatic, parallel group, open label, randomised controlled trial. BMJ, 385, e079006. DOI : 10.1136/bmj-2023-079006. PMID : 38749550
- Type : Essai randomisé contrôlé pragmatique, multicentrique (34 hôpitaux UK), ouvert, en groupes parallèles
- Population : 405 femmes en âge de procréer opérées chirurgicalement pour endométriose, randomisées entre progestatif longue durée d’action (DMPA ou DIU-LNG) et COP (lévonorgestrel + EE 30 µg), suivi à 36 mois
- Limite principale : Essai ouvert (non aveugle — impossible à aveugler compte tenu des interventions) ; traitement LAP regroupant deux options distinctes (DMPA injectable vs DIU-LNG) avec des mécanismes différents ; pas de bras placebo ; résultats difficilement généralisables hors contexte post-opératoire
- Note critique : Essai pragmatique de haute qualité méthodologique, premier RCT de grande envergure comparant directement ces deux stratégies en post-opératoire. Résultat principal : pas de différence significative sur la douleur à 3 ans (amélioration d’environ 40% dans les deux groupes). Les femmes du groupe LAP ont nécessité moins de réinterventions chirurgicales. Conclut que les deux options sont équivalentes et que le choix doit reposer sur les préférences de la patiente.
Risque méningiome et progestatifs
🟣 [12] Assurance Maladie / ANSM (2022). Progestatifs et risque de méningiome intracrânien — Étude EPI-MÉNINGIOME. Disponible sur : https://www.assurance-maladie.ameli.fr/etudes-et-donnees/2022-progestatif-meningiome-intracranien
- Type : Étude de pharmacovigilance en vie réelle (cohorte nationale française, base SNDS)
- Population : Femmes françaises exposées à différents progestatifs, comparaison du risque de méningiome opéré
- Limite principale : Étude observationnelle — biais de confusion résiduel possible ; données de consommation médicamenteuse (pas de données cliniques fines sur les doses et l’indication réelle) ; résultats préliminaires pour certaines molécules
- Note critique : Étude de pharmaco-épidémiologie nationale de grande envergure. A conduit à des mises en garde de l’ANSM et des modifications des RCP. Données solides pour les molécules à haut signal (acétate de chlormadinone, nomégestrol, cyprotérone). Signal faible et moins concluant pour le désogestrel et les molécules récentes. Résultats rassurants pour lévonorgestrel, progestérone micronisée, dydrogestérone.
AINS
🟠 [13] Brown J, Crawford TJ, Allen C, Hopewell S, Prentice A (2017). Nonsteroidal anti-inflammatory drugs for pain in women with endometriosis. Cochrane Database of Systematic Reviews, (1), CD004753. DOI : 10.1002/14651858.CD004753.pub4
- Type : Revue systématique Cochrane
- Population : Femmes atteintes d’endométriose diagnostiquée chirurgicalement, avec douleurs
- Limite principale : Un seul essai inclus (n=24 femmes, naproxène vs placebo), niveau de preuve très faible, résultat non significatif (OR 3,27 ; IC 95% : 0,61-17,69)
- Note critique : Revue Cochrane concluant à l’absence de preuve suffisante de l’efficacité des AINS dans la douleur endométriosique spécifiquement. C’est la seule revue de ce type dans cette indication. L’usage des AINS dans l’endométriose repose donc sur une extrapolation de leur efficacité dans la dysménorrhée primaire, pas sur une démonstration directe. Ce point est fondamental et souvent méconnu des prescripteurs et des patientes.
🔵 [14] Marjoribanks J, Ayeleke RO, Farquhar C, Proctor M (2015). Nonsteroidal anti-inflammatory drugs for dysmenorrhoea. Cochrane Database of Systematic Reviews, (7), CD001751. DOI : 10.1002/14651858.CD001751.pub3
- Type : Revue systématique Cochrane
- Population : Femmes présentant une dysménorrhée primaire
- Limite principale : Porte sur la dysménorrhée primaire, pas sur l’endométriose — extrapolation nécessaire et non validée directement
- Note critique : Référence de base pour l’efficacité des AINS dans la dysménorrhée primaire (NNT favorable, efficacité bien démontrée). L’extrapolation à l’endométriose est courante mais non validée — les mécanismes se chevauchent (prostaglandines) mais ne sont pas identiques. À citer conjointement avec [C1] pour montrer le contraste entre la dysménorrhée primaire (données solides) et l’endométriose (données absentes).
Douleur neuropathique — Antidépresseurs et antiépileptiques
🔵 [15] Finnerup NB, Attal N, Haroutounian S, McNicol E, Baron R, Dworkin RH et al. (2015). Pharmacotherapy for neuropathic pain in adults: a systematic review and meta-analysis. The Lancet Neurology, 14(2), 162-173. DOI : 10.1016/S1474-4422(14)70251-0. PMID : 25575710
- Type : Revue systématique et méta-analyse (NeuPSIG/IASP), méthode GRADE, 229 études incluses
- Population : Adultes présentant des douleurs neuropathiques d’étiologies diverses (neuropathie diabétique, zona, douleur centrale, etc.)
- Limite principale : Ne porte pas sur l’endométriose spécifiquement — les NNT sont calculés sur des populations de douleurs neuropathiques diverses ; le contexte de la douleur viscérale pelvienne chronique n’est pas représenté ; publication bias détecté (surestimation estimée à 10%)
- Note critique : Méta-analyse de référence mondiale pour la pharmacothérapie des douleurs neuropathiques. Fonde les recommandations de première ligne (tricycliques, IRSNa, gabapentine, prégabaline) et les NNT utilisés dans toute la page. L’extrapolation à l’endométriose est justifiée par analogie mécanistique mais non démontrée dans des essais dédiés. NNT moyens : tricycliques ≈ 3,6, IRSNa ≈ 6,4, gabapentinoïdes ≈ 7,7 (pour la prégabaline) — à noter que les NNT cités dans la page (amitriptyline ≈ 2, IRSNa ≈ 5) sont des estimations arrondies issues de sous-analyses antérieures, légèrement différentes des chiffres globaux de Finnerup 2015.
🟣 [16] HAS (2010). Douleur chronique : reconnaître le syndrome douloureux chronique, l’évaluer et orienter le patient — Recommandations professionnelles. Disponible sur : www.has-sante.fr
- Type : Recommandations de pratique clinique (HAS)
- Population : Adultes présentant une douleur chronique, France
- Limite principale : Publiées en 2010, non formellement mises à jour — certaines données pharmacologiques ont évolué ; ne porte pas spécifiquement sur l’endométriose
- Note critique : Texte de référence pour le positionnement des antidépresseurs et antiépileptiques dans la douleur chronique en France, et pour les principes généraux de prise en charge. Toujours en vigueur en l’absence de mise à jour formelle.
C3. Opioïdes — Hyperalgésie induite et pharmacologie
🔵 [17 Lee M, Silverman SM, Hansen H, Patel VB, Manchikanti L (2011). A comprehensive review of opioid-induced hyperalgesia. Pain Physician, 14(2), 145-161. PMID : 21412369
- Type : Revue narrative de la littérature (non systématique)
- Population : Patients traités par opioïdes pour douleurs chroniques, divers contextes
- Limite principale : Revue narrative sans méta-analyse — sélection des études potentiellement non exhaustive ; données principalement issues de modèles expérimentaux et de cas cliniques
- Note critique : Référence classique sur l’hyperalgésie induite par les opioïdes (OIH), ses mécanismes (activation NMDA, modifications neuroplastiques) et ses manifestations cliniques. Bien que non systématique, c’est l’une des revues les plus citées sur ce sujet. Pertinente pour argumenter les mises en garde sur l’usage des opioïdes dans l’endométriose chronique.
🟣 [18] Jozwiak RA (2024, 4e édition). Opioid-Induced Hyperalgesia. Palliative Care Network of Wisconsin — Fast Facts, n°320. Disponible sur : www.mypcnow.org
- Type : Synthèse clinique (Fast Fact) — document de formation clinique fondé sur revue de la littérature
- Population : Patients traités par opioïdes en soins palliatifs et douleur chronique
- Limite principale : Document de formation clinique, pas une revue systématique ; niveau de preuve secondaire
- Note critique : Synthèse pratique utile sur les signes cliniques de l’OIH et sa distinction d’avec la tolérance. Accessible et pédagogique. À utiliser comme complément de [C5] pour la description clinique.
🟠 [19] Ross FB, Smith MT (1997). The intrinsic antinociceptive effects of oxycodone appear to be kappa-opioid receptor mediated. Pain, 73(2), 151-157. PMID : 17467904
- Type : Étude expérimentale animale (rat)
- Population : Modèles animaux de douleur
- Limite principale : Données animales — la transposition à l’humain n’est pas automatique ; étude ancienne (1997) ; effectif faible ; données pharmacologiques fondamentales, pas cliniques
- Note critique : Référence fondatrice sur l’activité κ-agoniste de l’oxycodone et son implication dans l’analgésie viscérale. Données animales exclusivement — à présenter comme preuve mécanistique préliminaire, pas comme preuve clinique directe. Le mécanisme κ de l’oxycodone est accepté en pharmacologie mais n’a pas encore été confirmé dans des essais cliniques dédiés à l’endométriose.
🟣 [20] Staahl C, Dimcevski G, Andersen SD et al. (2007). Differential effect of opioids in patients with chronic pancreatitis: an experimental pain study. Scandinavian Journal of Gastroenterology, 42(3), 383-390.
- Type : Étude expérimentale multimodale chez l’humain (conditions contrôlées)
- Population : Patients avec douleur viscérale chronique (pancréatite chronique) et volontaires sains
- Limite principale : Population spécifique (pancréatite) — la douleur viscérale pancréatique et la douleur viscérale pelvienne ont des mécanismes partiellement différents ; effectif faible ; conditions expérimentales non directement transposables à la pratique clinique
- Note critique : Étude humaine montrant une supériorité de l’oxycodone sur la morphine pour la douleur viscérale dans des conditions expérimentales contrôlées. C’est l’une des rares études humaines sur ce sujet. À citer pour l’argument sur la douleur viscérale de l’oxycodone, avec la nuance que la population (pancréatite) diffère de l’endométriose.
🟣 [21] Dhesi M, Maldonado KA, Patel P et al. (2024, mise à jour). Tramadol. StatPearls [Updated 2024 Feb 20]. NCBI Bookshelf. Disponible sur : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK537060/
- Type : Synthèse clinique encyclopédique mise à jour en continu (StatPearls, revue par les pairs)
- Population : Adultes traités par tramadol, tous contextes
- Limite principale : Source de type encyclopédique — synthèse narrative, pas une méta-analyse originale ; peut être moins précise sur des points spécifiques à l’endométriose
- Note critique : Source de référence pratique et régulièrement mise à jour sur le tramadol, sa pharmacologie, ses interactions et ses risques. Utile pour les données sur le métabolite M1 (CYP2D6) et les risques d’interactions. Complète [C5] sur les aspects cliniques du tramadol.
Toxine botulique
🟣 [22] Meister MR, Brubaker A, Sutcliffe S, Lowder JL (2021). Effectiveness of botulinum toxin for treatment of symptomatic pelvic floor myofascial pain in women: a systematic review and meta-analysis. Female Pelvic Medicine & Reconstructive Surgery, 27(1), e152-e160. DOI : 10.1097/SPV.0000000000000870. PMID : 32301801
- Type : Revue systématique et meta analyse
- Population : Femmes adultes présentant une douleur myofasciale du plancher pelvien, traitées par injections transvaginales de toxine botulique de type A dans les muscles du plancher pelvien. Les études incluses couvrent différentes étiologies de douleur pelvienne chronique (vaginisme, dyspareunie, douleur pelvi-périnéale chronique) — l’endométriose n’est pas la population principale des études incluses.
- Résultats principaux : Réduction statistiquement significative des scores de douleur à 6 semaines après injection et maintenue au-delà de 12 semaines. Amélioration significative des critères secondaires : dyspareunie, dyschésie et qualité de vie.
- Limite principale : Hétérogénéité importante des études incluses. Très peu d’études randomisées contrôlées.Absence de standardisation des doses et des sites d’injection entre études.
- Note critique : C’est actuellement la meilleure synthèse disponible sur l’efficacité de la toxine botulique dans la douleur myofasciale du plancher pelvien chez la femme, et la seule méta-analyse sur ce sujet publiée dans une revue spécialisée indexée. L’indication spécifique à l’endométriose n’est pas validée dans cette revue — l’usage dans ce contexte repose sur l’extrapolation de ces données à la composante myofasciale secondaire à l’endométriose profonde.
Documents institutionnels et réglementaires
🔵 [23] Ryeqo® — Summary of Product Characteristics (SmPC). European Medicines Agency (EMA), 2023. Disponible sur : https://www.ema.europa.eu
- Type : Résumé des caractéristiques du produit (RCP) — document réglementaire officiel
- Population : Femmes adultes en âge de procréer atteintes d’endométriose
- Limite principale : Document réglementaire, pas une étude indépendante — basé sur les données industrielles soumises à l’EMA
- Note critique : Source réglementaire incontournable pour les indications, contre-indications et restrictions d’AMM du rélugolix CT. La restriction aux patientes ayant eu un traitement antérieur est explicitement mentionnée dans ce document. À toujours citer pour les mentions réglementaires.
- 📝 Note Manon : À citer dans la fiche Rélugolix (H4) pour la restriction d’AMM. Actuellement cité dans la bibliographie originale mais sans numéro — à intégrer comme [D1].
🟣 [24] ANSM (2024). Tramadol et codéine devront être prescrits sur une ordonnance sécurisée. Disponible sur : https://ansm.sante.fr/actualites/tramadol-et-codeine-devront-etre-prescrits-sur-une-ordonnance-securisee-des-le-1er-decembre
- Type : Décision réglementaire et communiqué de l’ANSM
- Population : Patients traités par tramadol en France
- Limite principale : Document réglementaire — ne constitue pas une étude clinique indépendante
- Note critique : Source officielle pour les nouvelles règles de prescription (ordonnance sécurisée, durée limitée). Information réglementaire essentielle pour la pratique clinique en France.
🟣 [25] HAS (2019). Bon usage des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) chez l’adulte. Fiche de bon usage. Disponible sur :https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-09/fiche_bum_-_bon_usage_des_inhibiteurs_de_la_pompe_a_protons_ipp.pdf
- Type : Fiche de bon usage HAS (recommandation de bonne pratique)
- Population : Adultes traités par IPP, France
- Limite principale : Ne porte pas spécifiquement sur l’endométriose ; recommandations générales sur l’usage des IPP
- Note critique : Source de référence pour les recommandations sur la durée d’usage des IPP, les indications et les risques du mésusage à long terme. Utile pour encadrer les recommandations sur la protection gastrique lors de l’usage d’AINS dans l’endométriose.
🟣 [26] AP-HP. La prise en charge médicamenteuse de l’endométriose. Disponible sur : https://www.aphp.fr/la-prise-en-charge-medicamenteuse-de-lendometriose
- Type : Document d’information institutionnelle hospitalière (AP-HP)
- Population : Patientes et professionnels de santé, France
- Limite principale : Document institutionnel d’information — pas une publication scientifique originale ; se base sur les recommandations HAS-CNGOF 2017 sans constituer une source indépendante
- Note critique : Source institutionnelle de qualité correcte pour les informations générales sur la prise en charge médicamenteuse. Utile comme ressource complémentaire mais ne constitue pas une source primaire de niveau de preuve.
Données sur la pharmacologie générale et l’automédication
🟣 [27] Lanas A, García-Rodríguez LA, Arroyo MT et al. (2006). Risk of upper gastrointestinal ulcer bleeding associated with selective cyclo-oxygenase-2 inhibitors, traditional non-aspirin non-steroidal anti-inflammatory drugs, aspirin, and combinations. Gut, 55(12), 1731-1738.
- Type : Étude cas-témoins (cohorte espagnole)
- Population : Adultes présentant une hémorragie digestive haute liée aux AINS, comparaison de différents AINS
- Limite principale : Population générale adulte, pas spécifique aux femmes jeunes atteintes d’endométriose ; données issues d’une population espagnole (généralisabilité partielle)
- Note critique : Données utiles pour étayer les risques digestifs des différents AINS. Montre des différences de risque selon les molécules. Pertinente pour argumenter la nécessité d’une protection gastrique et le choix de molécule selon le profil de risque.
🟠 [28] Häuser W, Schubert T, Scherbaum N, Tölle T (2014). Overuse of opioid analgesics for chronic non-cancer pain in Germany. Deutsches Ärzteblatt International, 111(43), 732-740.
- Type : Article d’analyse épidémiologique et clinique (données allemandes)
- Population : Patients allemands traités par opioïdes pour douleurs chroniques non cancéreuses
- Limite principale : Données nationales allemandes — contexte de prescription différent du contexte français ; données de 2014
- Note critique : Données utiles pour documenter le phénomène de surconsommation d’opioïdes dans la douleur chronique. La situation française est différente de l’Allemagne mais le phénomène reste pertinent. À citer pour illustrer les risques du mésusage chronique des opioïdes dans le contexte de la douleur chronique.
Ouvrage de référence
🟣 [29] Lhuillery D, Petit E, Sauvanet E. Endométriose Diagnostic et prise en charge 2e éd. Paris : Elsevier ; 2020.
- Type : Ouvrage médical de référence (auteurs spécialistes)
- Population : Femmes atteintes d’endométriose, professionnels de santé
- Limite principale : données pouvant être partiellement dépassées sur certains traitements récents (rélugolix, données méningiome) ; pas une revue systématique de la littérature
- Note critique : Référence technique et pédagogique sur les spécificités de l’endométriose, notamment algologique et les différents traitements.
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