Les lieux de soins

Retrouvez ici les centres de soins spécialisés dans l’endométriose : Services spécialisés en CHU et cliniques, centres de la douleur, maisons médicales, cabinets libéraux…

Des lieux adaptés à chaque étape du parcours

La prise en charge de l’endométriose ne se déroule pas dans un seul lieu. Elle s’organise selon une logique de gradation définie par l’instruction DGOS du 12 juillet 2022 : les soins courants relèvent du premier recours (cabinets de ville), tandis que les formes complexes nécessitent des structures spécialisées de niveau 2 ou 3. Ce principe est développé dans la page Filières de soins — ce qui suit se concentre sur la description concrète des structures où peut se dérouler un parcours de soins pour l’endométriose.
Elle est à lire en lien avec les pages : Parcours de soins, spécialités médicales et professions de santé réglementées et non réglementées.

Les informations sur les centres et filières évoluent. Pour trouver le centre le plus proche, consultez toujours les sites officiels en lien dans cette page.

La logique de gradation des soins : pourquoi ne pas aller directement en centre expert ou CHU ?

Le système de soins pour l’endométriose est organisé selon un principe de gradation : c’est-à-dire que l’intensité et la spécialisation de la prise en charge doit être proportionnelle à la complexité clinique de la situation de la personne concernée. Cette organisation, formalisée dans l’instruction DGOS du 12 juillet 2022, répond à deux objectifs simultanément contradictoires en apparence : garantir une prise en charge de qualité aux cas les plus complexes, tout en assurant une prise en charge de proximité aux formes simples ou modérées.

En pratique, cela signifie que la plupart des personnes atteintes d’endométriose peuvent et doivent être suivies en ville — par leur médecin traitant, leur gynécologue de ville ou leur sage-femme — et n’ont besoin d’un recours expert spécialisé qu’à certains moments de leur parcours et pas de manière systématique. S’adresser directement à un centre expert pour un suivi courant ou pour une dysménorrhée de première intention n’est ni utile ni souhaitable : cela sature les structures de recours, retarde les prises en charge vraiment complexes, et ne correspond pas aux indications cliniques.

La gradation ne signifie pas une hiérarchie de la valeur des soins. Un médecin généraliste bien formé à l’endométriose apporte une valeur thérapeutique irremplaçable, notamment pour la continuité, la globalité et la confiance dans la relation de soin.

Les trois niveaux de recours (instruction DGOS 2022)

Niveau 1 — Premier recours (proximité) : médecin traitant, gynécologue médical·e, sage-femme, médecin de PMI, infirmier·ère, kinésithérapeute, échographiste de l’endométriose etc. Diagnostic, traitement médical initial de première intention, prescriptions d’examens complémentaires et orientation si besoin.

Niveau 2 — Deuxième recours (référent·e spécialisé·e) : centres multidisciplinaires référents endométriose, équipes hospitalières/cliniques spécialisées en gynécologie, imagerie experte. Pour les patient·es ne répondant pas aux traitements initiaux ou présentant des formes modérées, ou nécessitant une chirurgie simple.

Niveau 3 — Troisième recours (expertise) : centres de recours chirurgical et d’expertise endométriose (CRCE), CHU avec chirurgie complexe, radiologues expert·es endométriose, structures douleur chronique (SDC) référencées, centres AMP. Pour les formes complexes, multifocales, récidivantes ou nécessitant une chirurgie complexe.

Cabinets libéraux, MSP et centres de santé

Un cabinet libéral est un lieu d’exercice individuel ou en groupe, où un·e ou plusieurs professionnel·les de santé reçoivent les patient·es dans le cadre d’une activité indépendante. Pour l’endométriose, les cabinets libéraux concernent notamment les médecins généralistes, les gynécologues médicaux, les sages-femmes, les kinésithérapeutes et les psychologues.

L’immense majorité des soins courants pour l’endométriose peut et doit se dérouler dans ces structures : consultation de suivi, diagnostic, traitement médical, imagerie de première intention… Les cabinets libéraux n’ont pas de contrainte physique particulière liée à l’endométriose, mais la compétence individuelle du ou de la praticien·ne (formation spécifique, inscription dans une filière) varie considérablement.

Comment savoir si un·e professionnel·le est formé·e à l’endométriose ? Les filières régionales publient des annuaires des professionnel·les formé·es et signataires d’une charte d’adhésion à la filière. Certaines CPTS peuvent également être contactée par les patient·es ou les professionnel·les de santé pour connaitre les personnes formées à l’endométriose localement.

Une MSP est une structure regroupant plusieurs professionnel·les de santé libéraux exerçant en coordination sous un même toit ou en réseau formalisé par un projet de santé commun. La MSP n’est pas un établissement de santé au sens juridique : les professionnel·les y restent libéraux, mais partagent dossier patient, protocoles et actions de prévention.

Pour l’endométriose, la MSP présente un avantage structurel : elle facilite la coordination entre médecin traitant, gynécologue (si présent), sage-femme, kinésithérapeute et psychologue, sans que la personne ait à multiplier les cabinets séparés. Certaines MSP ont signé des conventions avec leur filière régionale, notamment pour le repérage des dysménorrhées et l’orientation rapide. La MSP est aussi un lieu d’implantation naturel pour les programmes d’ETP.

Financement : les MSP bénéficient de financements spécifiques liés à leur projet de santé (NMR, CAQES). Elles n’entraînent pas de modification du secteur de conventionnement des praticiens qui y exercent.

Le centre de santé est une structure médico-sociale sans but lucratif (géré par une collectivité, une mutuelle, une association ou une fondation) qui emploie des professionnel·les de santé salariés. Contrairement à la MSP, les praticiens d’un centre de santé ne sont pas libéraux : ils sont salariés et ne pratiquent pas de dépassements d’honoraires. Le tiers payant y est généralement appliqué. Les centres de santé sont particulièrement accessibles financièrement.

La CPTS est un reseau de coordination entre professionnel·les de santé d’un même territoire, sans lieu physique commun obligatoire. Elle ne reçoit pas les patient·es directement mais organise les parcours, la formation et la coordination entre acteurs de ville. Plusieurs CPTS ont conventionné avec leur filière endométriose régionale. Pour un·e patiente, la CPTS est utile lorsque le DAC (dispositif d’appui à la coordination) qui en dépend peut aider à construire un parcours complexe.

Certaines CPTS peuvent également être contactée par les patient·es ou les professionnel·les de santé pour connaitre les personnes formées à l’endométriose localement.

Cliniques privées et établissements privés

Une clinique privée est un établissement de santé à but lucratif (ou non lucratif – ESPIC) dans lequel des chirurgiens et médecins exercent de façon libérale ou salariée. Pour l’endométriose, les cliniques peuvent assurer toutes les étapes du parcours, du suivi médical à la chirurgie, parfois jusqu’aux formes très complexes. Plusieurs cliniques privées sont intégrées dans les filières régionales.

Honoraires en clinique privée : points de vigilance

Plus de 70 % des gynécologues-obstétricien·nes exercent en secteur 2 (honoraires libres). En clinique privée, il est fréquent d’être face à un ou une chirurgien·ne de secteur 2 : les dépassements d’honoraires peuvent être très importants, parfois plusieurs milliers d’euros pour une chirurgie complexe.
Le devis détaillé est un droit : demandez-le systématiquement avant toute intervention programmée, ainsi que le secteur de convention du ou de la chirurgien·ne et de l’anesthésiste.
OPTAM / OPTAM-CO : les praticiens adhérents s’engagent à encadrer leurs dépassements : à vérifier lors de la prise de rendez-vous.

Pour les remboursements détaillés (ticket modérateur, rôle de la mutuelle, ALD, tiers payant), une page dédiée est en préparation sur Endocyclopédie.fr.

Centres hospitaliers (CH) et Centres Hospitaliers Universitaires (CHU)

Un CH est un établissement public de santé non universitaire. Il dispose d’un service de gynécologie-obstétrique pouvant prendre en charge les formes légères à modérées d’endométriose, réaliser des cœlioscopies courantes et orienter les cas complexes. Les tarifs y sont secteur 1 pour les consultations et actes, sauf en cas d’activité libérale de praticiens hospitaliers (rare, à vérifier).

Dans les zones rurales ou semi-rurales, le CH est souvent la seule structure hospitalière accessible. Certains CH ont rejoint les filières régionales comme centres de niveau 2.

Le CHU est un établissement public de santé associé à une université de médecine. Il assure simultanément des missions de soins (pour toute la gamme des pathologies, y compris les plus complexes), d’enseignement (formation des étudiant·es en médecine et internes) et de recherche clinique. Les CHU concentrent les équipes chirurgicales les plus expérimentées pour les formes d’endométriose profonde multifocale, les résections digestives, les gestes urologiques et les atteintes extra-pelviennes.

Ce sont généralement les CHU qui portent les centres de recours chirurgical et d’expertise (CRCE) — le niveau 3 des filières régionales — bien que certains établissements privés puissent également avoir cette labellisation.

CHU = chirurgiens formés aux cas les plus complexes + recherche clinique active + accès aux essais cliniques + UTEP pour l’ETP.

CH = soins de proximité, délais plus courts, accessibilité géographique meilleure, prise en charge des formes modérées.

Dans les deux cas : tarifs secteur 1 pour les soins hospitaliers courants (sauf activité libérale des praticiens).

Pour une chirurgie de résection digestive ou urétérale : préférer un CHU ou une clinique privée dont l’équipe a un volume opératoire élevé dans cette indication.

Centres multidisciplinaires référents (CMDR) et centres de recours chirurgical (CRCE)

Le CRCE est la désignation utilisée dans plusieurs régions pour les structures de niveau 3, capables de prendre en charge les formes les plus complexes d’endométriose (endométriose profonde multifocale, atteinte rectosigmoïdienne, urétérale, vésicale, diaphragmatique, endométrioses récidivantes). Leur labellisation par l’ARS suppose la réunion de quatre compétences expertes en interne ou en étroite coordination :

  • Chirurgie gynécologique pour les endométrioses complexes
  • Imagerie experte (échographie et IRM endométriose)
  • Prise en charge de la douleur chronique (structure douleur chronique référencée)
  • Assistance médicale à la procréation (centre AMP autorisé)

Exemple : en Hauts-de-France, le CHU de Lille et l’hôpital privé Le Bois à Lille sont labellisés CRCE. En Île-de-France, les hôpitaux Cochin, Tenon, et plusieurs autres établissements partenaires portent cette fonction.

Le CMDR est la désignation officielle utilisée dans plusieurs régions (Hauts-de-France notamment) pour les structures de niveau 2. Un CMDR regroupe au minimum des compétences en gynécologie chirurgicale, imagerie de la femme, reproduction et traitement de la douleur :soit des professionnel·les de ville, soit des équipes hospitalières, soit une combinaison des deux.

Les CMDR sont labellisés par les ARS et s’engagent à participer aux RCP filière, à former les professionnel·les de premier recours, et à assurer un délai d’accès raisonnable (3 à 6 mois pour un premier rendez-vous selon les engagements régionaux).

Le terme « centre expert » est utilisé de façon générique dans les médias et par les patient·es pour désigner les structures les plus spécialisées dans la prise en charge de l’endométriose. Sur le plan réglementaire, il n’existe pas en France, à ce jour d’unique label national « centre expert endométriose » délivré par l’État avec des critères uniformes. Ce qui existe, ce sont des centres labellisés par leur ARS dans le cadre des filières régionales, selon des cahiers des charges variables d’une région à l’autre.

Important : l’absence d’un label national unique est une limite réelle du système. Des équipes très compétentes exercent dans des structures non labellisées, et inversement, une labellisation ARS n’est pas une garantie absolue de qualité individuelle des chirurgien·nes, notamment sur leur volume opératoire spécifique pour les résections complexes.

🔎 Questions à poser avant de consulter un « centre expert »

  • Quelle est la labellisation de ce centre au sein de la filière régionale (niveau 2 CMDR ou niveau 3 CRCE) ?
  • Quel est le volume annuel de chirurgies d’endométriose profonde réalisées par le ou la chirurgien·ne ?
  • Y a-t-il une RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire) endométriose régulière dans cet établissement ?
  • Les dossiers complexes sont-ils présentés en RCP avant toute décision chirurgicale ?
  • Quelles spécialités sont disponibles en interne (chirurgie digestive, urologie, douleur chronique, fertilité) ?
  • L’équipe inclut-elle des patient·es partenaires ou travaille-t-elle avec une association de patient·es ?


Ces appellations sont propres au cadre des filières régionales endométriose et constituent les dénominations officielles des niveaux 2 et 3 dans les régions qui les ont formalisés (Hauts-de-France notamment). Elles ne correspondent pas à un label national unique : leur existence, leur nom et leurs critères varient selon les régions.


CMDR (niveau 2)

CRCE (niveau 3)

Définition

Centre multidisciplinaire référent endométriose

Centre de recours chirurgical et d’expertise endométriose

Profil des patient·es

Formes modérées, échec traitement initial, bilan complexe

Formes complexes, multifocales, récidivantes, chirurgie à haut risque

Compétences requises

Gynécologie, imagerie experte, douleur, fertilité

Chirurgie complexe + imagerie + SDC douleur chronique + centre AMP

Labellisation

Par l’ARS régionale, selon cahier des charges filière

Par l’ARS régionale, selon cahier des charges filière

Exemple

Centre hospitalier local avec équipe formée, clinique en filière

CHU de Lille, CHU de Rouen, Hôpital Saint-Joseph Paris

Tarifs

Selon statut (public/privé) et secteur des praticiens

Selon statut (public/privé) et secteur des praticiens

Centres de radiologie et d’imagerie spécialisée

L’imagerie est un maillon critique et souvent négligé du parcours de soins. Une échographie endovaginale de qualité insuffisante ou une IRM mal protocolée peuvent conduire à sous-estimer ou manquer des lésions d’endométriose profonde.

Il n’existe pas de label national officiel « radiologue expert·e endométriose ». En revanche, plusieurs indicateurs permettent d’évaluer la compétence :

  • Formation spécifique à l’imagerie de l’endométriose (SIFEM, SFR, formations filières régionales)
  • Pratique de l’échographie endovaginale selon le protocole HAS 2025 (compte rendu structuré, signes recherchés, mesures standardisées)
  • Capacité à réaliser et interpréter l’IRM pelvienne selon un protocole dédié, avec compte rendu structuré et usage de la classification dPEI
  • Volume d’activité significatif en imagerie gynécologique
  • Inscription dans l’annuaire de la filière régionale.

Classification dPEI (deep Pelvic Endometriosis Index) : outil IRM validé de façon multicentrique, désormais recommandé par la HAS (mai 2025) pour le compte rendu préopératoire. Il prédit la durée opératoire, la durée d’hospitalisation et le risque de complications, et facilite la communication entre radiologue, chirurgien·ne et patient·e avant une décision chirurgicale.

ESUR Guidelines 2024-2025 : recommandations européennes sur les protocoles d’IRM en endométriose, mises à jour en parallèle des recommandations HAS françaises (préparation de la patiente, séquences, lexique, classifications).

SIFEM — Société d’Imagerie de la Femme (ressources et protocoles)

HAS 2025 — Recommandations imagerie endométriose

Structures spécialisées douleur chronique (SDC)


Les SDC sont des structures de recours labellisées par les ARS pour la prise en charge des douleurs persistantes. Pour l’endométriose, elles jouent un rôle essentiel dans les tableaux douloureux complexes ou réfractaires aux traitements conventionnels, notamment lorsque s’installe une sensibilisation centrale.

Les structures spécialisées douleur chronique (SDC) sont des structures de recours dédiées à la prise en charge des douleurs persistantes ou récurrentes (généralement au-delà de 6 mois). Elles sont labellisées par les ARS pour une durée de 5 ans, sur la base d’un cahier des charges national (instruction DGOS 2011, renouvelée 2016). La labellisation suppose un minimum d’activité (500 consultations médicales externes/an), une équipe pluriprofessionnelle et des pratiques conformes au modèle biopsychosocial. On en dénombre environ 243 en France.

La SDC est fondée sur un modèle biopsychosocial : elle ne traite pas uniquement la douleur physique mais l’ensemble des dimensions de la personne souffrante : physique, psychologique, sociale et professionnelle. Son équipe est nécessairement pluriprofessionnelle (médecin algologue, psychologue, infirmier·ère, éventuellement kinésithérapeute, assistante sociale).

Centre douleur chronique (CETD) : niveau supérieur, équipe plus étoffée, capacité de prise en charge des tableaux les plus complexes (injections, neurostimulation implantée), RCP douleur, délais également très longs.

Consultation douleur chronique : premier niveau, prise en charge pluriprofessionnelle de proximité (médecin algologue, psychologue, infirmier·ère). Accessible sur orientation du médecin traitant. Délais souvent longs (3 à 12 mois selon les régions).

L’endométriose s’accompagne fréquemment d’une composante de sensibilisation centrale (douleur nociplastique) qui échappe aux traitements hormonaux et chirurgicaux classiques. Le consensus CNGOF/Convergences PP 2025 recommande explicitement de dépister cette sensibilisation avant toute chirurgie — et d’orienter vers la SDC en cas de douleurs persistantes malgré un traitement bien conduit. En savoir plus sur la page dédiée à la douleur d’endométriose.

L’instruction DGOS 2022 sur les filières précise que les SDC référencées pour l’endométriose constituent une compétence de troisième recours indispensable. Le Ministère de la Santé a ajouté sur son annuaire des SDC un filtre spécifique permettant d’identifier les structures référentes pour la prise en charge des douleurs liées à l’endométriose.

Au-delà des SDC généralistes, il existe des structures spécialisées dans les douleurs pelviennes et périnéales chroniques à l’intersection de la gynécologie, de l’urologie, de la proctologie, de la neurologie et de la rééducation périnéale. Ces structures, souvent liées à la société savante Convergences PP, offrent une expertise particulièrement adaptée à la composante pelvi-périnéale de l’endométriose douloureuse.

Ces centres pratiquent les bilans urologiques et proctologiques fonctionnels, les infiltrations analgésiques, les injections de toxine botulique pelvienne, et peuvent indiquer des neurostimulations implantées en cas de douleurs réfractaires.

On peut citer à titre d’illustration :

  • Hôpital Avicenne (AP-HP, Bobigny) : unité Inserm U-987 en physiopathologie et pharmacologie clinique de la douleur — Pr Jean-Marc Sabaté (co-auteur du consensus CNGOF 2025)
  • CHU de Nantes — Centre fédératif de pelvi-périnéologie (Dr Amélie Lévesque, Inserm U1229-RMeS)
  • Médipôle Lyon-Villeurbanne — CETD spécialisé en douleur pelvienne (Dr Baude, Dr Freydier)
  • Centre des Douleurs Pelviennes et Périnéales Chroniques (Paris 2e)

Convergences PP — Société internationale de la douleur pelvienne chronique — Société savante, informations pour professionnel·les et patient·es

Ministère de la Santé — Carte des SDC

SFETD — Annuaire des structures douleur chronique

Source : Instruction N°DGOS/PF2/2016/160 du 23 mai 2016. — SFETD. Livre blanc structures douleur en France. 2015.

Note critique :
Le financement des SDC via les dotations MIG est structurellement insuffisant par rapport aux besoins. Avec 243 structures pour l’ensemble du territoire français et des délais d’attente souvent supérieurs à 6 mois, l’accès à une SDC reste inégal selon les régions. La douleur pelvienne chronique liée à l’endométriose n’est pas systématiquement une priorité explicite dans toutes les SDC — d’où l’importance du filtre « endométriose » sur la carte du Ministère.

Les centres d’Assistance Médicale à la Procréation (AMP)

Pour les personnes concernées par l’endométriose et ayant un projet de grossesse, le centre AMP est un acteur central du parcours. L’endométriose est la première cause d’infertilité en France, et une part significative des parcours de FIV concernent des patient·es atteint·es d’endométriose.

Les centres AMP sont autorisés par les ARS selon des critères définis par la loi de bioéthique (autorisation délivrée pour 5 ans, renouvelable). L’agence de la Biomédecine publie la liste des centres autorisés et leurs résultats de manière transparente sur son site.

Pour aller plus loin : consulter la page dédiée d’Endocyclopédie sur l’endométriose, l’adénomyose et la fertilité, et celle sur la PMA.

Agence de la Biomédecine — Liste des centres AMP autorisés — Résultats et autorisations AMP en France

Les urgences gynécologiques

Les urgences gynécologiques à l’hôpital ou en clinique,sont les structures qui accueillent les crises douloureuses aiguës invalidantes, les complications chirurgicales (torsion d’annexe, rupture de kyste endométriosique), ou les symptômes urinaires ou digestifs sévères. Elles ne constituent pas un lieu de suivi chronique mais peuvent être le premier point de contact en cas de crise.

Point important : les équipes des urgences gynécologiques ne sont pas toutes spécialisées en endométriose. Une crise douloureuse typiquement catamméniale chez une personne déjà diagnostiquée n’est pas une urgence qui nécessite systématiquement une cœlioscopie : il convient de munir le dossier de sortie d’un récapitulatif du parcours et des traitements en cours pour éviter des explorations inutilement répétées.

Questions pratiques : prise de rendez-vous, tarifs, avances de frais

L’imagerie est un maillon critique et souvent négligé du parcours de soins. Une échographie endovaginale de qualité insuffisante ou une IRM mal protocolée peuvent conduire à sous-estimer ou manquer des lésions d’endométriose profonde.

La prise en charge dans un centre de niveau 2 ou 3 ne nécessite pas toujours une orientation formelle, mais en pratique :

  • Les centres les plus sollicités imposent une lettre d’adressage du médecin traitant ou du gynécologue avec les antécédents, les examens réalisés et les traitements essayés : cela permet d’éviter de reprendre tout le bilan à zéro.
  • Certains centres (Hôpital Saint-Joseph Paris, CHU de Nantes, CHU de Montpellier) disposent d’un formulaire de contact ou d’un secrétariat dédié endométriose accessible directement par la patiente, parfois après envoi d’un dossier médical pour pré-sélection.
  • Les filières régionales permettent parfois un accès via des circuits préférentiels, notamment pour les patient·es adressées par un professionnel membre de la filière.
  • Délais courants : 3 à 6 mois pour un premier rendez-vous dans un centre spécialisé de niveau 2 ou 3 dans les régions sous tension (notamment Île-de-France). Plus courts dans les régions moins denses.

Le secteur de conventionnement d’un·e praticien·ne détermine directement le coût restant à charge. En France, trois secteurs existent :

Secteur

Tarifs

Remboursement CPAM

Dépassements

Secteur 1

Tarif conventionné fixe. Ex : consultation gynéco obstétrique : 31,50 €

70 % du tarif (remboursement de base)

Aucun (sauf exceptionnel)

Secteur 2 – OPTAM / OPTAM-CO

Dépassements encadrés (engagement de taux limité)

Base secteur 1 + meilleure prise en charge AMO

Modérés, encadrés

Secteur 2 – sans OPTAM

Honoraires libres, parfois très élevés (60–90 € en consultation, plusieurs milliers en chirurgie)

Base secteur 1 uniquement

Élevés, non plafonnés

Secteur 3 (non conventionné)

Totalement libre

Très faible (tarif d’autorité)

Très élevés

À l’hôpital public : les soins sont en principe au tarif secteur 1. Toutefois, les praticiens hospitaliers peuvent exercer une ‘activité libérale’ au sein de leur service : il est alors possible de se retrouver face à un·e chirurgien·ne de secteur 2 en milieu hospitalier public. Il est recommandé de demander explicitement au secrétariat : ‘Cette consultation/intervention est-elle en activité publique ou libérale ?’ avant toute prise de rendez-vous.

Le tiers payant permet de ne pas avancer les frais pris en charge par l’Assurance Maladie (et parfois par la complémentaire santé). Il est généralement appliqué :

  • Systématiquement en centre de santé
  • Pour les bénéficiaires de la CSS (Complémentaire Santé Solidaire, ex-CMU-C)
  • Dans certains cas pour les personnes en ALD (Affection de Longue Durée)
  • Pour certains actes de prévention ou consultations spécifiques (sage-femme, vaccination, etc.)
  • Parfois en médecine de ville selon les praticiens

Dispositif Mon parcours Santé / Médecins solidaires : pour les patient·es confronté·es à des barrières financières, certains dispositifs régionaux proposent un accès à des praticiens qui s’engagent à appliquer le tiers payant et à limiter les dépassements.

La concentration des équipes chirurgicales expérimentées dans le secteur libéral (cliniques privées, praticiens en activité libérale dans les hôpitaux) expose les patient·es atteintes d’endométriose complexe à des dépassements d’honoraires parfois très élevés.

À l’inverse, des équipes chirurgicales très compétentes exercent en secteur public strict (CHU, CH) sans dépassements, mais les délais d’accès y sont souvent plus longs.

Une page dédiée aux remboursements, ALD et droits financiers est en préparation sur Endocyclopédie.fr.

Tableau récapitulatif : quel lieu pour quelle situation ?

Situation clinique

Lieu(x) de soins approprié(s)

Niveau

Dysménorrhée isolée, première consultation

Médecin traitant, gynécologue libéral·e, sage-femme

1

Suspicion d’endométriose, première imagerie

Gynécologue, radiologue formé·e à l’imagerie endométriose

1–2

Traitement médical de première intention (hormonal, antalgiques)

Médecin traitant, gynécologue, sage-femme

1

Endométriose confirmée, formes simples

Gynécologue de ville, kinésithérapeute périnéal·e

1–2

Endométriose modérée, échec traitement initial

Centre multidisciplinaire référent (CMDR), filière régionale

2

Douleur pelvienne chronique persistante, sensibilisation possible

Structure douleur chronique (SDC) référencée endométriose

2–3

Bilan chirurgical préopératoire

Radiologue expert·e (protocole IRM dédié, classification dPEI)

2–3

Endométriose profonde avec atteinte digestive, urétérale ou complexe

Centre de recours chirurgical et expertise (CRCE), CHU

3

Infertilité liée à l’endométriose

Centre AMP autorisé, en lien avec centre expert

2–3

Douleur réfractaire, sensibilisation centrale avérée

SDC, Centre douleur pelvi-périnéale, algologue

3

Crise douloureuse aiguë sévère

Urgences gynécologiques

Urgences

Accès à un programme d’ETP endométriose

CHU, cliniques, CPTS, associations (ENDOmind, EndoFrance)

1–3

Recherche d’un professionnel formé à l’endométriose

Annuaire de la filière régionale, ENDOmind, EndoFrance, sante.fr

1–3

⚠️ Ce que le système ne garantit pas encore

  • Équité territoriale : les filières régionales sont inégalement développées. Les zones rurales, les DROM-COM et certaines régions restent sous-dotées. La labellisation de centres dans une région n’implique pas leur accessibilité physique réelle pour toutes les personnes concernées.
  • L’absence de label national unique : la labellisation ARS est régionale et les critères varient. Un centre non labellisé peut proposer une prise en charge de qualité, et inversement.
  • Le volume opératoire individuel : la labellisation d’un centre ne préjuge pas du volume de chirurgies complexes réalisé par chaque chirurgien·ne. Il est recommandé de demander explicitement ce volume avant une résection digestive ou urologique.
  • Les délais d’accès : les centres de niveaux 2 et 3 ont des délais d’attente souvent longs (3 à 6 mois minimum). L’orientation par la filière peut permettre un accès plus rapide via des circuits préférentiels.
  • L’adénomyose dans les filières : la prise en charge de l’adénomyose reste moins structurée que celle de l’endométriose dans les filières. Des patient·es atteint·es d’adénomyose seule peuvent avoir du mal à s’inscrire dans les parcours dédiés.
  • Les personnes trans, non binaires et intersexes : les filières ont été construites autour d’une population de ‘femmes en âge de procréer’. L’accueil et la prise en charge des personnes concernées par l’endométriose hors de cette catégorie restent à structurer.

Sources bibliographiques

1. Instruction N°DGOS/R4/2022/183 du 12 juillet 2022 relative à l’organisation, sur les territoires, de filières dédiées à la prise en charge de l’endométriose. Ministère de la Santé.

2. Ministère de la Santé. Stratégie nationale de lutte contre l’endométriose 2022-2025. Paris : Ministère ; 2022.

3. HAS / SIFEM / SFR / CNGOF. Actualisation de la place des différents examens d’imagerie pour le diagnostic d’endométriose. Label HAS, mai 2025.

4. HAS / CNGOF. Prise en charge de l’endométriose. Recommandation de bonne pratique. Saint-Denis La Plaine : HAS ; 2018.

5. Chanavaz-Lacheray I, Daraï E, Decamps P, et al. Définition des centres experts en endométriose. Gynécol Obstet Fertil Sénol. 2018;46(3):376-382.

6. Fritel X, Chabbert-Buffet N, et al. Douleurs pelviennes associées à l’endométriose, conseils pour la pratique clinique. Consensus CNGOF/Convergences PP. Gynécol Obstet Fertil Sénol. 2025 (in press). DOI:10.1016/j.gofs.2025.06.003.

7. Thomassin-Naggara I, Monroc M, Chauveau B, et al. Multicenter External Validation of the Deep Pelvic Endometriosis Index Magnetic Resonance Imaging Score. JAMA Netw Open. 2023;6(4):e2310254.

8. Instruction N°DGOS/PF2/2016/160 du 23 mai 2016 relative aux structures labellisées pour la prise en charge de la douleur chronique. Ministère de la Santé.

9. SFETD. Livre blanc — Structures douleur en France. Paris : SFETD ; 2015.

10. ARS Hauts-de-France. Labellisation des CMDR et CRCE de la filière régionale endométriose [en ligne]. hauts-de-france.ars.sante.fr.

11. ARS Nouvelle-Aquitaine. Filière endométriose AFENA [en ligne]. nouvelle-aquitaine.ars.sante.fr.

12. ARS Île-de-France. L’endométriose en Île-de-France [en ligne]. iledefrance.ars.sante.fr.