Les soins de support

Découvrez dans cette section tous les soins de support, appelés aussi traitements/interventions ou solutions non médicamenteuses. Complémentaires aux traitements médicamenteux et essentiels pour une prise en charge globale.

Une prise en charge globale

La prise en charge de l’endométriose ne repose pas uniquement sur les traitements médicamenteux ou chirurgicaux. En raison de la complexité de la maladie — douleur chronique, fatigue, retentissement digestif, urinaire, sexuel, psychologique et social — une approche globale est souvent nécessaire.

Les soins de support et les interventions non médicamenteuses regroupent l’ensemble des accompagnements visant à améliorer la qualité de vie, à réduire les symptômes, à soutenir les capacités d’adaptation et à limiter les conséquences fonctionnelles de la maladie. Ils ne remplacent pas les traitements médicaux lorsqu’ils sont indiqués, mais peuvent s’y associer de manière complémentaire.

Ces interventions peuvent agir sur différents plans :

  • modulation de la douleur (mécanismes périphériques et centraux),
  • réduction du stress et de l’hypervigilance corporelle,
  • amélioration du sommeil,
  • soutien psychologique,
  • maintien de la mobilité et de la fonction,
  • accompagnement des dimensions relationnelles et professionnelles.
  • et bien d’autres.

Certaines de ces approches sont intégrées aux parcours de soins conventionnels et exercées par des professionnel·les de santé réglementé·es (kinésithérapie, psychothérapie, éducation thérapeutique, etc.). D’autres relèvent de pratiques complémentaires dont le niveau de preuve scientifique et le cadre réglementaire sont variables.

L’objectif de cette page est de présenter ces différentes options, leurs fondements, leur cadre d’exercice et les points de vigilance associés, afin de permettre une compréhension éclairée de leur place dans une stratégie de prise en charge globale, individualisée et coordonnée. Ses informations ne se substituent pas à un avis médical ou spécialisé personnalisés. Les niveaux de preuve de chaque intervention sont clairement mentionnés pour permettre des choix éclairés.

Plan de la page

La TENS

La TENS (Transcutaneous Electrical Nerve Stimulation) est une méthode non invasive de neurostimulation électrique transcutanée utilisée pour moduler la douleur en stimulant les nerfs via des électrodes sur la peau. Elle est largement utilisée pour soulager différentes douleurs aiguës ou chroniques.

On utilise pour cela un petit appareil émettant de faibles courants électriques réglables (fréquence, intensité, durée d’impulsion) qui activent des fibres nerveuses sensorielles.

Le principe du Gate Control  (Théorie du portillon)  Melzack & Wall (1965)

Principe : La théorie du portillon décrit une forme de modulation de la douleur au niveau spinal. Des fibres nerveuses sensorielles de gros diamètre A-β, activées par les impulsions TENS, entrent en compétition dans la moelle épinière avec les fibres responsables de la transmission de la douleur (fibres fines C et A-δ).

C’est un peu comme si il existait une seule route pouvant conduire un seul message au cerveau, normalement celui de la douleur, et que le TENS permet d’envoyer un message plus rapide qui arriverait en tête sur la route pour le cerveau et fermerait le passage derrière lui.

Effet : Cette stimulation active des interneurones inhibiteurs dans la corne dorsale, créant un “portillon fermé” qui diminue la transmission des signaux douloureux vers le cerveau (diminution de la perception de la douleur).

Ce mécanisme est habituellement associé à une haute fréquence de stimulation (≥ ~50 Hz).

Points à retenir : Agit rapidement, mais l’effet est généralement présent que pendant la stimulation.  Le chaud, le froid et le massage peuvent activer ce système.

Stimulation endorphinique (effet opioïde endogène)

Principe : À basse fréquence (généralement ≤ ~10 Hz), la TENS favorise la libération de substances analgésiques naturelles (endorphines, enképhalines) dans le système nerveux central.

Ces molécules interagissent avec des récepteurs opioïdes, modulant la douleur de manière similaire aux opioïdes pharmacologiques, mais sans les effets secondaires associés.

Effet : L’analgésie est plus lente à installer (20 à 40 minutes de stimulation), mais peut persister après l’arrêt du traitement.

Activation des voies inhibitrices descendantes et modulation centrale

Voies nerveuses impliquées : Au-delà du portillon spinal, certaines données suggèrent que la TENS peut activer des voies inhibitrices descendantes impliquant des structures comme le PAG (substance grise périaqueducale) et le noyau rostral ventromédian.

Conséquence : Cela peut contribuer à une modulation centrale de la douleur, en influençant la façon dont le cerveau traite et inhibe les signaux douloureux. 

Modulation de l’hypersensibilisation : Dans la douleur chronique (comme dans l’endométriose), il existe souvent une hypersensibilisation périphérique et centrale : les circuits neuronaux deviennent plus sensibles et réactifs aux stimuli.

Effet potentiel du TENS : Certaines données suggèrent que la TENS peut réduire cette hypersensibilisation via des mécanismes segmentaires et suprasegmentaires (réduction de la sensibilité des nocicepteurs et modulation centralisée).

Note méthodologique : l’efficacité clinique de la TENS varie selon les conditions et les individus. Certaines revues soulignent des données hétérogènes et méthodologiquement limitées dans la littérature. . 

Neuromodulation périphérique indirecte

Pour les troubles urinaires notamment, la TENS est utilisée pour stimuler le nerf tibial postérieur. C’est une branque du nerf sciatique, dont les racines spinales principales sont L4–S3, avec une forte contribution de S2–S4, qui correspondent également :

  • aux afférences et efférences du plancher pelvien
  • aux racines impliquées dans l’innervation de la vessie
  • au centre mictionnel sacré

C’est ce chevauchement radiculaire qui explique l’intérêt de la stimulation tibiale dans les troubles urinaires.

Principe général : Il s’agit d’une neuromodulation périphérique indirecte. La stimulation active des fibres afférentes somatiques qui remontent vers les segments sacrés S2–S4. Ces afférences modulent ensuite les circuits réflexes sacrés impliqués dans la miction.

Paramètres usuels de stimulation : fréquence : 10–20 Hz, largeur d’impulsion : ~200 µs, intensité : jusqu’à réponse motrice (flexion hallux) ou paresthésies plantaires, durée : 20-30 minutes 1 à 2 séances par jours, pendant 12 semaines

Mécanismes physiologiques : Les mécanismes exacts ne sont pas totalement élucidés, mais plusieurs niveaux d’action sont décrits.

1 : Inhibition des réflexes vésicaux hyperactifs

La stimulation tibiale :

  • augmente l’activité inhibitrice au niveau sacré
  • diminue l’excitabilité du réflexe mictionnel

Il y a donc une inhibition du détrusor hyperactif et une diminution des contractions non inhibées. Le mécanisme supposé est l’activation d’interneurones inhibiteurs dans la moelle sacrée.

C’est particulièrement utile dans le cas des troubles urinaires avec besoins fréquents et urgents.

2 : Modulation des voies afférentes sensitives

Dans l’hyperactivité vésicale, on observe souvent une hypersensibilité des afférences vésicales et un abaissement du seuil de déclenchement mictionnel

La stimulation tibiale semble augmenter le seuil sensoriel vésical et réduire la perception anormale de plénitude.

Il y a donc un effet de neuromodulation sensorielle.

3 : Action supraspinale

Des données d’imagerie fonctionnelle suggèrent une modulation :

  • du tronc cérébral
  • du centre pontique de la miction
  • des circuits cortico-sous-corticaux

Il ne s’agit donc pas uniquement d’un mécanisme spinal.

Résumé des mécanismes

Mécanisme

Paramètre de stimulation

Effet principal

Durée

Gate control

Haute fréquence

Blocage segmentaire immédiat des signaux de douleur

Pendant la stimulation

Endorphinique

Basse fréquence

Libération d’endorphines / modulation centrale

Après stimulation

Descendante centrale

Variable

Activation de voies inhibitrices

Continue

  • Gate control :
    • Haute fréquence 100-200 mHz
    • Intensité basse = non douloureux (ne jamais générer de douleur)
    • Largeur onde : 50-200 μsec
  • Endorphinique classique : 
    •  stimulation permanente avec par exemple une fréquence de 5 Hz : donc 5 impulsions par seconde soit 5 secousses musculaires par seconde.
  • Endorphinique (Burst) via la stimulation des CIDN (contrôles inhibiteurs descendants)
    • Basse Fréquence : 2 m 4 mHz
    • Haute intensité jusqu’à la limite de la douleur supportable => sécrétion d’endo- morphines (durée action 4 m 6 h)
    • Largeur d’onde : 100-400 μsec
    • Ce type de stimulation consiste à répéter deux à huit fois par seconde, des salves de quelques impulsions (entre 5 et 10). Ainsi pour un programme Burst de 2 Hz, il y aura, non pas 2 impulsions par seconde, mais 2 salves d’une dizaine d’impulsions par seconde. Le mode Burst montre son intérêt dans le cadre de stimulation parfois ressentie comme plus confortable par les patients.

Résultats cliniques avec TENS classique : Une revue systématique des études disponibles chez des patients présentant des dysfonctions urinaires (neurogènes ou idiopathiques) rapporte que la TENS appliquée au niveau sacré (sur les dermatomes S2-S4, correspondant aux branches nerveuses impliquées dans la régulation de la vessie) peut entraîner une :

  • diminution de la fréquence des mictions, de l’irritation vésicale et de l’incontinence,
  • amélioration de certains paramètres urodynamiques (contenance, pression du détrusor).

Ces effets résultent probablement d’une modulation segmentaire du réflexe de la miction (réduction de la transmission nociceptive et neuromodulation des circuits réflexes).

Paramètres pratiques observés dans certaines études :30 minutes par séance, plusieurs fois par semaine (par exemple 5/jour sur 2 semaines)

Modulation de la douleur viscérale et de la motricité gastro-intestinale :

Des études de neuro-gastroentérologie sur la stimulation vagale transcutanée (taVNS) indiquent que :

  • la stimulation de l’afférence vagale peut réduire la perception de la douleur abdominale et améliorer le seuil à la douleur.
  • certains travaux montrent une augmentation de la motricité digestive, avec amélioration du transit, potentiel bénéfice sur les troubles comme la constipation fonctionnelle ou le syndrome de l’intestin irritable.

Ces effets sont compatibles avec les fonctions physiologiques du nerf vague dans la régulation motrice et sensorielle du tractus digestif.

Mécanismes suggérés :
  • Stimulation des afférences vagales auriculaires → envoi de signaux au noyau du tractus solitaire (centre intégrateur du système nerveux autonome).
  • Activation de circuits parasympathiques descendus → modulation de la motricité et de la sensibilité viscérale.
  • Effet anti-inflammatoire via le réflexe cholinergique anti-TNF (voies efférentes vagales) qui peut contribuer à réduire l’inflammation locale et donc la sensibilisation viscérale. 

Principe anatomique

Le nerf vague envoie une branche sensitive vers certaines zones de l’oreille externe (notamment la cymba concha) ; cette branche peut être stimulée transcutanément par des électrodes spécifiques positionnées sur l’oreille gauche.

Mécanismes proposés
  • Activation des afférences vagales qui remontent vers le tronc cérébral et engagent des circuits régulateurs autonomes.
  • Modulation du tonus parasympathique, avec des effets possibles sur la motricité digestive, la sensibilité viscérale et la modulation du stress/inflammation.
Paramètres de stimulation taVNS (issus de protocoles disponibles)
  • Fréquences basses à modérées : environ 1–25 Hz, visant l’activation vagale plutôt que le blocage sensitif classique.
    Durée typique : 20–60 minutes par séance, souvent 1–2 fois par jour.
  • Intensité faible à modérée, confortable, sans contraction musculaire importante.
Points de prudence

Actuellement, les preuves cliniques robustes chez l’humain de l’effet direct de la stimulation auriculaire TENS sur le nerf vague sont limitées et hétérogènes. Il existe une controverse scientifique concernant la spécificité réelle de la stimulation vagale transcutanée, certains experts notant que le courant peut stimuler aussi d’autres nerfs régionaux sans preuve directe de stimulation vagale exclusive

Objectif thérapeutique

Approche TENS

Fréquence (Hz)

Durée recommandée

Notes

Traitement de la douleur

TENS classique

GC : 80-100E 2-10

Gate control : libre, endorphinique : 20-40min

Varie selon la zone et la tolérance

Dysfonction urinaire, vessie hyperactive

Tens sacré/neurotibial postérieur

10-15hz

20-30min 2x/j 3mois min

Effets progressivement observés

Troubles digestifs viscéraux

Vagale

1-25Hz

20–60 min, 1–2×/jour

Amélioration motricité possible

Hypersensibilisation chronique

TENS basse fréquence + modulation vagale

2–25 Hz

30–60 min / jour, plusieurs semaines

ffets cumulatifs

Les TENS pour les douleurs : Le TENS Eco 2, le TENS Eco 2 sans fil et le Cefar TENS

  • Lettre d’orientation obligatoire d’un médecin généraliste vers un centre douleur, puis prescription obligatoire du TENS par le centre douleur
  • Location préalable de 6 mois, puis nouvelle ordonnance réalisée pour l’achat ;
  • Electrodes prescrites par centre/spécialiste/ généraliste remboursées SI l’ordonnance de l’appareil principal inclut les électrodes
  • LA CPAM rembourse 60 % de la base de remboursement (100% si ALD)  définie par la LPPR (Liste des Produits et Prestations Remboursables). Le reste à charge peut être couvert par la mutuelle.
  • Location par un fournisseur agréé et certaines pharmacies.

La prescription doit préciser le diagnostic, la durée de traitement et le modèle recommandé

Le loueur de l’appareil doit expliquer son fonctionnement, placement des électrodes etc. 

Le Cefar et le TENS eco 2 avec fils sont compatibles avec l’électrode vagale.

Les TENS pour les troubles urinaires et digestifs : Le TENS Urostim2, le TENS Urostim2 sans fil et le Cefar uro

  • Prescription obligatoire d’un médecin gynécologue ou urologue si bilan urodynamique effectué, et médecins en centres de rééducation. 
  • Attention : la CPAM ne rembourse pas si il y a en parallèle une prise en charge kiné de rééducation périnéale. Cette règle est dénoncée par les professionnels, puisque les deux visent des objectifs différents mais complémentaires. 
  • Location préalable de 6 mois, puis nouvelle ordonnance pour l’achat ;
  • Electrodes prescrites par centre/spécialiste/ généraliste remboursées SI l’ordonnance de l’appareil principal inclut les électrodes
  • CPAM rembourse 60 % de la base de remboursement (100% si ALD)  définie par la LPPR (Liste des Produits et Prestations Remboursables). Le reste à charge peut être couvert par la mutuelle.
  • Location par un fournisseur agréé et certaines pharmacies.

La prescription doit préciser le diagnostic, la durée de traitement et le modèle recommandé

Le loueur de l’appareil doit expliquer son fonctionnement, placement des électrodes etc. 

L’urostim 2 avec fils est compatible avec l’électrode vagale. Il possède également des programmes pour les douleurs pelviennes.

Les électrodes de stimulation du nerf vague ne sont pas remboursées, même sur prescription.

L’électrode du fabricant Schwa-médico (Eco tens 2 et Urostim 2), propose l’électrode 3DTS qui se positionne en intra auriculaire. Elle est disponible sur prescription d’un centre douleur, au tarif d’environ 90€ à charge du patient. Elle s’utilise avec l’Eco tens 2 ou l’Urostim 2 AVEC fils, sur des programmes spécifiques.

Il existe une électrode clip sur Amazon qui se place comme une pince à linge, sur la cymba-concha (juste au dessus du conduit auditif de l’oreille), tarifs allant de 8 à 25€. Il existe également des appareils dédiés, appelés stimulateurs de nerf vague vendus entre 300 et 400€. Tout ce qui est vendu sur des sites marchands comme Amazon, ne peut faire l’objet d’aucun remboursement, et ne présente pas non plus les garanties de sécurité technique et médicale des fabricants agréés.

Les modèles Cefar proposent une électrode patch à placer devant l’oreille près de la tempe. (Je manque d’informations à ce sujet).

Modèles

Sans fils

Douleurs pelviennes gate control

Douleurs mode endorphinique

Nerf Vague

Troubles urinaires/
digestifs

Eco 2

Eco 2 wireless

Cefar Tens

Urostim 2

Urostim Wireless

Cefar Uro

Pas sûre

Pas sûre

Cefar Uro : Brochure patient et Manuel d’utilisation

Uro Stim 2 (+ protocole Nerf vague) Et Uro stim Wireless : Notice d’utilisation générale et notice d’utilisation spécifique au troubles et douleurs pelviennes

Tens Eco 2 (+ protocole Nerf vague) et Eco wireless : Livret d’indications et Livret wireless

Cefar Tens (+ protocole Nerf vague) : Protocoles d’utilisations

Modèle

Prix

Type d’électrodes

Batterie/autonomie

Modes

Placement électrodes 

Spécificités / autres infos

Paingone Ellune

160€

électrodes à fils

Batterie rechargeable >24 h 

35 niveaux d’intensité, gate control

autour du bas-ventre ou du bas du dos

Écran intégré, boîtier discret attaché à la taille, portable

Bluetens Pinktens

160€

Paires d’électrodes (4 tailles possibles), filaires

Batterie interne rechargeable (~1 h de charge = ~50 utilisations

Plusieurs modes TENS (ex. Burst, Gate control) via appli ou programmes 

sur bas-ventre, lombaires ou zones douloureuses 

Appareil polyvalent aussi pour périnée, incontinence via électrode tibiale; connecté par app mobile

Urgo Urgogyn

80€

Patch unique avec 2 électrodes intégrées

Batterie rechargeable (~4 h, ≈8 séances 

3 prog, 15 niveaux d’intensité sessions (~30 min)

Patch appliqué sur bas-ventre ou bas du dos

discret sans boîtier externe, , efficace cliniquement contre dysménorrhée primaire/endo

tens care ova plus

60

électrodes en gel autocollantes Attachées au boîtier

Piles ou batterie (dépend du modèle) — autonomie variable

Mode TENS standard (antalgique via signaux électriques)

sur bas-ventre ou côtés abdominaux

Simple et économique, tens classique sans modes avancés

Modèle

Prix

Type d’électrodes

Batterie/autonomie

Modes

Placement électrodes 

Spécificités / autres infos

Beurer EM 50

70–95 €

Pad TENS chaleur avec 2 électrodes 

Batterie rechargeable (~6 × 20 min par charge) 

GC+E + chaleur relaxante ; 15 niveaux d’intensité

autour du bas-ventre ou du bas du dos

Dispositif discret, associe chaleur à la TENS, arrêt automatique après 20 min

Beurer EM55 

60 – 80 €

Pad TENS chaleur avec 2 électrodes 

Batterie rechargeable (~6 × 20 min) 

GC+E  + fonction chaleur apaisante (43 °C) ; 15 niveaux d’intensité

sur bas-ventre, zone abdo

Version surface chauffante plus large que l’EM 50, intensité réglable, fonctions séparables

EM49

80€

4 électrodes 

Piles AAA (portables)

TENS + EMS (stim musc)+ massage

Multi-zones corporelles 

Appareil basique avec programmes anti-douleur et stimulation musculaire

EM59

95€

4 électrodes 

Rechargeable / piles selon modèle (selon offre)

TENS + EMS + chaleur (fonction 4-en-1) selon prog

variées, guide sur écran (selon modèle)  

Combiné multi-thérapies pour soulager douleur et favoriser relaxation

Beurer EMR

205€

8 électrodes 

Batterie rechargeable 

TENS + EMS + Massage + Chaleur ;

Placement multi-zones avec 4 canaux réglables

Modèle haut de gamme 4-en-1, adapté à douleur + muscle + relaxation

Autres TENS : 

  • Lunaa : dispositif sans fil rechargeable (~89 €) vendu comme TENS pour crampes menstruelles. Pas toujours très précisé s’il s’agit d’une électrostimulation TENS granulaire ou vibrations musculaires sur la base des infos disponibles (sites marketing le présentent comme réaction rapide d’apaisement sans détails techniques profonds).

Autres aspects

  • Certains appareils comme Bluetens Pinktens proposent des fonctionnalités annexes pour périnée, vessie ou périnée via protocole spécifique (électrodes tibiales), ce qui les rapproche légèrement de fonctions plus larges de TENS.
  • La durée et fréquence d’utilisation recommandées sont généralement de 20–30 min par séance pour TENS anti-douleur, mais cela dépend des recommandations du fabricant et du ressenti personnel.

TENS Beurer EM50 et 55 : Gate control + endorphinique, pads

La kinésithérapie et technologies associées

Si les traitements hormonaux et chirurgicaux occupent une place centrale dans la prise en charge, ils ne parviennent pas toujours à réduire durablement la douleur. En particulier lorsque celle-ci est entretenue par des dysfonctionnements myofasciaux, une sensibilisation centrale ou des troubles fonctionnels du plancher pelvien.

La kinésithérapie, et plus spécifiquement la kinésithérapie pelvi-périnéale, constitue une approche complémentaire dont les bénéfices sont de mieux en mieux documentés. Plusieurs essais contrôlés randomisés (ECR) et revues systématiques publiés ces dernières années plaident pour son intégration systématique dans un parcours de soins pluridisciplinaire.

L’un des points les plus importants à comprendre est que la kinésithérapie ne traite pas les lésions endométriales elles-mêmes, mais agit sur les mécanismes qui entretiennent et amplifient la douleur, souvent de façon indépendante de la charge lésionnelle.

Le consensus CNGOF & Convergences PP (2025), établi par 14 professionnels de santé et 2 représentants d’associations de patientes après consultation de 108 experts français, inclut la prise en charge non médicamenteuse, dont la kinésithérapie dans ses recommandations de bonne pratique pour les douleurs pelviennes chroniques associées à l’endométriose.

Hypersensibilisation centrale et inflammation

Sous l’effet de la stimulation nociceptive chronique générée par les lésions endométriales, le système nerveux central peut subir une hypersensibilisation : les seuils de détection de la douleur s’abaissent, et des zones initialement non douloureuses deviennent sensibles. Ce phénomène de sensibilisation centrale est bien documenté dans l’endométriose (Raimondo et al., J Minim Invasive Gynecol, 2023 ; Aredo et al., Semin Reprod Med, 2017). Il explique pourquoi certaines personnes continuent à souffrir après une chirurgie pourtant techniquement réussie ou sous traitement hormonal optimal.

Dysfonction myofasciale et points gâchettes

Des points de déclenchement myofasciaux (trigger points) se développent fréquemment dans les muscles du plancher pelvien, de l’abdomen et du bassin, secondairement à la maladie. Ces points gâchettes actifs peuvent irradier la douleur vers le sacrum, les lombaires, l’intérieur des cuisses, et maintenir une symptomatologie douloureuse chronique même après traitement des lésions endométriales (Stratton et al., Obstet Gynecol, 2015 ; Namazi et al., Curr Opin Obstet Gynecol, 2024).

Hypertonie des muscles du plancher pelvien

L’endométriose profonde est fréquemment associée à une hypertonie des muscles du plancher pelvien. Les personnes atteintes présentent une surface hiatale du muscle levator ani (muscle élévateur de l’anus) significativement réduite par rapport à des personnes saines, témoignant d’une tension musculaire chronique. Cette hypertonie contribue aux dyspareunies superficielles, aux troubles urinaires et à la dyssynergie rectale.

L’immobilité des tissus et organes pelviens

L’endométriose entraine des processus conduisant à un épaississement et une rigidification des tissus avec une diminution de leur mobilité. Les adhérences et les fibroses participent également à ces perturbations. Les tensions mécaniques sont alors transmises par les fascias, ligaments et autres structures communes devenant également moins souples avec une redistribution des contraintes mécaniques.

Revues systématiques et méta-analyses

Une revue systématique et méta-analyse publiée en 2025 dans Pain Medicine (Oxford Academic) est l’une des plus récentes et complètes sur le sujet. Elle confirme que plusieurs modalités kinésithérapiques apportent des bénéfices significatifs sur la douleur pelvienne chronique associée à l’endométriose, notamment la thérapie manuelle, le massage de Thiele, et l’exercice thérapeutique supervisé.

Une autre méta-analyse publiée dans PLOS ONE en 2025 portant sur l’activité physique et l’exercice dans l’endométriose conclut à une réduction significative de la douleur chronique et à une amélioration de la qualité de vie, avec un profil de sécurité excellent, aucun effet indésirable sérieux n’ayant été rapporté dans les ECR analysés.

Une revue de la littérature française (Lacroix J., DUMAS/CNRS, 2021 – grade de recommandation B selon la HAS) a sélectionné 5 ECR via les bases PubMed, PEDro et Cochrane Library : 4 études sur 5 montraient des résultats statistiquement significatifs sur la réduction de la douleur pelvienne.

Essais contrôlés randomisés clés

Thérapie manuelle (Muñoz-Gómez et al., J Clin Med, 2023 — Université de Valencia)
Cet ECR a inclus 41 femmes avec douleur pelvienne due à l’endométriose, réparties en groupe traitement manuel (n=21) et groupe placebo (n=20). Après 8 semaines de protocole (une séance de 30 minutes tous les 15 jours), le groupe intervention présentait une amélioration de 28,54 % de la qualité de vie physique, avec des changements significatifs sur la douleur corporelle, le rôle physique et la santé générale.

Kinésithérapie périnéale dans la DIE (Raimondo et al., PMC/MDPI, 2024)
Cet ECR a évalué les effets de 5 séances individuelles de kinésithérapie du plancher pelvien chez des femmes nullipares atteintes d’endométriose profonde avec dyspareunie superficielle. Le groupe traité montrait une amélioration significative des fonctions urinaires, digestives et sexuelles par rapport au groupe contrôle.

Programme d’exercice multimodal supervisé (Álvarez-Salvago et al., Arch Phys Med Rehabil, 2023)
Ce premier ECR testant un programme d’exercice multimodal chez des femmes atteintes d’endométriose non répondant aux thérapies conventionnelles a démontré une amélioration de la qualité de vie avec une taille d’effet large (d > 0,80), maintenue à 1 an de suivi. Le programme « Physio-EndEA » a également réduit l’intensité des dyspareunies, augmenté les seuils de douleur à la pression (locaux et distaux), et amélioré la force abdominale, lombaire et la stabilité lombo-pelvienne.

ECR norvégien (Akershus University Hospital, 2022-2024)
Mené sur 4 mois avec des séances hebdomadaires de 60 minutes incluant rééducation du plancher pelvien et exercice général, cet ECR a montré une réduction significative de l’intensité de la douleur génitopelvienne actuelle, avec une excellente adhérence et aucun effet indésirable ou aggravation des symptômes.

TENS (ICS 2024, abstract #478)
Une étude randomisée portant sur 22 femmes atteintes d’endométriose a montré que la TENS réduisait la douleur pelvienne chronique d’environ 3 points sur une échelle numérique et les dyspareunies profondes d’environ 50 %.

Douleurs chroniques pelviennes

La douleur pelvienne chronique est présente chez près d’une personne sur deux atteinte d’endométriose. La kinésithérapie agit à plusieurs niveaux :

  • désensibilisation progressive du système nerveux central via l’exercice et la thérapie manuelle,
  • libération des tensions myofasciales entretenant la douleur de façon autonome,
  • éducation à la douleur permettant de mieux moduler sa perception douloureuse,
  • et travail proprioceptif et postural corrigeant les compensations motrices génératrices de surcharges articulaires et musculaires.
Douleurs pelvi-périnéales et hypertonie du plancher pelvien

La kinésithérapie pelvi-périnéale vise à identifier et traiter l’hypertonie des muscles périnéaux (levator ani, pubo-rectalis, obturateur interne, ischio-caverneux, bulbo-spongieux). Les techniques employées comprennent :

  • le massage de Thiele (pression digitale transvaginale progressive permettant l’élongation musculaire et la restauration d’un tonus physiologique),
  • le biofeedback électromyographique ou manométrique (aidant la patiente à moduler volontairement la contraction et la relaxation de son périnée),
  • l’électrostimulation à visée analgésique,
  • et les dilatateurs vaginaux à tailles progressives pour désensibiliser les structures vaginales et traiter les points gâchettes intra-pelviens.

Sur ces derniers dispositifs, certains praticiens spécialisés déconseillent leur utilisation en cas d’hypertonie qui pourrait générer un DOMS (Syndrome de douleurs myo-fasciales et de courbatures à apparition retardée). Les dilatateurs engendreraient un étirement sur une contraction (travail excentrique contre résistance), entrainant un risque de déchirure de la strie Z, une augmentation du DOMS et un risque de béance.

Douleurs myofasciales

Les techniques de thérapie manuelle myofasciale comprennent :

  • le traitement des trigger points par compression ischémique et étirement post-isométrique,
  • le dry needling (puncture sèche, de plus en plus utilisé dans les douleurs pelvi-périnéales chroniques),
  • ainsi que la mobilisation viscérale et la thérapie fasciale (travail sur les adhérences péritonéales, les ligaments larges et les restrictions de mobilité des organes pelviens secondaires aux lésions endométriales).
Irradiations sacrées et lombaires

Les douleurs référées vers le sacrum, les lombaires, le coccyx ou les membres inférieurs sont souvent liées à des points gâchettes actifs dans les muscles piriformes, obturateurs, psoas ou paravertébraux, à une irritation du nerf pudendal, ou à des déséquilibres musculaires lombo-pelvi-fémoraux. La kinésithérapie intervient via :

  • la thérapie manuelle orthopédique (mobilisations lombaires et sacro-iliaques),
  • le renforcement des muscles stabilisateurs profonds (transverse abdominal, multifides)
  • et l’étirement des chaînes musculaires postérieures.

L’ECR « Physio-EndEA » (2023) est l’un des premiers à avoir documenté une amélioration des seuils de douleur à la pression au niveau distal (genoux, trapèzes), témoignant d’un effet systémique de désensibilisation centrale par l’exercice thérapeutique.

Dyspareunies et douleurs pénétratives

Les douleurs à la pénétration affectent une proportion significative des personnes atteintes et ont un impact majeur sur la qualité de vie et la vie de couple. Elles peuvent être :

  • superficielles (liées à l’hypertonie des muscles d’entrée du vagin ou à la vestibulodynie)
  • ou profondes, appelées dyspareunies, (liées aux lésions infiltrantes ou aux adhérences).

La rééducation périnéale améliore la fonction sexuelle par la combinaison de biofeedback, feedback tactile et verbal, massage de Thiele, et désensibilisation progressive. L’ECR de Raimondo et al. (2024) confirme l’efficacité de 5 séances sur les dyspareunies superficielles dans la DIE ; le TENS réduit les dyspareunies profondes d’environ 50 % selon l’ICS 2024.

Troubles urinaires

L’endométriose peut induire urgences mictionnelles, pollakiurie, dysurie, voire incontinence d’effort. La kinésithérapie pelvi-périnéale inclut ici :

  • la rééducation vésicale (calendrier mictionnel, techniques d’urgence),
  • le renforcement ou le relâchement du plancher pelvien selon le tableau,
  • et le biofeedback périnéal.

L’ECR de Raimondo et al. (2024) a démontré une amélioration significative des fonctions urinaires après 5 séances de kinésithérapie périnéale chez des femmes atteintes de DIE.

Troubles digestifs (dyschesie, constipation, troubles ano-rectaux)

L’endométriose peut engendrer dyschesie, constipation chronique, ballonnements et dyssynergie recto-anale. La rééducation périnéale améliore la coordination sphinctérienne et la dynamique évacuatrice via :

  • le biofeedback ano-rectal avec sonde ballonnet,
  • le travail de la respiration abdomino-diaphragmatique,
  • et l’éducation posturale à la défécation.

Ces bénéfices sont documentés dans l’ECR de Raimondo et al. (2024), qui inclut la dyschesie parmi les critères d’amélioration après prise en charge kinésithérapique.

Le bilan kinésithérapique initial

Toute prise en charge débute par un bilan complet et individualisé réalisé par le·la kinésithérapeute spécialisé en pelvi-périnéologie :

  • anamnèse détaillée (histoire de la maladie, traitements en cours, antécédents chirurgicaux, symptômes sexuels, urinaires et digestifs),
  • évaluation de la douleur (échelles numériques, cartographie, questionnaires validés),
  • bilan postural et musculo-squelettique,
  • et examen du plancher pelvien (tonus, force, endurance, coordination, sensibilité — par palpation externe et, si accepté par la patiente, examen vaginal).
Vue d’ensemble des techniques employées

Exemples de techniques :

  • Thérapie manuelle : Massage de Thiele, mobilisations viscérales, libération myofasciale, mobilisations sacro-iliaques et lombaires
  • Neurostimulation : TENS, électrostimulation thérapeutique
  • Biofeedback : EMG périnéal, sondes vaginales
  • Exercice thérapeutique : Gainage profond, exercices d’étirements, de renforcement musculaire, de mobilisation, étirements etc.
  • Désensibilisation : Exposition progressive, dilatateurs vaginaux, auto-massages périnéaux
  • Éducation thérapeutique : hygiène de vie, auto-soins à domicile
  • Autres techniques : Técarthérapie / radiofréquence monopolaire (données préliminaires, 2022)
Le rôle central de l’éducation thérapeutique

La dimension éducative est fondamentale. Le·la kinésithérapeute transmet des exercices de relaxation et de respiration diaphragmatique, enseigne des auto-massages du plancher pelvien, et accompagne le·la patient·e vers une activité physique progressive adaptée (marche, natation, yoga). Cette autonomisation est particulièrement précieuse dans le cadre d’une maladie chronique.

Durée et fréquence du suivi

Il n’existe pas encore de protocole standardisé internationalement validé. Les essais randomisés contrôlés les plus récents suggèrent des parcours de 5 à 20 séances, à raison de 1 à 2 séances par semaine, avec un suivi individualisé. L’association de plusieurs techniques semble supérieure à l’utilisation d’une technique isolée.

Place dans le parcours de soins pluridisciplinaire

La kinésithérapie, comme tous les soins de support, ne s’oppose pas aux traitements conventionnels — elle les complète. Plusieurs instances l’ont intégrée dans leurs recommandations :

  • Le CNGOF et Convergences PP (consensus 2025) recommandent la prise en charge non médicamenteuse, dont la kinésithérapie, dans les douleurs pelviennes chroniques liées à l’endométriose.
  • Le NICE (Royaume-Uni) reconnaît la physiothérapie comme composante du parcours multidisciplinaire.
  • L’ESHRE (guidelines 2022) mentionne les approches complémentaires dont la physiothérapie parmi les options de gestion de la douleur.

La coopération entre entre les différent·es professionnel·les de santé médicaux, para-médicaux et de pratiques non conventionnelles (comme le yoga, la sophrologie etc.) constitue le modèle optimal de prise en charge.

Quand consulter un kinésithérapeute spécialisé en pelvi-périnéologie ?

Une orientation est particulièrement pertinente en cas de : douleurs pelviennes persistantes malgré un traitement médical ou chirurgical, dyspareunies superficielles ou profondes, douleurs lombaires ou sacrées associées, troubles urinaires fonctionnels, troubles digestifs chroniques (constipation, dyschesie), préparation ou récupération post-chirurgie, ou difficultés à reprendre une activité physique (kinésiophobie).

Prescription et remboursement

La prescription est réalisée par tout médecin (généraliste, gynécologue, urologue, algologue, gastroentérologue). En France, les séances de kinésithérapie périnéale prescrites sont remboursées par l’Assurance Maladie dans le cadre d’un parcours de soins coordonné. Il n’y a aucun frais à avancer en cas d’ALD hors liste pour l’endométriose. Si restant à charge il y a, il est souvent pris en charge par les mutuelles.

La prescription doit indiquer la cause (endométriose/adénomyose confirmée ou suspectée), les principaux symptômes, la mention rééducation pelvi-périnéale et si besoin, du rachis et des membres inférieurs (douleurs irradiantes, sciatalgies, pudendalgies associées).

La durée et la fréquence sont définies par le·la kinésithérapeute.

Au-delà du travail manuel du kinésithérapeute, un ensemble de technologies physiques vient aujourd’hui compléter l’arsenal thérapeutique disponible pour les femmes atteintes d’endométriose. Radiofréquence (técarthérapie), endermologie (LPG Cellu M6), vibrations focales, vibrations corporelles globales : chacune de ces approches repose sur des mécanismes d’action distincts, avec des niveaux de preuve variables.

Cet article fait le point sur ces technologies : ce qu’elles sont, comment elles agissent, ce que dit la littérature, et dans quels contextes cliniques elles peuvent être proposées. Il aborde également les outils d’auto-soin à domicile, en particulier la baguette pelvienne vibrante, notamment celle commercialisée par la marque Bivea, qui prolongent la démarche thérapeutique entre les séances.

Principe de fonctionnement

La técarthérapie, également appelée TECAR (Transfert d’Énergie Capacitive et Résistive) ou par le nom des fabricants de machine comme INDIBA®, est un courant électrique de haute fréquence oscillant entre 300 kHz et 1 MHz selon les appareils (448 kHz fixe pour la gamme Indiba, variable pour Winback, Human Tecar, Diacare de Globus, etc.). Il ne s’agit pas d’une électrostimulation musculaire au sens classique, mais d’une stimulation qui agit sur le métabolisme cellulaire en induisant une dépolarisation membranaire qui accélère les échanges intra- et extra-cellulaires.

L’appareil comporte deux types d’électrodes, employées selon la profondeur de tissu visée :

  • L’électrode capacitive (mode CET) travaille principalement sur les tissus superficiels (peau, fascias, muscles sous-cutanés) et génère une légère chaleur en surface.
  • L’électrode résistive (mode RET) pénètre plus en profondeur, jusqu’aux structures péri-viscérales, ligamentaires et osseuses. Le courant traverse les tissus jusqu’à la plaque de retour positionnée sur le patient, ce qui permet d’atteindre des zones profondes difficiles d’accès par les techniques manuelles seules.

Les effets physiologiques recherchés comprennent la vasodilatation locale et l’amélioration de la microcirculation, le travail sur les adhérences et la fibrose (en favorisant la plasticité tissulaire), l’effet analgésique (saturation des nocicepteurs), le relâchement de l’hypertonie musculaire, et la désensibilisation du vestibule vulvaire dans les cas de vulvodynie associée.

Ce que dit la littérature

L’étude de Carralero Martínez et al. (Neurourology and Urodynamics, 2022) est la première étude randomisée contrôlée à avoir évalué la radiofréquence monopolaire capacitive-résistive dans les douleurs pelviennes chroniques. Cette étude a montré une efficacité significative sur la réduction de la douleur pelvienne chronique et une amélioration de la qualité de vie. Ses résultats sont régulièrement cités dans la littérature française par les kinésithérapeutes spécialisés et par les ressources de la filière AFENA.

Une analyse de cette étude, publiée sur le site de l’AFENA (2023), précise que la radiofréquence monopolaire pourrait être particulièrement utile pour les patientes qui ne répondent pas aux traitements médicaux et/ou chirurgicaux, ou qui ne peuvent pas y accéder à court terme.

Sur le site de l’Académie Winback (fabricant d’appareils de técarthérapie), des cas cliniques documentés décrivent des réductions notables de la douleur dès les premières séances chez des patientes atteintes d’endométriose ou d’adénomyose, notamment sur les douleurs abdominales, les symptômes de vessie hyperactive et l’amélioration du sommeil. Ces données restent cependant d’ordre observationnel et ne constituent pas un niveau de preuve élevé.

Une revue de littérature française sur la técarthérapie dans les douleurs périnéales chroniques (Falzon N., DUMAS/CNRS, 2022) souligne honnêtement que la littérature disponible est rare et d’un faible niveau de preuve dans ce domaine spécifique, et que les résultats d’une étude randomisée en double aveugle n’ont pas montré d’impact significatif sur la douleur au repos. Les auteurs nuancent toutefois que les effets sur les douleurs provoquées ou sur les fonctions sexuelles restent à explorer plus rigoureusement.

Applications cliniques dans l’endométriose

En pratique clinique, la técarthérapie est proposée dans l’endométriose pour :

  • Le travail sur les adhérences cicatricielles post-chirurgicales (laparoscopies) en mode CET sur l’abdomen et le périnée
  • Le relâchement de l’hypertonie périnéale en combinaison avec le massage de Thiele ou le biofeedback
  • La décongestion abdominale et la réduction des douleurs de fond entre les cycles
  • La désensibilisation vestibulaire dans les dyspareunies superficielles
  • Le travail en profondeur sur les ligaments utéro-sacrés et les zones d’infiltration (mode RET)

La técarthérapie s’utilise en complément des techniques manuelles et jamais en remplacement du bilan clinique individualisé. Elle est contre-indiquée en cas de grossesse, de dispositifs électroniques implantés (pacemaker), de tumeurs actives ou de zones d’infection active.

Principe de fonctionnement

L’endermologie LPG est une technique de massage mécanisé par aspiration et mobilisation cutanée. L’appareil Cellu M6 Alliance utilise une tête de traitement munie de rouleaux motorisés et d’un système de dépression réglable, permettant un palper-rouler profond, précis et reproductible. Par rapport au palper-rouler manuel, l’endermologie permet de travailler sur des zones étendues sans déclencher de contractures réflexes défensives, et d’accéder à une profondeur fasciale difficile à atteindre manuellement.

Les principaux effets physiologiques documentés de l’endermologie comprennent la stimulation de la circulation vasculaire et lymphatique, la réduction de la fibrose et des adhérences (par mobilisation mécanique des fascias), l’effet analgésique par saturation des nocicepteurs via les nombreuses stimulations mécaniques, la réduction de l’œdème et de l’inflammation locale, la restauration de la trophicité des zones chroniquement dysfonctionnelles, et un effet parasympathique général (relaxation du système nerveux autonome) favorisé par le travail sur des zones réflexes comme le plexus solaire, le sternum ou la base crânienne.

La technique endermologie est reconnue par la HAS comme outil thérapeutique dans plusieurs indications de médecine physique, et son utilisation en rééducation uro-gynécologique et post-chirurgicale est documentée.

Le protocole LPG dédié à l’endométriose

LPG Group a développé un protocole spécifique endométriose (Cellu M6 Alliance) en collaboration avec des kinésithérapeutes spécialisés, dont le témoignage détaillé d’Anne-Sophie Miloszyk est publié sur le blog LPG Medical. Ce protocole est structuré en 4 étapes sur une durée de 40 minutes environ, 2 fois par semaine :

Étape 1 — Réactivation du système parasympathique : travail global sur le dos, les zones réflexes (occipito-cervicale, plexus solaire, sternum) pour réduire l’activation sympathique chronique et restaurer un état de détente favorable au traitement des zones douloureuses. La prise de conscience de la respiration abdomino-diaphragmatique est associée à cette étape.

Étape 2 — Travail sur les zones douloureuses à distance : si l’haptophobie (peur du toucher) est importante, utilisation de la tête Ergolift sur l’abdomen en mode douleur pendant 2 à 5 minutes, pour saturer les nocicepteurs et reprogrammer les sensations tactiles sans déclencher de défense musculaire.

Étape 3 — Travail des grandes zones musculaires et viscérales : abdomen, diaphragme, zones irradiantes lombaires — avec pour objectifs la réactivation de la vascularisation, l’amélioration du transit intestinal, et la réduction de la fibrose.

Étape 4 — Travail des cicatrices (si présentes et non inflammatoires) : palper-rouler ciblé sur les cicatrices de laparoscopie, de cœlioscopie ou de césarienne pour lutter contre les adhérences cicatricielles post-chirurgicales.

Comme le souligne la Fondation pour la Recherche sur l’Endométriose (partenaire mécénat de LPG depuis 2024), l’endermologie permet de traiter les zones douloureuses sans relancer de contractures réflexes, ce qui représente un avantage clinique significatif chez des patientes dont le seuil douloureux est souvent très abaissé.

Niveau de preuve et précautions

Il est important d’être transparent : les preuves cliniques rigoureuses sur l’endermologie spécifiquement dans l’endométriose (étude contrôlée randomisée ECR avec groupe contrôle) restent à ce jour limitées. Les données publiées sont principalement issues de retours d’expérience cliniques, de cas documentés et de données indirectes issues des études sur la LPG dans d’autres indications (fibrose, douleurs chroniques). LPG souligne que la technique endermologie est reconnue efficace sur la douleur, l’œdème, l’inflammation, la fibrose, les adhérences et le stress/sommeil (autant de problématiques centrales dans l’endométriose) mais des ECR dédiés restent nécessaires pour formaliser ces bénéfices.

L’endermologie est contre-indiquée en phase inflammatoire aiguë, en cas de kyste endométriosique récemment rompu, de grossesse, ou de zones de tumeurs actives. Le travail proche des kystes ovariens nécessite une prudence particulière et une mécanisation à distance.

La théorie du portillon et l’analgésie vibratoire

L’effet antalgique des vibrations mécaniques est l’un des plus anciens concepts documentés en neurophysiologie de la douleur. Il repose principalement sur la théorie du portillon (Gate Control Theory) de Melzack et Wall (1965) : les fibres afférentes de grand diamètre Aβ, activées par les stimuli tactiles et vibratoires, exercent une inhibition présynaptique sur les fibres de petit diamètre Aδ et C (conductrices de la douleur) au niveau de la corne dorsale de la moelle épinière — « fermant le portillon » à la transmission douloureuse. C’est le même principe que pour la TENS.

Mais comme le souligne une revue systématique publiée dans European Journal of Physical and Rehabilitation Medicine (Casale et al., 2022), le mécanisme analgésique des vibrations localisées est en réalité plus complexe que la simple théorie du portillon. Les auteurs identifient également des mécanismes supra-spinaux (modulation descendante inhibitrice de la douleur via les voies noradrénergiques et sérotoninergiques), une activation des fibres Ia des fuseaux neuromusculaires favorisant la relaxation musculaire réflexe, et une possible libération d’endorphines endogènes.

La vibration musculaire focale (VMF) dans la douleur pelvienne chronique

La vibration musculaire focale (FMV : Focal Muscle Vibration), appliquée à haute fréquence (généralement 150 Hz) directement sur les muscles ou les zones périnéales cibles, a fait l’objet de travaux spécifiques dans le contexte de la douleur pelvienne chronique.

Une étude pilote publiée dans Brain Sciences (Calabrò et al., 2022, MDPI) a évalué la combinaison de la stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS) et de la VMF à 150 Hz chez 7 femmes atteintes de douleur pelvienne chronique réfractaire, dont certaines avec endométriose. La VMF était délivrée par l’appareil Vibraplus (dispositif pneumatique) sur le périnée, la région sus-pubienne et la région sacrococcygienne, à raison d’une séance quotidienne de 30 minutes pendant 5 jours consécutifs sur 3 semaines. Les auteurs rapportent une amélioration subjective de la douleur (évaluée sur échelle VAS) chez une proportion significative des patientes, maintenue 30 jours après la fin du protocole, sans effet indésirable grave. Les auteurs appellent à des ECR de plus grande envergure pour confirmer ces résultats prometteurs.

Par ailleurs, les vibrations ont également montré une efficacité sur les points gâchettes myofasciaux : une étude publiée dans le World Journal of Yoga, Physical Therapy and Rehabilitation (Gulick et al., 2023) a démontré que les vibrations à haute fréquence étaient aussi efficaces que la compression manuelle ischémique pour réduire la douleur des trigger points myofasciaux, avec l’avantage supplémentaire de réduire la fatigue des mains/pouces du thérapeute.

Les vibrations corporelles globales (WBV : Whole Body Vibration)

Une revue narrative publiée dans PMC (Lemos et al.) a exploré les effets des vibrations corporelles globales (plateaux vibrants) sur les muscles du plancher pelvien. Bien que les données spécifiques à l’endométriose soient absentes, les auteurs rapportent des effets favorables sur la proprioception pelvienne et l’activation des muscles profonds stabilisateurs.

Cette modalité reste expérimentale dans l’endométriose et ne peut pas être recommandée en première intention.

Les bandes de kinésiologie pour soutenir le ventre lorsqu’il est lourd, gonflé et douloureux (Endobelly)

C’est une solution initialement recommandée pour soutenir les femmes enceintes dès les premiers mois de grossesse. Toutefois il existe quelques études pour les dysménorrhées (douleurs de règles). Plusieurs études (notamment des essais contrôlés randomisés, mais sur des groupes restreints) suggèrent que l’application de bandes sur le bas de l’abdomen et la région sacrée (bas du dos) réduit significativement l’intensité de la douleur perçue. Elles indiquent même une possible réduction de la consommation d’antalgiques.

Cette solution vise à soulager les douleurs musculo-squelettiques (douleurs lombaires, pelviennes et ligamentaires) en portant des bandes de kinésiologie adhésives placées sur le ventre selon plusieurs techniques de poses. Cela permet selon ces techniques, de soulager notamment :

  • la sensation désagréable liée à la pesanteur du ventre
  • la pression sur le périnée et sur les abdominaux
  • diminuer les douleurs lombaires et sacro-iliaques.

Les bandes de taping s’achètent en pharmacie, mais on en trouve aussi en grande surface notamment dans les enseignes discount. Faites un test hypoallergénique au préalable sur une petite zone de la peau.

Il est recommandé de faire la première pose avec un kinésithérapeute formé au taping. Il vous indiquera notamment comment appliquer la tension idéale dans la bande. Les bandes peuvent être conservée toute la journée, et résistent également à 1 ou 2 douches.

Voici 3 propositions de placements personnellement expérimentés. Les instructions sont affichées au survol de l’image.

Vous pouvez également utiliser les bandes directement dans le bas du dos pour les douleurs lombaires et sacro-iliaques. Il existe des tutos de placement sur youtube.

Vous pouvez également retrouver les modèles de placement des bandes pour la grossesse, à essayer notamment si votre ventre gonflé est proéminent.

L’embout buccal (sifflet) Winner flow pour renforcement pelvien

C’est un dispositif médical conçu par un kinésithépeute pour l’entrainement et la rééducation abdomino pelvi périnéale. Il permet de renforcer le plancher pelvien et la musculature profonde de l’abdomen.

Le dispositif régule la sortie d’air lorsque vous soufflez dedans,  permettant un flux expiratoire homogène et forcé, important pour travailler efficacement les muscles impliqués dans la respiration et le soutien pelvien.

Cela permet de :

  • Mobiliser le diaphragme et le périnée
  • Renforcer les abdominaux
  • Augmentater l’action musculaire expératoire

Il est possible de reproduire ses effets en soufflant dans son poing plus ou moins fermé.

La baguette pelvienne : un outil conçu par des kinésithérapeutes pour prolonger la thérapie

La baguette pelvienne est un dispositif médical de classe I en silicone médical, conçu pour permettre un auto-massage des muscles profonds du plancher pelvien — en particulier les muscles obturateurs internes et anorectaux — entre les séances de kinésithérapie. Elle s’utilise par voie vaginale ou rectale, selon la zone à traiter.

La marque Bivea, fondée et conseillée par des kinésithérapeutes spécialisés en pelvi-périnéologie, propose plusieurs variantes de cet outil :

  • La baguette classique (modèle violet) est statique et immobile. Elle permet un auto-massage par compression ischémique progressive sur les points gâchettes, selon le principe de la pression soutenue pendant 1 à 2 minutes jusqu’au relâchement musculaire. Son ergonomie lui permet d’atteindre les muscles les plus profonds et difficiles d’accès, notamment l’obturateur interne et les faisceaux postérieurs du levator ani.
  • La baguette vibrante (modèle turquoise) intègre un moteur offrant 10 fréquences de vibration différentes. Les vibrations douces stimulent la circulation sanguine au niveau du plancher pelvien, facilitent le relâchement des points de contracture, et aident à la désensibilisation progressive des zones hyperalgiques. Pour les femmes sensibles au toucher (haptophobie, allodynie mécanique), la vibration peut constituer une première étape de désensibilisation moins invasive que la pression ferme.
  • La baguette chauffante (modèle jaune) utilise la thermothérapie : chauffée à l’eau chaude du robinet ou refroidie au congélateur, elle exploite les effets de la chaleur (relaxation musculaire, vasodilatation) ou du froid (analgésie, réduction de l’inflammation). Elle est présentée par Bivea comme particulièrement adaptée aux personnes sensibles à la thermothérapie ou ayant des maladies inflammatoires comme l’endométriose — avec toutefois une précaution importante : en phase inflammatoire aiguë, la chaleur est contre-indiquée, le froid étant alors préférable.
  • La baguette pliable extra-longue (modèle orange) est conçue pour les morphologies particulières (femmes enceintes, stature élevée, surpoids) pour lesquelles l’accès au périnée sans effort excessif est difficile.
Bases scientifiques sous-tendant l’utilisation de la baguette vibrante

L’effet thérapeutique de la baguette vibrante dans les douleurs pelviennes s’appuie sur plusieurs mécanismes documentés dans la littérature :

Une revue systématique publiée dans Sexual Medicine Reviews (Dubinskaya et al., 2023) — référencée dans PMC — a analysé les données sur l’utilisation thérapeutique de vibrateurs dans les pathologies du plancher pelvien. Les auteurs concluent que ce type de stimulation vibratoire peut aider à désensibiliser progressivement les zones douloureuses, encourager la relaxation des muscles du plancher pelvien et réduire les douleurs liées à la tension musculaire, et améliorer la circulation et la lubrification locale. Une étude publiée dans l’International Urogynecology Journal est également citée pour souligner l’efficacité potentielle de la thérapie vibratoire comme approche non invasive dans les troubles douloureux du plancher pelvien.

Le principe d’action de la vibration douce sur les trigger points rejoint les mécanismes analgésiques décrits plus haut (activation des fibres Aβ, inhibition spinale de la nociception, relaxation réflexe par activation des fuseaux neuromusculaires).

Mode d’utilisation recommandé

Bivea recommande le protocole suivant, conçu en collaboration avec des kinésithérapeutes :

La patiente se positionne en décubitus latéral, genoux pliés, avec un oreiller entre les genoux pour soutenir la jambe supérieure. Elle commence par quelques cycles de respiration abdomino-diaphragmatique (inspiration : ventre qui se gonfle, expiration lente : ventre qui redescend), l’expiration lente favorisant le relâchement réflexe des muscles du plancher pelvien. Elle insère ensuite doucement l’extrémité choisie sur l’expiration, avec lubrifiant à base d’eau. Lorsqu’un point sensible est trouvé, elle applique une pression légère et soutenue (comparable à la pression exercée pour tester la maturité d’un fruit) pendant 1 à 2 minutes, en maintenant la respiration lente. La pression doit provoquer une sensation de tension supportable — jamais une douleur aiguë — et diminuer progressivement au fil des minutes.

Il est également possible d’utiliser la baguette allongée sur le dos, jambes pliées et écartées. En insérant la baguette avec la tête en direction de la cloison recto-vaginale. La baguette peut alors être inclinée sur un plan horaire allant de 3h à 9h (12h indiquant la partie haute de la vulve (clitoris, urètre) et 6h l’anus.

Précautions importantes : l’utilisation de la baguette est recommandée après un premier bilan clinique avec un kinésithérapeute spécialisé en pelvi-périnéologie, qui confirme l’indication (hypertonie, trigger points) et contre-indique éventuellement l’utilisation (phase inflammatoire aiguë post-chirurgicale, infection, lésions actives). La baguette ne se substitue pas aux séances de kinésithérapie mais les complète en favorisant l’autonomie de la patiente entre les rendez-vous. N’hésitez pas à demander à votre kinésithérapeute de vous accompagner pour la première utilisation de la baguette lors d’une séance.

La stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS)

La rTMS n’est pas un outil kinésithérapique mais mérite d’être mentionnée pour son intérêt émergent dans les DOULEURS pelviennes chroniques réfractaires. Utilisée en combinaison avec la vibration musculaire focale dans l’étude de Calabrò et al. (2022) citée plus haut, elle agit sur l’aire motrice supplémentaire (SMA) pour réorganiser les circuits douloureux corticaux. Elle s’adresse aux cas les plus résistants et nécessite un plateau technique hospitalier spécialisé.

La photobiomodulation (laser thérapeutique)

Des données préliminaires suggèrent un intérêt du laser de bas niveau (LLLT) dans les douleurs vulvo-vaginales et les cicatrices périnéales. Son mécanisme repose sur la stimulation des mitochondries cellulaires (réponse photobiomodulante), favorisant la réparation tissulaire et réduisant l’inflammation locale. Les données dans l’endométriose spécifiquement restent très limitées à ce jour.

Les ondes de choc focales (ESWT)

Les ondes de choc extracorporelles focales ont montré des résultats prometteurs dans la vestibulodynie provoquée (Gruenwald et al., J Sex Med, 2021, cité dans la méta-analyse AJOG 2024) — une pathologie fréquemment co-associée à l’endométriose. Leur mécanisme analgésique repose sur la saturation des nocicepteurs, la neuroplasticité locale et l’amélioration de la vascularisation. L’application dans les douleurs pelviennes liées à l’endométriose reste à investiguer par des ECR dédiés.

Il serait malhonnête de présenter toutes ces technologies comme équivalentes en termes de validation scientifique. Si le TENS bénéficie d’ECR publiées dans des revues à comité de lecture, la técarthérapie d’une première étude randomisée positive (2022), et les vibrations focales de données pilotes encourageantes, l’endermologie dans l’endométriose et la baguette vibrante spécifiquement ne disposent pas à ce jour d’ECR dédiés.

Cette transparence est fondamentale pour les patient·es et les professionnel·les. Elle ne signifie pas que ces approches sont inefficaces — les mécanismes d’action sont cohérents et les retours cliniques nombreux — mais qu’elles s’inscrivent actuellement dans une démarche empiriquement guidée, dont la validation rigoureuse par des ECR est attendue.

Le consensus CNGOF & Convergences PP (2025) recommande d’intégrer ces approches dans une démarche pluridisciplinaire, en informant les patientes des niveaux de preuve disponibles et en adaptant les choix thérapeutiques à la présentation clinique individuelle.

Certaines situations nécessitent une prudence particulière ou représentent des contre-indications à l’utilisation de ces technologies :

En cas de phase inflammatoire aiguë (poussée endométriosique, infection), la chaleur (técarthérapie en mode thermique, baguette chauffante) est contre-indiquée. Le froid et le TENS restent envisageables selon les cas. En cas de grossesse, toutes les techniques invasives ou utilisant des courants électriques sont contre-indiquées sans avis médical préalable. En cas de dispositifs médicaux implantés (stimulateur cardiaque, neurostimulateur), la técarthérapie et le TENS sont contre-indiqués. Après une chirurgie récente, le délai de cicatrisation doit être respecté avant toute technique mécanique locale.

La nutrition et l’alimentation

Pendant longtemps, la nutrition n’a pas eu de place officielle dans les recommandations cliniques sur l’endométriose. Ce silence institutionnel commence à se fissurer : une littérature scientifique croissante de revues systématiques, méta-analyses, essais contrôlés randomisés, documente le rôle que peuvent jouer les choix alimentaires dans la modulation de l’inflammation, du stress oxydatif, du climat hormonal et du microbiote intestinal, autant de mécanismes directement impliqués dans la physiopathologie de la maladie.

En France, le diététicien-nutritionniste Fabien Piasco est l’une des figures instigatrices de la prise en charge nutritionnelle pour l’endométriose : son ouvrage L’alimentation anti-endométriose, paru pour la première fois en 2017 et aujourd’hui à sa 7ème édition augmentée (plus de 300 pages et 300 références scientifiques), est devenu la référence francophone incontournable sur le sujet, citée aussi bien par des patient·es que par des professionnel·les de santé. Son approche repose sur un postulat que la science commence à étayer solidement : l’endométriose est entretenue par trois « engrais » : l’inflammation, le stress oxydatif et les déséquilibres hormonaux, et l’alimentation peut agir sur ces trois paramètres simultanément. Toutefois, son approche ne fait pas l’unanimité auprès des professionnel·les de la nutrition et soignant·es.

Cet article fait le point sur l’état actuel des preuves scientifiques, en distinguant ce qui est solidement établi de ce qui reste exploratoire, et en présentant l’approche alimentaire la plus documentées dans l’endométriose : l’alimentation anti-inflammatoire/méditerranéenne, ainsi que les évictions alimentaires apportées par le protocole FODMAP.

L’endométriose, une maladie inflammatoire systémique

L’endométriose n’est pas seulement une maladie gynécologique locale. Elle est aujourd’hui de plus en plus reconnue comme une maladie inflammatoire systémique (Lancet, Taylor et al., 2021 ; Nat Rev Endocrinol, Girling, 2024) dans laquelle les lésions ectopiques entretiennent un environnement péritonéal chroniquement pro-inflammatoire, avec élévation des cytokines (IL-1β, IL-6, TNF-α), des prostaglandines et des espèces réactives de l’oxygène (ROS). Cette inflammation systémique peut être modulée à la hausse comme à la baisse par les choix alimentaires, via plusieurs mécanismes.

L’axe alimentation-inflammation

Certains nutriments et groupes alimentaires ont des propriétés pro-inflammatoires documentées : acides gras saturés et trans, viandes rouges et viandes transformées (augmentent les prostaglandines et les estrogènes circulants), sucres raffinés (activent les voies NF-κB de l’inflammation), alcool et caféine en excès. À l’inverse, les acides gras polyinsaturés oméga-3 (EPA/DHA), les polyphénols, les caroténoïdes, la vitamine E et la curcumine exercent des effets anti-inflammatoires documentés en réduisant la production de prostaglandines et de médiateurs pro-inflammatoires.

Une grande étude de cohorte de 3 410 participantes publiée en 2023 a utilisé le Dietary Inflammatory Index (DII) — score validé mesurant le caractère pro- ou anti-inflammatoire d’un régime alimentaire — et trouvé une corrélation significative entre un score pro-inflammatoire élevé et le risque d’endométriose.

L’axe alimentation-œstrogènes : l’estrobolome

L’endométriose est une maladie hormonodépendante : les œstrogènes stimulent la prolifération des lésions ectopiques. L’alimentation peut moduler le métabolisme œstrogénique à plusieurs niveaux : les fibres alimentaires augmentent l’excrétion fécale des œstrogènes conjugués, réduisant ainsi la réabsorption entérohépatique ; un microbiote intestinal riche et diversifié (notamment en Lactobacillus et Bifidobacterium) régule l’estrobolome — l’ensemble des bactéries capables de déconjuguer les œstrogènes dans l’intestin — et maintient un équilibre hormonal favorable. À l’inverse, une dysbiose intestinale peut majorer la recirculation œstrogénique.

L’axe alimentation-microbiote

Des études récentes (Cell Death Discovery, Chadchan et al., 2023 ; Front Microbiol, Guo & Zhang, 2024) ont mis en évidence que les femmes atteintes d’endométriose présentent souvent une dysbiose intestinale caractéristique, avec une réduction des bactéries productrices de butyrate (un acide gras à chaîne courte anti-inflammatoire) et une augmentation des bactéries pro-inflammatoires. Le concept d’axe intestin-utérus émerge comme un champ de recherche majeur : l’état du microbiote intestinal influencerait la progression des lésions endométriales et l’intensité des symptômes. L’alimentation est le principal modulateur du microbiote.

Le stress oxydatif

Les femmes atteintes d’endométriose présentent des marqueurs de stress oxydatif péritonal et systémique significativement élevés. L’alimentation peut apporter des antioxydants (vitamines C et E, polyphénols, caroténoïdes, sélénium, zinc) qui neutralisent les espèces réactives de l’oxygène et protègent les tissus de leurs effets délétères.

Qu’est-ce que l’alimentation méditerranéenne ?

La diète méditerranéenne est un modèle alimentaire caractérisé par une consommation élevée de légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes, oléagineux, huile d’olive extra vierge, herbes aromatiques et petits poissons gras, une consommation modérée de produits laitiers et de volailles, et une consommation faible de viandes rouges, de charcuteries et de sucres raffinés. Elle est reconnue comme le modèle alimentaire anti-inflammatoire de référence, avec le niveau de preuve le plus élevé toutes pathologies chroniques confondues.

L’alimentation anti-inflammatoire telle que présentée par Fabien Piasco dans son livre va un cran plus loin que la diète méditerranéenne stricte : elle y intègre une attention particulière aux perturbateurs endocriniens environnementaux (bisphénols, phtalates, dioxines, organochlorés), aux phytoestrogènes, et aux polluants bioaccumulables dans certains poissons gras, une dimension toxicologique rarement abordée dans la littérature académique généraliste mais cohérente avec la physiopathologie endocrinienne de la maladie. Elle insiste aussi sur la diminution du gluten et des protéines laitières de manière plus systématique que ce que recommande strictement l’alimentation méditerranéenne.

Ce que dit la littérature scientifique

Étude cas-contrôle iranienne (Scientific Reports, octobre 2025)
Cette étude hospitalière a inclus des femmes diagnostiquées avec endométriose et des témoins sains. Après régression logistique, les femmes présentant une adhérence élevée à la diète méditerranéenne (score MEDI-Lite supérieur à la moyenne) avaient une réduction de 94 % des odds d’endométriose (OR = 0,06 ; IC 95% : 0,02–0,17 ; p < 0,001). Il s’agit de l’une des associations les plus fortes jamais rapportées dans la littérature nutritionnelle sur l’endométriose.

Étude prospective italienne (Int J Mol Sci, MDPI, octobre 2023)
35 femmes avec endométriose ont suivi un protocole d’alimentation méditerranéenne pendant 6 mois, avec évaluation de la douleur par échelle VAS, du profil vitaminique et du stress oxydatif à 0, 3 et 6 mois. Les auteurs rapportent une amélioration significative des scores de douleur et une réduction des marqueurs de stress oxydatif au fil du temps. C’est l’une des rares études prospectives à avoir objectivé le lien entre DM, stress oxydatif et perception douloureuse dans l’endométriose.

Revue systématique (Nutr J, Arab et al., 2022)
Cette méta-analyse des études observationnelles portant sur les groupes alimentaires et le risque d’endométriose conclut que des consommations élevées de fruits, légumes et produits laitiers sont associées à une réduction du risque d’endométriose, tandis que des consommations élevées de viande rouge et de graisses trans sont associées à une augmentation du risque.

Parapluie de revues systématiques (MDPI Foods, 2025, enregistrée PROSPERO CRD42023432971)
Cette « umbrella review » (méta-analyse de méta-analyses) incluant 10 revues systématiques et portant sur PubMed, Scopus, Embase, Web of Science et Cochrane Library jusqu’en septembre 2024 identifie un effet protecteur modeste mais significatif des légumes (RR 0,590), du fromage (OR 0,840), des produits laitiers totaux (RR 0,874) et des produits laitiers à haute teneur en graisses (RR 0,590). Les auteurs soulignent l’hétérogénéité importante des études et classent le niveau de preuve en classe IV (effet réel mais de faible magnitude).

Revue systématique espagnole PRISMA (Nutr Hosp, Zaragoza-Martí et al., 2024)
Portant sur des études publiées entre 2013 et 2023 (bases PubMed, Scopus, Cochrane, Web of Science), cette revue confirme que les modèles alimentaires considérés comme anti-inflammatoires — dont la diète méditerranéenne — pourraient contribuer à la prévention et au traitement de l’endométriose, tout en signalant l’hétérogénéité des méthodologies et l’absence de consensus sur le régime optimal.

Revue narrative (Nutrients, Abulughod et al., 2024 — UNSW Sydney)
Cette revue complète (PubMed, mots-clés : Mediterranean, FODMAP, anti-inflammatory, red meat, omega-3, microbiome, etc.) conclut que plusieurs diètes et nutriments ont montré des résultats prometteurs dans la réduction de la douleur et des symptômes gastro-intestinaux liés à l’endométriose, mais qu’aucune intervention alimentaire unique n’est à ce jour formellement recommandée, et que la nutrition doit s’inscrire dans une approche pluridisciplinaire.

Aliments à privilégier

Les données disponibles orientent vers les recommandations suivantes (niveau de preuve variable, cohérence des données globalement convergente) :

Priorité haute : huile d’olive extra vierge (effet anti-inflammatoire de l’oléocanthal comparable à l’ibuprofène pour des doses importantes — Nature, Beauchamp et al., 2005) ; huile de colza pressée à froid ; petits poissons gras riches en oméga-3 (sardines, maquereaux, hareng, anchois) à raison de 2 à 3 fois par semaine ; légumes colorés (crucifères, épinards, betterave, poivrons) riches en polyphénols et antioxydants ; fruits rouges et agrumes riches en vitamine C ; légumineuses (riches en fibres et protéines végétales) ; oléagineux non salés (noix riches en oméga-3) ; épices anti-inflammatoires (curcuma associé au poivre noir pour optimiser la biodisponibilité de la curcumine, gingembre).

À limiter ou éviter : viandes rouges et charcuteries (maximum 500 g/semaine selon l’OMS, idéalement moins en cas d’endométriose) ; sucres raffinés et produits ultra-transformés ; graisses trans (margarines hydrogénées, produits industriels) ; alcool ; caféine en excès (données conflictuelles, mais Piasco suggère une réduction progressive).

La question du gluten

La relation entre gluten et endométriose est l’une des plus débattues dans la littérature. Fabien Piasco recommande l’éviction du gluten chez les femmes atteintes d’endométriose en privilégiant des sources variées de céréales et de farines pauvres en gluten, s’appuyant entre autre, sur le fait que le gluten peut augmenter la perméabilité intestinale (« leaky gut ») et majorer la charge inflammatoire systémique. Il cite également une étude montrant des résultats plus positifs sur les symptômes de personnes atteintes d’endométriose associant un traitement par diénogest avec une éviction du gluten vs diénogest avec gluten.

La littérature académique est plus nuancée. Une revue critique publiée dans Frontiers in Nutrition (Brouns et al., 2023) et un article de l’AJOG Global Reports (van Haaps et al., 2024) concluent tous deux qu’un régime sans gluten pour les patient·es atteint·es d’endométriose manque à ce jour de preuves suffisantes pour une recommandation générale. La seule étude interventionnelle publiée (Marziali et al., Minerva Chirurgica, 2012) rapportait une réduction de la douleur chez 75 % des femmes après 12 mois de régime sans gluten, mais comportait des limites méthodologiques importantes (absence de groupe contrôle, biais de sélection).

Position raisonnable pour les professionnels : en l’absence de diagnostic de maladie cœliaque ou de sensibilité au gluten non cœliaque (SGNC), un régime sans gluten strict n’est pas formellement recommandable en première intention. En revanche, réduire les produits à base de blé ultra-transformés (pain blanc industriel, viennoiseries, biscuits) est cohérent dans le cadre d’un régime anti-inflammatoire global. Un essai de 3 mois de régime sans gluten, avec évaluation objective des symptômes avant et après, peut être proposé par un professionnel de santé à une patiente motivée.

La question des produits laitiers

Les protéines laitières bovines et en particulier la caséine A1 présente dans le lait de vache standard occidental, font l’objet de préoccupations similaires : elles pourraient entretenir une réponse immuno-inflammatoire chez des sujets prédisposés. Les données scientifiques ici sont encore plus préliminaires que pour le gluten, et la méta-analyse de l’umbrella review (2025) rapporte paradoxalement un effet protecteur modeste des produits laitiers sur le risque d’endométriose (OR 0,874). Cette association pourrait s’expliquer par la richesse des produits laitiers en vitamine D, calcium et protéines anti-inflammatoires. La prudence s’impose donc avant d’indiquer une éviction systématique des produits laitiers.

Par ailleurs, les produits laitiers gras présenteraient des teneurs plus importantes de diverses molécules type perturbateurs endocriniens, de pesticides et hormones.

Les FODMAP : définition et mécanismes

Les FODMAP (Fermentable Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides And Polyols) sont des glucides fermentescibles à chaîne courte, faiblement absorbés dans l’intestin grêle, qui fermentent rapidement dans le côlon en produisant gaz et osmose hydrique. Les principaux FODMAP alimentaires sont : les fructanes (blé, seigle, oignon, ail, poireau, artichauts), les galacto-oligosaccharides (légumineuses), le lactose (produits laitiers), le fructose en excès (miel, certains fruits), et les polyols (édulcorants en -ol, certains fruits à noyau).

Développé dans les années 2000 par le Professeur Peter Gibson et son équipe de Monash University (Melbourne, Australie), le protocole FODMAP low (LFD) vise à identifier le ou les types d’aliments qui seraient mal digéré par une personne, en conséquence d’un ou plusieurs mécanismes (trouble du microbiote, sensibilisation viscérale…), en vue d’en diminuer leur consommation.

Il a initialement démontré son efficacité pour accompagner la prise en charge du syndrome de l’intestin irritable (SII/IBS), avec un taux de réponse de 50 à 70 % dans les méta-analyses. Son extension à l’endométriose est naturelle : 75 % des femmes atteintes d’endométriose rapportent des symptômes gastro-intestinaux significatifs (ballonnements, douleurs abdominales, constipation, diarrhée, dyschesie) qui altèrent leur qualité de vie.

Le mécanisme commun est la hypersensibilité viscérale : les lésions d’endométriose, l’inflammation provoquée, et la douleur qui se chronicise génèrent une sensibilisation du système nerveux entérique et des viscères pelviens, et les FODMAP, en distendant le côlon par fermentation, déclenchent une réponse douloureuse amplifiée chez des femmes déjà hypersensibilisées.

Les données scientifiques clés

ECR EndoFOD (Alimentary Pharmacology & Therapeutics, Monash University, 2025)
C’est à ce jour l’essai contrôlé randomisé le plus rigoureux réalisé spécifiquement sur le protocole FODMAP dans l’endométriose. Il s’agit d’un essai croisé en simple aveugle, contrôlé par alimentation fournie, publié en 2025. 35 femmes avec endométriose confirmée (par laparoscopie et/ou imagerie) et symptômes gastro-intestinaux mal contrôlés ont été randomisées pour suivre pendant 28 jours soit un régime LFD (< 5 g/jour de FODMAPs), soit un régime contrôle (20 g/jour de FODMAPs), puis ont croisé vers l’autre bras après une période de lavage.

Résultats : 60 % des participantes ont répondu au régime LFD avec des améliorations cliniquement significatives de leurs symptômes gastro-intestinaux, contre 26 % dans le groupe contrôle. La sévérité globale des symptômes était 40 % plus basse sous régime LFD que sous régime contrôle. Des améliorations significatives ont également été notées sur la douleur abdominale, les ballonnements et la consistance des selles.

Étude rétrospective (Moore et al., Aust NZ J Obstet Gynaecol, 2017)
Parmi 160 femmes présentant des critères Rome III d’IBS, 36 % avaient une endométriose concomitante. Après 4 semaines de régime LFD, 72 % des femmes ayant endométriose + IBS rapportaient une amélioration de plus de 50 % de leurs symptômes digestifs, contre 49 % des femmes avec IBS seule (p = 0,001 ; OR = 3,11). Cette supériorité chez les femmes avec endométriose est interprétée comme le reflet de la sévérité plus grande de la sensibilisation viscérale dans cette population.

Étude de cohorte prospective néerlandaise (van Haaps et al., Human Reproduction, 2023)
Cette étude prospective a suivi pendant 6 mois des femmes atteintes d’endométriose choisissant entre un régime LFD, un régime « endométriose » (anti-inflammatoire) ou aucun régime (groupe contrôle), avec guidance diététique intensive. Par rapport à leur situation de base, les femmes suivant un régime (LFD ou endométriose) rapportaient significativement moins de dyspareunies profondes non cycliques, de dysuries cycliques, de ballonnements et de fatigue après 6 mois. Aucune différence significative n’a été observée sur les dysménorrhées — résultat cohérent avec la nature organique de ce symptôme.

Étude de cohorte prospective (BMC Women’s Health, 2025)
Cette étude a évalué l’effet du régime LFD chez des femmes atteintes d’endométriose en utilisant le questionnaire validé Groningen-DeFeC. Les résultats sont cohérents avec les études précédentes : amélioration significative de la constipation, des ballonnements, de la douleur abdominale et de la qualité de vie après la phase d’élimination et de réintroduction progressive.

Comment fonctionne le protocole FODMAP ?

Le protocole FODMAP se déroule en trois phases distinctes, idéalement supervisées par un diététicien-nutritionniste formé à la méthode Monash :

Phase 1 — Restriction (2 à 6 semaines) : élimination de l’ensemble des aliments à haute teneur en FODMAPs. Cette phase identifie si les symptômes sont FODMAPs-dépendants. Elle ne doit pas être maintenue à long terme en raison du risque de réduction de la diversité du microbiote intestinal (les fibres FODMAPs sont des prébiotiques importants).

Phase 2 — Réintroduction progressive : réintroduction systématique de chaque famille de FODMAP, une à la fois, sur des intervalles de 3 jours, pour identifier les familles individuellement tolérées ou non. Cette phase est la plus informative et la plus individualisante.

Phase 3 — Personnalisation à long terme : établissement d’un régime personnalisé évitant/réduisant spécifiquement les familles mal tolérées, tout en réintroduisant les aliments bien tolérés pour préserver la diversité alimentaire et le microbiote.

Un point critique souvent méconnu : le régime LFD strict est transitoire ! la phase 1 ne devrait pas excéder 6 semaines. La restriction prolongée de l’ensemble des FODMAPs réduit les bactéries bénéfiques productrices de butyrate et peut aggraver la dysbiose intestinale, paradoxalement néfaste dans l’endométriose.

FODMAP et microbiote : une tension à gérer

Un point de vigilance important est soulevé par la revue de Brouns et al. (Frontiers in Nutrition, 2023) : le régime FODMAP réduit l’apport en fructanes (présents dans le blé, l’oignon, l’ail) qui sont d’importants prébiotiques. Une restriction prolongée peut réduire l’épaisseur du mucus intestinal, altérer la barrière intestinale et diminuer les populations bactériennes anti-inflammatoires. Cette tension entre soulagement des symptômes et santé du microbiote à long terme plaide encore davantage pour un protocole FODMAP structuré en 3 phases, accompagné par un·e professionnel·le.

Oméga-3 (EPA/DHA)

Les oméga-3 sont les nutriments les mieux documentés dans l’endométriose. Ils inhibent la production de prostaglandines PGE2 et leucotriènes pro-inflammatoires, et favorisent la synthèse de résolvines et protectines aux propriétés résolutives de l’inflammation. Plusieurs études observationnelles associent une consommation élevée de poissons gras à une réduction du risque d’endométriose et à une diminution des dysménorrhées. La méta-analyse de Meneghetti et al. (Reprod Sci, 2024) portant sur des ECR identifie les agents anti-inflammatoires (combinaison incluant huile de poisson) comme les suppléments montrant les résultats les plus favorables sur la douleur pelvienne.

Une revue critique (Brouns et al., 2023) rappelle cependant que les données issues d’études animales ne se transposent pas toujours aisément à l’humain, et que les essais d’intervention spécifiques aux oméga-3 dans l’endométriose restent limités en nombre et en qualité.

Recommandation pratique : 2 à 3 portions hebdomadaires de poissons gras petits et sauvages (sardines, maquereaux, anchois, harengs — moins bioaccumulés en métaux lourds que le saumon d’élevage) ; complément alimentaire d’oméga-3 (EPA+DHA, 1 à 2 g/jour) discuté avec un·e professionnel·le de santé, notamment en cas de régime pauvre en poissons.

Vitamine D

Les personnes atteintes d’endométriose présentent plus fréquemment une carence en vitamine D que la population générale, comme le documentent une revue systématique (Hormones, Kalaitzopoulos et al., 2020) et une étude NHANES (PLOS ONE, Xie et al., 2024). La vitamine D exerce des effets immuno-modulateurs, anti-prolifératifs et anti-angiogéniques susceptibles de limiter la progression des lésions endométriales. La supplémentation en vitamine D a montré des bénéfices sur les symptômes douloureux dans certaines études (Gynecol Endocrinol, 2021).

Recommandation pratique : dosage de la 25-OH vitamine D sérique chez toutes les patientes atteintes d’endométriose ; supplémentation adaptée en cas de carence (< 30 ng/mL) selon les recommandations du médecin traitant.

Antioxydants (vitamines C et E, curcumine, resvératrol)

Une méta-analyse (Reprod Biol Endocrinol, Zheng et al., 2023) portant sur les essais randomisés de supplémentation en vitamines antioxydantes rapporte une réduction significative de la douleur pelvienne liée à l’endométriose, l’association vitamines C + E montrant les effets les plus constants. La curcumine (pigment actif du curcuma) a démontré des propriétés anti-prolifératives sur les cellules endométriales in vitro et dans des modèles animaux, mais les ECR chez l’humain sont encore peu nombreux. Le resvératrol (polyphénol des raisins) a montré des effets anti-estrogéniques et anti-angiogéniques dans des études préliminaires.

La méta-analyse de Meneghetti et al. (2024), portant spécifiquement sur des ECR, note toutefois une hétérogénéité importante entre études et souligne que 9 ECR ne montrent pas de différence significative entre suppléments antioxydants et placebo sur les critères de douleur, dysménorrhée et dyspareunie, tandis qu’une autre méta-analyse rapporte un bénéfice significatif sur la douleur pelvienne, particulièrement pour les patientes de plus de 32 ans, avec une maladie de stade III-IV et après plus de 8 semaines de supplémentation.

Magnésium et fer

Le magnésium a des propriétés myorelaxantes et participe à la régulation de la douleur ; une carence fréquente dans la population générale peut aggraver les crampes menstruelles. Le fer mérite une attention particulière : une étude de cohorte (Womens Health Issues, Gete et al., 2024) a documenté un risque accru de carence en fer chez les femmes atteintes d’endométriose, en lien avec les saignements menstruels abondants. Le suivi de la NFS et de la ferritinémie fait partie intégrante du suivi nutritionnel.

Il serait incomplet de parler de nutrition et d’endométriose en France sans situer précisément le rôle de Fabien Piasco. Son ouvrage L’alimentation anti-endométriose, à sa 7ème édition en 2024, est structuré à plusieurs niveaux de lecture (conseils pratiques, explications techniques, données scientifiques pointues), ce qui le rend accessible aussi bien aux patient·es qu’aux professionnel·les. Comme Piasco lui-même le souligne dans ses interviews, il y a souvent un décalage temporel entre ce que disent les études scientifiques et ce qui est officiellement recommandé en clinique, il explique que son travail consiste précisément à combler ce fossé en s’appuyant sur les études disponibles. Néanmoins certaines des études qu’il cite, manque de puissance méthodologique et statistique.

Sa démarche est cohérente avec ce que l’on pourrait appeler la « nutrition fonctionnelle de précision » : il ne s’agit pas de proposer un régime uniforme à toutes les femmes, mais d’identifier les mécanismes physiopathologiques de la maladie et d’adapter les conseils alimentaires à ces mécanismes. Cela inclut des dimensions que la recherche académique conventionnelle aborde peu : les perturbateurs endocriniens alimentaires et environnementaux (bisphénols dans les emballages plastiques, pesticides dans les aliments non bio, dioxines dans certains poissons gras de grande taille), qui peuvent mimer ou amplifier l’action des œstrogènes et aggraver la maladie.

Cette approche est cohérente et préventive, même si le niveau de preuve direct sur certaines recommandations (éviction du gluten chez tous·tes les patient·es, impact des perturbateurs endocriniens spécifiquement sur la progression de l’endométriose) reste limité par l’absence d’ECR dédiés. L’honnêteté intellectuelle de Piasco qui précise dans ses ouvrages écrire « en l’absence de recommandations officielles, voilà ce que dit la science », est à souligner.

La revue de Springer Nature (Curr Obes Rep, 2025) insiste sur la nécessité d’une approche de nutrition médicale de précision, prenant en compte le profil génétique, le microbiote, le métabolisme individuel et les comorbidités (surpoids, résistance à l’insuline, SOPK associé) pour définir le meilleur modèle alimentaire pour chaque patient·e. Les auteur·ices recommandent l’intégration systématique d’un·e nutritionniste clinicien·ne dans l’équipe pluridisciplinaire de prise en charge de l’endométriose.

En pratique, plusieurs pièges sont à éviter sans accompagnement professionnel :

  • le protocole FODMAP n’est pas un régime, la phase 1 ne doit pas être maintenue (risque de dysbiose),
  • la supplémentation en antioxydants sans bilan préalable (risque d’excès de certains nutriments),
  • les régimes trop restrictifs induisant des carences (fer, oméga-3, vitamine D, magnésium),
  • les évictions systématiques (gluten, lactose …),
  • et la culpabilisation alimentaire, particulièrement nocive dans le contexte d’une maladie chronique déjà source de souffrance et d’isolement.

La littérature scientifique dans ce domaine présente des lacunes :

  • La majorité des études disponibles sont observationnelles (cas-contrôle, cohortes), permettant d’établir des associations mais non des causalités.
  • Les études contrôlées randomisées dans l’endométriose sont peu nombreuses, souvent de petit effectif, hétérogènes dans leurs protocoles.
  • Il n’existe pas encore de consensus clinique officiel intégrant des recommandations nutritionnelles spécifiques dans les guidelines de l’ESHRE ou de la HAS.
  • L’alimentation optimale n’est pas identifiée, et les études comparant directement différentes approches alimentaires sont quasi absentes.
  • Enfin, la plupart des études portent sur des marqueurs biochimiques ou des symptômes auto-rapportés, rarement sur des critères objectifs d’évolution lésionnelle.

Ces limites ne signifient pas que la nutrition est sans effet, elles signifient que la recherche doit se structurer davantage, et que les recommandations doivent être formulées avec une honnêteté sur les niveaux de preuve.

Il est possible de consulter des diététicien·nes nutritionnistes sans avoir à passer par le médecin traitant. Bien que les consultations ne soient pas remboursées par la sécurité sociale, la plupart des mutuelles proposent désormais des forfaits annuels de remboursement.

Le titre de diététicien-nutritionniste est protégé en France. Pour en savoir plus sur les professions réglementées et non réglementées, consultez la page dédiée.

La psychologie et psychothérapie

L’endométriose n’est pas « seulement » une maladie physique. Elle est aussi, pour des millions de personnes, une expérience psychologiquement dévastatrice : des années de douleurs minimisées, une identité remaniée, une vie sexuelle perturbée, une fertilité incertaine, une fatigue que personne ne voit. Il n’est donc pas étonnant que la littérature scientifique documente de manière cohérente une prévalence significativement élevée de troubles anxieux, dépressifs et post-traumatiques chez les personnes atteintes d’endométriose, comparativement à la population générale.

La réponse à cette réalité ne peut pas être uniquement pharmacologique ou chirurgicale. La prise en charge psychologique et psychothérapeutique représente un pilier complémentaire essentiel à la fois pour :

  • réduire la souffrance émotionnelle,
  • pour agir sur la perception de la douleur chronique,
  • et pour prévenir l’installation de comorbidités psychiatriques durables.

Cet article fait le point sur ce que dit la recherche scientifique sur les interventions psychologiques dans l’endométriose, sur les principales modalités disponibles en France, et sur les conditions pratiques d’accès et de remboursement.

Note de renvoi : Les causes et mécanismes des souffrances psychologiques dans le parcours de l’endométriose font l’objet d’un d’une page dédiée.

Prévalence de l’anxiété et de la dépression

Toutes les revues systématiques publiées ces dernières années convergent vers le même constat : les personnes atteintes d’endométriose présentent des taux d’anxiété et de dépression significativement supérieurs à la population générale.

Une méta-analyse publiée dans les Archives of Medical Science en 2025, portant sur des études menées en Autriche, Croatie, Suède, États-Unis, Taïwan, Hongrie, Danemark et Italie, avec des effectifs allant de 62 à plus de 850 000 participantes, conclut que toutes les études incluses retrouvent un taux plus élevé de dépression et d’anxiété chez les femmes atteintes d’endométriose. Les auteurs soulignent que ces données renforcent la nécessité d’une approche interdisciplinaire dans laquelle l’évaluation et le traitement de la santé mentale doivent être intégrés, en plus de la prise en charge de la douleur et des traitements pharmacologiques.

Une revue systématique antérieure de van Barneveld et al. (J Women’s Health, 2022), portant sur 47 articles sélectionnés à partir de quatre bases de données (Embase, PubMed, Web of Science, PsycINFO), confirme l’association entre endométriose et troubles dépressifs et anxieux, et identifie la douleur chronique comme le principal facteur médiateur, mais pas le seul : l’infertilité, le délai diagnostique, le retentissement socioprofessionnel et la qualité des soins reçus contribuent indépendamment à la souffrance psychologique.

Une méta-analyse sur le stress psychologique (première du genre sur ce sujet), incluant 15 études totalisant 4 619 femmes atteintes d’endométriose, rapporte une prévalence de stress de niveau modéré à élevé de 68 % (IC 95 % : 57 %–79 %), avec une relation positive entre le stade de l’endométriose et l’intensité du stress.

Ces données ne signifient pas que la souffrance psychologique est inévitable ni que toutes les femmes atteintes d’endométriose développeront un trouble psychiatrique. Elles signifient que la surveillance et le soutien psychologique doivent être systématiquement proposés, et non laissés à l’initiative des patientes.

L’endométriose peut générer des expériences traumatiques

Outre les expériences traumatiques antérieures, notamment vécues dans l’enfance, la dimension traumatique de l’endométriose est encore peu formalisée dans la littérature dédiée à cette maladie, mais elle est cliniquement réelle et de mieux en mieux reconnue.
Plusieurs types d’événements potentiellement traumatiques peuvent s’y accumuler : des années de douleurs non reconnues et de diagnostic refusé ou retardé, des examens médicaux vécus comme intrusifs ou douloureux (touchers vaginaux non préparés, imageries et hystéroscopies douloureuses etc), des chirurgies répétées, des annonces diagnostiques maladroites, des violences obstétricales ou gynécologiques, des ruptures relationnelles liées à la maladie, deuil périnatal ou infertilité. Ces expériences peuvent engendrer des symptômes de stress post-traumatique (SSPT) (hypervigilance, évitement, intrusions mnésiques) dont le traitement relève spécifiquement de la psychothérapie centrée sur le trauma.

La régulation émotionnelle comme variable clé

Une revue systématique et méta-analyse publiée dans le Journal of Psychosomatic Research (2025, PROSPERO CRD42023427936) a analysé 16 études portant sur 3 687 femmes atteintes d’endométriose pour explorer la relation entre les stratégies de régulation émotionnelle, la douleur, la dépression et la qualité de vie. Les résultats sont convergents : les stratégies adaptatives de régulation émotionnelle (acceptation, pleine conscience, auto-compassion) sont associées à de meilleurs résultats sur tous les critères, tandis que les stratégies maladaptatives (rumination, catastrophisme) sont associées à une douleur plus intense, plus de dépression et une qualité de vie plus dégradée. L’âge modère cette association : la régulation émotionnelle a un impact particulièrement significatif sur la qualité de vie chez les femmes plus jeunes. Ces données plaident directement pour des interventions psychologiques ciblant les stratégies de régulation émotionnelle — comme la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) ou la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (MBCT).

La méta-analyse de référence (Del Pino-Sedeño et al., Frontiers in Psychology, 2024)

C’est à ce jour la revue systématique avec méta-analyse la plus complète et la plus récente consacrée spécifiquement aux interventions psychologiques dans l’endométriose. Publiée en octobre 2024, elle a été réalisée par une équipe de l’Institut Canarès de Recherche en Santé (Espagne) et porte sur 7 ECR incluant 757 participantes, avec consultation des bases PubMed, PsycINFO, Embase, Cochrane, CINAHL et Web of Science. Les résultats quantitatifs sont les suivants :

  • Dyspareunies : réduction significative (SMD : -0,54 ; IC 95 % : -0,86, -0,22)
  • Dyschesie : réduction significative (MD : -2,90 ; IC 95 % : -4,55, -1,26)
  • Santé mentale globale : amélioration significative (SMD : 0,70 ; IC 95 % : 0,42, 0,99)
  • Anxiété-trait : réduction large et significative (MD : -6,63 ; IC 95 % : -8,27, -4,99)
  • Dépression : réduction significative (MD : -2,49 ; IC 95 % : -3,20, -1,79)
  • Anxiété-état : réduction probable (MD : -9,72 ; IC 95 % : -13,11, -6,33)
  • Douleur pelvienne : réduction probable mais légère

Les auteurs concluent que les interventions psychologiques réduisent la dyspareunie et la dyschesie, améliorent la santé mentale et réduisent de manière importante l’anxiété et la dépression. Les effets sur la douleur pelvienne stricto sensu sont plus modestes et incertains. Ils soulignent également que la majorité des études incluses présente un risque de biais élevé ou des préoccupations méthodologiques, ce qui limite la certitude des conclusions.

L’ECR danois MY-ENDO (Hansen et al., Quality of Life Research, 2023)

Cet essai contrôlé randomisé à trois bras, multicentrique, inclut 58 femmes atteintes d’endométriose avec douleur pelvienne sévère (≥ 5/10). Les participantes sont randomisées dans trois groupes : (1) une intervention psychologique spécifique fondée sur la pleine conscience et l’acceptation (MY-ENDO), (2) une intervention psychologique non spécifique, et (3) un groupe liste d’attente. L’intervention MY-ENDO combine des éléments de Mindfulness Based Stress Reduction (MBSR) et d’ACT, spécifiquement adaptés à l’endométriose, avec devoirs à domicile hebdomadaires sur 10 semaines et un agenda de la douleur sur 12 semaines.

Résultats : comparativement au groupe liste d’attente, aucune des deux interventions psychologiques ne réduit significativement la douleur pelvienne. En revanche, les deux groupes d’intervention montrent une amélioration significative de la qualité de vie liée à l’endométriose et de l’acceptation de la douleur, des gains cliniquement pertinents pour des femmes dont la douleur reste présente mais moins envahissante.

Ce résultat est précieux dans sa nuance : il suggère que la psychothérapie n’agit pas principalement en réduisant l’intensité de la douleur organique dans l’endométriose (qui dépend avant tout des lésions et de leur prise en charge médicale), mais en améliorant la capacité à vivre avec une douleur persistante, ce qui est en soi un objectif thérapeutique majeur et distinct.

Autres essais cliniques identifiés

Cinq autres ECR sont inclus dans la méta-analyse de Del Pino-Sedeño et al. (2024) : les études de Farshi et al. (2020), Meissner et al. (2016), Moreira et al. (2022), Tajik et al. (2022) et Zhao et al. (2012). Ces études testent diverses modalités( relaxation musculaire progressive de Jacobson, TCC, interventions psychoéducatives, hypnose) avec des résultats globalement positifs sur l’anxiété, la dépression et la qualité de vie, mais des risques de biais variables. Ils démontrent collectivement que plusieurs approches psychothérapeutiques peuvent avoir un impact mesurable sur la santé psychologique des femmes atteintes d’endométriose.

La thérapie cognitive et comportementale (TCC)

La TCC est la modalité psychothérapeutique la plus étudiée dans la douleur chronique, toutes pathologies confondues. Son application à l’endométriose repose sur plusieurs mécanismes :

Elle travaille sur les cognitions catastrophisantes : « ma douleur va toujours s’aggraver », « je ne peux rien faire contre ça », « je suis définie par ma maladie », qui entretiennent et amplifient la souffrance au-delà de l’intensité nociceptive réelle. Elle améliore les stratégies de coping (d’adaptation) actives (résolution de problèmes, activation comportementale, gestion du sommeil) et réduit les comportements d’évitement qui aggravent l’isolement et la kinésiophobie. Elle traite les troubles anxieux et dépressifs comorbides selon des protocoles validés (protocole pour le trouble anxieux généralisé, pour les épisodes dépressifs caractérisés).

Dans la méta-analyse de Del Pino-Sedeño et al. (2024), la TCC est l’une des approches identifiées comme bénéfiques pour les patientes atteintes d’endométriose. Des revues antérieures (Donatti et al., 2022 ; Samami et al., 2023) confirment que la TCC améliore les niveaux de douleur dans cette population.

Niveau de preuve dans l’endométriose : modéré, en cours de consolidation par de nouveaux ECR.

La thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT)

L’ACT est une thérapie de troisième vague qui vise à développer la flexibilité psychologique : la capacité à vivre pleinement une vie orientée par ses valeurs, même en présence de douleur, de pensées difficiles ou d’émotions douloureuses. Elle s’appuie sur six processus clés : acceptation, défusion cognitive, présence au moment présent, soi observateur, identification des valeurs et engagement dans l’action, qui sont particulièrement pertinents dans le contexte d’une maladie chronique incurable.

Dans le domaine de la douleur chronique en général, l’ACT dispose d’une base de preuves solide : une méta-analyse publiée dans le Journal of Pain (Martinez-Calderon et al., 2024) porte sur 9 revues systématiques comprenant 84 méta-analyses d’ECR, et conclut qu’au terme du traitement, l’ACT réduit de manière significative les symptômes dépressifs et anxieux, l’inflexibilité psychologique et la catastrophisation de la douleur, et améliore la pleine conscience, l’acceptation de la douleur et la flexibilité psychologique.

Spécifiquement dans l’endométriose, l’ECR MY-ENDO (Hansen et al., 2023) intègre des éléments d’ACT dans son intervention, avec une amélioration de l’acceptation de la douleur et de la qualité de vie. La méta-analyse de Del Pino-Sedeño et al. (2024) cite l’ACT parmi les approches ayant montré des bénéfices sur la douleur dans l’endométriose (Van Niekerk et al., 2019). La revue systématique sur la régulation émotionnelle (2025) confirme indirectement la pertinence de l’ACT en montrant que l’acceptation — processus central de cette thérapie — est le prédicteur le plus solide de qualité de vie dans l’endométriose.

Niveau de preuve dans l’endométriose : modéré, particulièrement pertinent pour l’amélioration de la qualité de vie et l’acceptation de la douleur.

Les interventions basées sur la pleine conscience (MBSR/MBCT)

La Mindfulness-Based Stress Reduction (MBSR), développée par Jon Kabat-Zinn dans les années 1970 à l’Université du Massachusetts, et la Mindfulness-Based Cognitive Therapy (MBCT), qui intègre des éléments de TCC, sont deux programmes structurés en groupe (8 semaines, 2 heures par séance, pratique quotidienne à domicile) dont l’efficacité est documentée dans la douleur chronique, les troubles anxieux, la dépression récurrente et les maladies inflammatoires chroniques.

Dans l’endométriose, les méta-analyses de Samami et al. (2023) et Van Niekerk et al. (2019) identifient les interventions basées sur la pleine conscience comme bénéfiques sur la douleur et la qualité de vie. L’ECR MY-ENDO combine MBSR et ACT avec des résultats positifs sur la qualité de vie et l’acceptation. La revue systématique de Del Pino-Sedeño et al. (2024) souligne que les MBI « réduisent l’intensité de la douleur chez les personnes souffrant de douleur chronique et sont recommandées dans le cadre d’une approche multidisciplinaire pour la douleur pelvienne chronique chez les femmes. »

Niveau de preuve dans l’endométriose : modéré sur la qualité de vie et la gestion émotionnelle ; données moins solides sur la réduction de la douleur organique.

La psychoéducation

La psychoéducation est une modalité d’intervention et non une psychothérapie en elle même. Elle peut être réalisée par différent·es professionnel·les du soin, dont certains patient·es partenaires. L’objectif est de transmettre aux patient·es des informations structurées sur leur maladie, les mécanismes de la douleur chronique, le lien corps-esprit, les ressources disponibles et est souvent un préalable ou un composant des autres interventions.

Samami et al. (2023) l’identifient comme bénéfique sur la douleur dans l’endométriose. Elle est particulièrement pertinente dans le contexte de l’endométriose car elle combat l’isolement et la honte liés aux symptômes, corrige les croyances erronées sur la maladie (notamment l’idée que la douleur est « normale » ou qu’il faut l’endurer), et améliore l’auto-efficacité perçue.

La psychoéducation peut s’inscrire dans le cadre d’une thérapie individuelle ou de groupe, d’un programme d’ETP, d’ateliers isolés ou s’appuyer sur des supports numériques ou des interventions en ligne (comme via ce site).

L’EMDR pour les vécus traumatiques

L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est une psychothérapie développée par Francine Shapiro en 1989, initialement pour le traitement du PTSD. Elle est aujourd’hui recommandée en première ligne par l’OMS (2013), le NICE britannique (2018), l’ISTSS (2018) et les Départements américains des Anciens Combattants et de la Défense (VA/DoD, 2023) pour le traitement du trouble de stress post-traumatique. Une revue systématique bayésienne publiée dans le British Journal of Psychology (2025) portant sur 29 ECR confirme l’efficacité de l’EMDR dans le PTSD, avec une efficacité comparable à la TCC centrée sur le trauma (TF-CBT) et un rapport coût-efficacité supérieur selon la modélisation économique incluse.

Dans le contexte de l’endométriose, l’EMDR n’a pas encore fait l’objet d’ECR dédiés. Cependant, son utilisation est cliniquement justifiée lorsque la patiente présente des symptômes de stress post-traumatique liés à son parcours de vie ou de soins et les données sur l’EMDR dans les douleurs chroniques en général sont encourageantes. Une étude pilote publiée dans Frontiers in Psychology (Vock et al., 2024) évalue l’EMDR en groupe chez des patients avec douleur chronique et comorbidités traumatiques : les auteurs rapportent que l’EMDR de groupe représente « une approche sécuritaire et faisable » dans ce contexte, avec des améliorations observées sur les symptômes de PTSD et sur la perception de la douleur. Ils soulignent que « les patients avec douleur chronique sévère et histoire de trauma posent un défi clinique significatif, car beaucoup d’interventions psychologiques pour la douleur n’adressent pas adéquatement le trauma et les symptômes post-traumatiques. »

L’EMDR peut donc être particulièrement indiqué chez les femmes atteintes d’endométriose qui présentent des flashbacks ou reviviscences liés à des examens médicaux douloureux, des chirurgies, des annonces traumatiques, des violences gynécologiques, ou un vécu d’abus sexuel antérieur réactivé par la maladie.

Niveau de preuve dans l’endométriose : faible (pas d’ECR dédié), mais fort dans les pathologies avec trauma et douleur chronique. Indication clinique bien définie.

La relaxation musculaire progressive et les techniques de régulation du système nerveux autonome

La relaxation musculaire progressive de Jacobson (contraction-relâchement des groupes musculaires), la cohérence cardiaque, le biofeedback de variabilité cardiaque et les techniques de respiration profonde constituent des outils complémentaires bien tolérés. Leurs effets antalgiques reposent sur l’activation du système nerveux parasympathique (contre-régulation de l’activation sympathique chronique entretenue par la douleur et l’anxiété) et sur la réduction du tonus musculaire global. La revue de Del Pino-Sedeño et al. (2024) note que la relaxation musculaire progressive de Jacobson « s’est révélée efficace pour réduire le stress, l’anxiété et la dépression chez les adultes ainsi que dans la douleur chronique. »

Ces techniques ont l’avantage de pouvoir être apprises en consultation et pratiquées en autonomie à domicile quotidiennement ce qui est un atout précieux dans la gestion d’une maladie chronique.

L’hypnose et l’hypnothérapie médicale

L’hypnose médicale a montré des résultats intéressants dans la gestion de la douleur chronique, notamment dans le cadre de l’endométriose. L’étude de Meissner et al. (2016), l’une des rares études de bonne qualité dans ce domaine, figure parmi les ECR inclus dans la méta-analyse de 2024. Les mécanismes d’action reposent sur la modification de l’expérience subjective de la douleur (dissociation de la composante affective et de la composante sensorielle) et la réduction de l’hypervigilance douloureuse. En France, l’hypnose médicale est pratiquée par des médecins, psychologues et infirmiers formés spécifiquement.

L’endométriose est une maladie chronique complexe qui ne peut être appréhendée à travers le seul prisme biologique. Le modèle biopsychosocial, développé par Engel (1977) et largement adopté en médecine de la douleur chronique, reconnaît que la maladie est le produit d’une interaction dynamique entre des facteurs biologiques (lésions, inflammation, sensibilisation centrale), psychologiques (histoire personnelle, régulation émotionnelle, croyances sur la douleur, comorbidités psychiatriques) et sociaux (relations, travail, accès aux soins, vécu du genre).

Le consensus CNGOF & Convergences PP (2025), établi par 108 experts français, et les guidelines ESHRE (2022) s’accordent à recommander une approche pluridisciplinaire dans laquelle le soutien psychologique a toute sa place, non pas comme alternative aux traitements médicaux et chirurgicaux, mais en complément indispensable.

En pratique, la psychothérapie est particulièrement indiquée dans les situations suivantes : symptômes anxieux ou dépressifs persistants associés à la maladie, signes de stress post-traumatique liés au parcours de soins, catastrophisation de la douleur (surestimation de son incontrôlabilité et de ses conséquences), après une chirurgie pour soutenir la récupération et la réappropriation corporelle, lors des périodes de déstabilisation (récidive, rechute, infertilité), et lorsque la douleur persiste malgré un traitement médical optimal.

Psychologues cliniciens en libéral

En France, le titre de psychologue est protégé par la loi et réservé aux titulaires d’un master 2 en psychologie (5 années d’études minimum). Les psychologues cliniciens pratiquent la psychothérapie selon diverses approches (TCC, ACT, approche psychodynamique, EMDR, gestalt, etc.) selon leur formation spécifique. Il est important pour les patient·es de s’assurer que le·la psychologue consulté·e est formé·e à une ou plusieurs des approches validées scientifiquement pour la douleur chronique et le trauma.

Depuis juin 2024, le dispositif « Mon soutien psy » (Ministère de la Santé) permet à toute personne âgée de 3 ans et plus de bénéficier du remboursement par l’Assurance Maladie de jusqu’à 12 séances par année civile chez un psychologue conventionné, sans obligation de passer d’abord par un médecin. Le tarif est fixé à 50 euros par séance, remboursé à 60 % par l’Assurance Maladie (soit 30 euros) et à 40 % par les complémentaires santé responsables (qui couvrent 95 % des assurés), permettant un accès intégralement pris en charge pour la grande majorité des assurées. Ce dispositif est accessible directement sur le site monsoutienpsy.sante.gouv.fr.

Cette évolution majeure du dispositif (accès direct sans prescription depuis juin 2024) représente une réelle avancée pour les patient·es atteint·es d’endométriose, souvent épuisé·es par de multiples rendez-vous médicaux.

Limites du dispositif : il est destiné aux souffrances psychiques d’intensité légère à modérée. En cas de troubles plus sévères comme un épisode dépressif caractérisé majeur, PTSD complexe, idées suicidaires, une orientation vers un psychiatre ou un centre médico-psychologique (CMP) est nécessaire, le cas échéant en complément d’une psychothérapie.

Centres médicaux de la douleur et structures pluridisciplinaires spécialisées en endométriose

Les Centres d’Étude et de Traitement de la Douleur (CETD) proposent une prise en charge pluridisciplinaire incluant un soutien psychologique intégré, parfois sous forme de thérapie de groupe, de programmes d’éducation thérapeutique ou de séances individuelles. Ces centres sont accessibles sur prescription médicale dans le cadre du parcours de soins.

Les centres experts en endométriose intègrent de plus en plus des psychologues dans leurs équipes pluridisciplinaires, conformément aux recommandations des guidelines ESHRE (2022) et du consensus CNGOF (2025).

Centres médico-psychologiques (CMP) et psychiatrie

Lorsque la souffrance psychologique est sévère, chronique ou résistante, une orientation vers un psychiatre est indispensable, en particulier pour évaluer et traiter un épisode dépressif caractérisé ou un PTSD nécessitant une pharmacothérapie associée. Les CMP (Centres Médico-Psychologiques) proposent une prise en charge gratuite et sans avance de frais, avec des psychologues, psychiatres et infirmiers spécialisés en santé mentale. Ils sont accessibles sur orientation médicale ou en accès direct, avec cependant des délais d’attente variables selon les territoires.

Groupes de parole et soutien associatif

Les associations de patient·es proposent des groupes de parole, des échanges entre paires, des ressources psychologiques et des listes de professionnel·les de santé sensibilisé·es. Si ces espaces ne remplacent pas une psychothérapie individuelle, ils constituent un soutien précieux qui réduit l’isolement, valide les vécus des patient·es et favorise le développement de compétences d’auto-soin.

Le psychologue « endométriose-aware » : comment le trouver ?

Tous·tes les psychothérapeutes ne sont pas également préparé·es à accompagner les personnes atteintes d’endométriose. Les patient·es peuvent orienter leur recherche vers des professionnel·les formé·es à la douleur chronique et/ou au trauma, à l’aide des les listes des associations de patient·es, les annuaires spécialisés (PsyFrance, Doctolib avec filtres « douleur chronique » ou « traumatisme »), les réseaux de centres experts, et le réseau Mon soutien psy (monsoutienpsy.sante.gouv.fr) qui liste les psychologues conventionnés par département.

La littérature sur les interventions psychologiques dans l’endométriose reste encore modeste et hétérogène. Les principaux manques identifiés dans la méta-analyse de Del Pino-Sedeño et al. (2024) sont les suivants : peu d’ECR disponibles (seulement 7 ont pu être inclus), effectifs faibles (de 28 à 358 participantes selon les études), hétérogénéité importante des interventions étudiées (type, durée, format individuel ou groupe, intensité), absence de suivi à long terme (> 12 mois) pour la majorité des études, risque de biais élevé dans la plupart des ECR disponibles, et absence d’ECR dédié à l’EMDR dans l’endométriose.

Ces lacunes ne signifient pas que les interventions psychologiques sont inefficaces dans l’endométriose, les mécanismes d’action sont cohérents et les études disponibles globalement positives. Elles signifient que la recherche doit encore se structurer et que les recommandations doivent être formulées avec une transparence sur le niveau de preuve.

Activité physique et endométriose : yoga, APA et activités sportives douces

Le mouvement comme médicament : l’idée peut sembler paradoxale pour des personnes dont la douleur est parfois si intense qu’elle empêche de marcher, de travailler, de sortir du lit. Et pourtant, une littérature scientifique en plein essor — revues systématiques, méta-analyses, essais contrôlés randomisés — s’accorde à documenter les bénéfices de l’activité physique régulière et adaptée dans l’endométriose (et de nombreuses autres pathologies douloureuses comme la fibromyalgie) : réduction de la douleur pelvienne, amélioration de la qualité de vie, effets anti-inflammatoires, modulation hormonale et soutien à la santé mentale.

Bien sûr, tout exercice n’est pas équivalent. La clé est l’adaptation : adapter l’intensité, la modalité et la fréquence aux capacités du moment, au stade de la maladie, à la phase du cycle, et aux objectifs thérapeutiques de chaque individu. C’est précisément l’objet de l’Activité Physique Adaptée (APA), désormais reconnu en France comme thérapeutique non médicamenteuse par la Haute Autorité de Santé(HAS) et encadré par un cadre réglementaire renforcé depuis 2023. Mais également d’autres pratiques non réglementées comme le yoga postural adapté (dont la yoga thérapie), recommandée par la HAS pour l’endométriose par la et de nombreux spécialistes.

Cet article présente les preuves scientifiques disponibles sur les principales modalités d’activité physique dans l’endométriose, les recommandations officielles actuelles, et les ressources pratiques pour trouver comment et avec qui pratiquer en France.

Avant d’explorer les études, il est essentiel de comprendre pourquoi l’activité physique peut agir sur les symptômes de l’endométriose. Les mécanismes sont multiples et en partie convergents avec ceux des autres maladies inflammatoires chroniques.

Effets anti-inflammatoires de l’exercice

L’endométriose est une maladie inflammatoire systémique entretenue par la production de cytokines pro-inflammatoires (IL-1β, IL-6, TNF-α) dans l’environnement péritonéal. L’exercice physique régulier est aujourd’hui reconnu comme l’un des modulateurs les plus puissants de l’inflammation systémique. Comme le documente la méta-analyse PLOS ONE (Qian et al., 2025, PROSPERO CRD42024547551), les muscles squelettiques se comportent comme des organes endocrines lors de la contraction : ils libèrent des myokines (dont l’IL-6 musculaire, l’IL-10, l’IL-1ra, l’irisine) aux propriétés anti-inflammatoires, capables de contrebalancer l’environnement pro-inflammatoire entretenu par les lésions ectopiques. Par ailleurs, l’exercice améliore la production de leucocytes, de cortisol et d’adrénaline, qui exercent des effets analgésiques et anti-inflammatoires.

Modulation des œstrogènes

L’endométriose est une maladie hormonodépendante. L’exercice régulier, en réduisant la masse grasse (tissu adipeux principal site de synthèse des œstrogènes périphériques) et en modulant la sécrétion hypothalamique des gonadotrophines, peut contribuer à abaisser les niveaux circulants d’œstrogènes : un mécanisme protecteur bien documenté dans les maladies gynécologiques hormono-sensibles (Bonocher et al., Reprod Biol Endocrinol, 2014 ; Ricci et al., Medicine, 2016).

Libération d’endorphines et modulation de la douleur

L’exercice d’intensité modérée stimule la libération d’endorphines et d’endocannabinoïdes endogènes, qui exercent des effets analgésiques via les récepteurs opioïdes et cannabinoïdes du système nerveux central. Par ailleurs, des études suggèrent que l’exercice régulier élève les taux cérébraux de GABA (acide gamma-aminobutyrique), un neurotransmetteur inhibiteur qui réduit la transmission de la douleur nociceptive. C’est un mécanisme spécifiquement documenté dans le contexte du yoga (revue PMC, Neuropsychopharmacology Reports, 2023).

Effets sur la sensibilisation centrale

Comme documenté par l’ECR « Physio-EndEA » (Álvarez-Salvago et al., Arch Phys Med Rehabil, 2023), un programme d’exercice multimodal supervisé améliore les seuils de douleur à la pression non seulement au niveau local (zone pelvienne) mais aussi à des sites distants (genoux, trapèzes), témoignant d’un effet systémique de désensibilisation du système nerveux central (la voie finale commune de nombreuses interventions non pharmacologiques dans la douleur chronique).

Effets psychologiques et sur la qualité de vie

L’activité physique améliore l’humeur, réduit l’anxiété et la dépression (via la sécrétion de sérotonine, dopamine et BDNF), améliore la qualité du sommeil, renforce le sentiment d’efficacité personnelle et brise le cycle sédentarité-douleur-kinésiophobie fréquent dans l’endométriose. Une étude de cohorte (Sachs et al., PMC, 2023) portant sur 1 009 personnes atteintes d’endométriose dans 38 pays a montré que les pratiquantes régulières d’exercice ressentaient moins de douleur résiduelle le lendemain de leurs séances.

La méta-analyse de référence (Qian et al., PLOS ONE, 2025)

C’est la revue systématique avec méta-analyse la plus récente et la plus complète sur l’activité physique et l’exercice dans l’endométriose. Enregistrée sur PROSPERO (CRD42024547551), elle a sélectionné des ECR via PubMed, Medline, Embase, Cochrane et Web of Science jusqu’en mai 2024, en respectant les recommandations PRISMA. Sa conclusion générale est sans ambiguïté : l’activité physique et l’exercice ont des effets bénéfiques sur le traitement des symptômes associés à l’endométriose, en particulier sur l’amélioration de la qualité de vie et le soulagement de la douleur. Le profil de sécurité est excellent, il n’y a aucun effet indésirable sérieux rapporté dans les ECR analysés.

La revue systématique BMC Women’s Health (Tennfjord et al., 2021)

Cette revue systématique pionnière, conduite sur 11 bases de données (Cochrane, Embase, PubMed, MEDLINE, PsycInfo, CINAHL, AMED, Scopus, Web of Science, PEDro, SveMed+), a sélectionné les études interventionnelles sur l’activité physique et l’exercice dans l’endométriose avec la douleur pelvienne comme critère primaire. Ses conclusions, cohérentes avec les revues ultérieures, documentent des bénéfices sur les symptômes douloureux et la qualité de vie, tout en soulignant le faible nombre d’ECR de haute qualité méthodologique, ce qui est une limite reconnue par l’ensemble de la littérature dans ce domaine.

La revue narrative française (Tourny et al., 2023)

Cette revue narrative française sur l’endométriose et l’activité physique, publiée dans PubMed en 2023, fait le point sur les données disponibles et souligne la pertinence de l’approche physique adaptée dans le contexte de la Stratégie Nationale Endométriose 2022-2025 mise en place par le gouvernement français. Elle appuie la nécessité d’intégrer l’APA dans les parcours de soins pluridisciplinaires.

La revue de littérature Archiv-EuroMedica (2025)

Cette revue récente (PubMed + Google Scholar, 2013-2024) confirme que les activités physiques aérobies et les étirements peuvent soutenir l’équilibre hormonal, réduire l’inflammation systémique et améliorer la santé mentale des femmes atteintes d’endométriose. Elle souligne que les modalités ayant le mieux documenté leurs effets sont l’exercice aérobie doux et le yoga.

Le yoga est la modalité la mieux documentée dans l’endométriose, avec plusieurs ECR dédiés publiés. Il est toutefois important de rappeler que le yoga n’est pas une pratique sportive à proprement parlé et ce faisant préciser de quoi nous parlons.

Qu’est-ce que le yoga ?

Le yoga représente une riche accumulation de connaissances, d’expériences et de disciplines psychocorporelles, visant à élargir les ressources personnelles, celles-ci permettant de préserver/renforcer la santé.

Cette démarche a évolué et s’est hybridé au fil du temps (depuis près de 2000 ans), traversant diverses écoles et émergeant aujourd’hui sous différents courants, styles et types de pratiques. Pourtant bien souvent il est ramené uniquement à son versant postural poussé à l’extrême en requérant souplesse, force et équilibre pour réaliser des postures de contorsions extraordinaires notamment sur les réseaux sociaux.

Mais le yoga est infiniment plus riche et complexe, et la pratique posturale issue du Hatha yoga, introduite et structurée à partir de l’époque médiévale, n’en est qu’une partie; même s’il s’agit bien souvent de la « porte d’entrée » dans le yoga.

La pratique du yoga se caractérise par une approche globale et expérimentale, enracinée dans les traditions de l’Inde. Elle repose sur un ensemble de techniques spécifiques visant à « l’harmonisation des facultés corporelles, affectives, mentales et spirituelles de l’être humain ». Elle est marquée par une conscience profonde et un profond respect des limites du corps, ce qui conduit à une autogestion du potentiel physique et psychique en éveillant progressivement la conscience individuelle de ses propres capacités.
Les effets du yoga se manifestent en premier lieu par une amélioration du bien-être général physique et psychique. En somme, le yoga, pratiqué dans son ensemble (philosophie, pratique posturale, techniques de respiration, méditation, visualisation, etc.) propose un chemin vers l’épanouissement personnel, la préservation de la santé physique et mentale, et la « réalisation de soi ».

Dans le cadre de cet article pour parlerons principalement de la pratique posturale adaptée du yoga, issue d’une hybridation entre le Hatha yoga, le yoga Iyengar et le yoga réparateur. La pratique adaptée est réalisée avec de nombreux accessoires, dans une pratique physique alliant concentration, synchronisation des mouvements avec le souffle, mobilité et souplesse articulaire, étirement, relâchement et renforcement musculaire, ainsi que la relaxation.

L’ECR Gonçalves et al. (J Altern Complement Med, 2017)

C’est l’essai contrôlé randomisé de référence sur le yoga dans l’endométriose. Mené à l’Université de Campinas (Brésil), il a randomisé 40 femmes atteintes d’endométriose en deux groupes : yoga Hatha (n=28, deux séances de 90 minutes par semaine pendant 8 semaines) et contrôle sans yoga (n=12). Résultats : le groupe yoga présentait une réduction significative de la douleur pelvienne chronique quotidienne (p = 0,0007) et une amélioration de la qualité de vie mesurée par le questionnaire validé EHP-30. Ces résultats ont été répliqués dans des études ultérieures.

L’étude pilote « Endometriosis Yoga » (Ravins et al., Altern Ther Health Med, 2023)

52 femmes atteintes d’endométriose ont d’abord suivi 8 semaines de traitement conventionnel, puis 8 semaines de « yoga endométriose » spécifiquement conçu (séances de 90 minutes, deux fois par semaine, en ligne). Les femmes ont servi comme leur propre groupe contrôle. Tous les critères d’évaluation se sont améliorés après le programme yoga : le score EHP-30 (qualité de vie) et l’échelle numérique de douleur (NPRS) ont baissé significativement (p = 0,001), ainsi que l’intensité des saignements menstruels (p = 0,019). Les auteurs concluent que la pratique du yoga est recommandée pour réduire les niveaux de douleur et de stress et améliorer la qualité de vie.

La revue systématique sur le yoga dans l’endométriose (Physiotherapy, 2024)

Cette revue systématique publiée dans la revue Physiotherapy (Elsevier, 2024) a synthétisé 20 études (ECR et études observationnelles) sur l’efficacité du yoga pour les symptômes de l’endométriose. La conclusion est convergente avec les études précédentes : les données indiquent de manière cohérente des améliorations significatives de la qualité de vie chez les patientes atteintes d’endométriose pratiquant le yoga.

L’ECR australien en cours : yoga versus TCC versus éducation (Deakin University)

Un ECR à trois bras, multicentrique, actuellement en cours à l’Université Deakin (Australie), compare : (1) un programme de yoga de 8 semaines (séances de groupe de 60 minutes par semaine), (2) une TCC de 8 semaines, et (3) des brochures éducatives. Critère primaire : qualité de vie à 8 semaines, 6 mois et 12 mois. Ce sera l’essai le mieux conçu et le mieux dimensionné sur le yoga dans l’endométriose et ses résultats sont attendus avec intérêt par la communauté scientifique.

Pourquoi le yoga agit-il dans l’endométriose ?

Les mécanismes documentés dans la littérature sont multiples :

  • La pratique régulière du yoga élève les taux cérébraux de GABA, réduisant la transmission nociceptive et la régulation de l’humeur.
  • Elle influence également la sécrétion de cortisol, adrénaline et noradrénaline permettant une réduction du stress et de l’anxiété et une amélioration du sommeil.
  • La pratique posturale entretien (et restaure) la mobilité articulaire, la proprioception, la santé musculaire, la circulation lymphatique et veineuse, le système cardio-vasculaire, le transit intestinal.
  • Certaines pratiquent posturales permettent d’améliorer les troubles dépressifs et anxieux, l’atténuation voir la régression des troubles de stress post traumatique, ainsi que l’image corporelle.
  • Les techniques de pranayama (respiration) activent le système nerveux parasympathique (via le nerf vague), réduisant à priori l’activation sympathique chronique et la production de cortisol, deux facteurs qui aggravent la sensibilisation à la douleur.
  • Les postures de yoga restauratif (postures supportées par des accessoires, tenues longtemps dans le calme) favorisent le relâchement des fascias pelviens et des muscles hypertoniques associés à l’endométriose.
  • La méditation yogique (attention au corps, au souffle, aux mouvements des pensées), pratique essentielle du yoga (postural ou non) agissent notamment sur le catastrophisme et l’hypervigilance douloureuse.
  • Enfin, le yoga de groupe favorise le lien social et la rupture de l’isolement, dimension essentielle dans une maladie chronique souvent vécue dans la solitude.

Définition et cadre réglementaire

L’Activité Physique Adaptée (APA) est définie par le décret n°2016-1990 du 30 décembre 2016 comme la pratique dans un contexte de loisir, de sport ou d’exercices programmés de mouvements corporels, adaptée aux capacités, aux besoins et aux limitations fonctionnelles de personnes ayant des besoins spécifiques. Elle se distingue des actes de rééducation (domaine du kinésithérapeute) et des pratiques sportives ordinaires.

Le décret n°2023-234 du 30 mars 2023 a élargi le droit à la prescription d’APA au-delà des seuls patients en affection longue durée (ALD), à l’ensemble des patients atteints de maladie chronique — ce qui inclut explicitement l’endométriose — et a étendu la prescription à tout médecin intervenant dans la prise en charge du patient (généraliste, gynécologue, médecin du sport, médecin de la douleur). Le kinésithérapeute peut quant à lui renouveler et adapter la prescription initiale d’APA depuis ce même décret.

La HAS, dans son guide de référence Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé (mis à jour en avril 2024), reconnaît l’APA comme une thérapeutique non médicamenteuse validée sur données probantes dans de nombreuses pathologies chroniques. Elle propose un référentiel de prescription en 4 niveaux d’intervention selon les capacités du patient, des fiches pathologie-spécifiques, et souligne que toute augmentation du niveau d’activité physique, même inférieure aux recommandations de l’OMS, est bénéfique pour la santé.

Qui sont les professionnels de l’APA ?

L’Enseignant·e en Activité Physique Adaptée et Santé (EAPA-S) est titulaire d’une licence (3 ans d’études) ou d’un master STAPS mention « Activités Physiques Adaptées et Santé » (5 ans d’études). C’est le professionnel de référence pour la dispensation de l’APA. Il propose des activités physiques et sportives adaptées à la situation individuelle et à la sécurité de la personne. Il travaille en lien avec le médecin prescripteur et les autres professionnels de l’équipe pluridisciplinaire (kinésithérapeute, gynécologue, médecin de la douleur).

Des formations spécifiques « endométriose et activité physique » existent désormais pour les enseignants en APA et les professionnels du sport (CAP Formations Sport, COREG-EPGV, notamment), permettant une montée en compétences des professionnels sur les spécificités de la maladie.

Néanmoins, les enseignant·es connaissant bien l’endométriose et ses problématiques sont rares.

Le programme CRESCENDO : un programme de recherche français dédié

Le programme CRESCENDO (acCRoitre l’Exercice physique et le Sport pour Combattre l’ENDOmétriose) est un programme de recherche financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR-22-CE36-0002), qui s’inscrit à la fois dans la Stratégie nationale endométriose 2022-2025 et dans la Stratégie nationale sport et santé 2019-2024. Il évalue un programme d’APA supervisé (1 à 3 séances par semaine sur 6 mois) combiné à des séances d’éducation thérapeutique du patient (ETP) sur la nutrition, la gestion de la douleur et l’adoption d’un mode de vie physiquement actif.

L’hypothèse est que le programme CRESCENDO peut réduire la douleur, améliorer la qualité de vie, et avoir des effets bénéfiques sur la santé physique, psychologique et sociale des patientes, en complément des traitements actuels. Ce programme représente une avancée importante car il s’agit de l’un des premiers ECR français de grande envergure sur l’APA spécifiquement dans l’endométriose.

Accès pratique et financement de l’APA en France

En France, l’APA prescrite dans le cadre d’une maladie chronique est accessible, mais le remboursement par l’Assurance Maladie obligatoire reste limité à ce jour. Les exceptions notables sont le parcours post-cancer et le dispositif expérimental pour le diabète. Pour les autres maladies chroniques, dont l’endométriose, les séances d’APA peuvent être partiellement prises en charge par :

  • Les mutuelles et complémentaires santé, qui proposent de plus en plus de remboursements pour les séances de sport-santé (montants variables selon les contrats, à vérifier sur l’espace adhérent).
  • Les Maisons Sport-Santé (MSS), dont le réseau national compte plus de 500 structures référencées (liste disponible sur sports.gouv.fr), proposent des programmes accessibles à des tarifs réduits ou gratuits selon les territoires.
  • Les associations locales et régionales affiliées à la Fédération Française Sport pour Tous (FFST), aux Comités Régionaux EPGV, aux Fédérations handisport ou sport adapté.
  • Certaines associations de patient·es, dans le cadre de programmes d’ETP ou d’ateliers occasionnels ou réguliers, proposent des séances d’APA spécifiques à l’endométriose.
  • Enfin, certains centres hospitaliers et CHU proposent des programmes d’APA intégrés à leur parcours de soins endométriose pour leurs propres patientes.

Le Pilates

La méthode Pilates repose sur six principes fondamentaux : contrôle, concentration, centre, précision, fluidité et respiration. Elle cible spécifiquement les muscles profonds stabilisateurs : transverse abdominal, multifides lombaires, muscles du plancher pelvien, et muscles de la ceinture pelvienne. Ces structures sont précisément celles qui sont dysfonctionnelles dans l’endométriose, en raison des douleurs chroniques, des postures antalgiques et des tensions fasciales.

Dans le domaine des douleurs menstruelles (dysménorrhée), un ECR publié dans Healthcare (MDPI, juillet 2023) a randomisé 30 jeunes femmes avec dysménorrhée primaire en groupe Pilates (deux séances de 50 minutes par semaine pendant 12 semaines) et groupe contrôle. La réduction moyenne du score de douleur (VAS) après le programme Pilates était de 5,2 cm , dépassant la différence minimale cliniquement importante (DMCI) de 4 cm établie pour la douleur menstruelle dans les études sur l’endométriose, ce qui correspond à un effet cliniquement significatif. Une revue systématique publiée sur ResearchGate en 2024 (Empowering Women: Pilates as a Holistic Approach, 6 études, 2014-2024) confirme l’efficacité du Pilates sur les douleurs menstruelles avec un profil de sécurité excellent.

En pratique dans l’endométriose, le Pilates doit être adapté : certains exercices habituels (the Hundred, roll-up, chest lift) peuvent augmenter la pression intra-abdominale et aggraver la douleur pelvienne. Un enseignant formé à la pelvi-périnéologie ou à l’endométriose saura les remplacer par des alternatives : décomposition du travail de gainage, travail en respiration latérale, postures de mobilisation de hanche sans charge axiale.

La natation

La natation est souvent décrite comme l’activité physique la mieux tolérée dans l’endométriose, particulièrement lors des phases douloureuses. L’effet de la poussée d’Archimède réduit la charge gravitaire sur les structures pelviennes et diminue la pression intra-abdominale, permettant un exercice aérobie d’intensité modérée sans aggraver les douleurs. Des données citées par Eureka Health (2025) estiment que l’immersion en piscine réduit la pression sur le plancher pelvien d’environ 50 % par rapport à la marche, avec une perception de la douleur significativement abaissée.

Les nages recommandées en priorité sont le dos crawlé et la natation lente en crawl, qui sollicitent peu les muscles fessiers et rotateurs de hanche souvent hypertoniques. La brasse peut être moins bien tolérée en raison des sollicitations en extension lombaire et de la rotation du bassin qu’elle génère — mais c’est variable selon les femmes.

La marche

La marche est la modalité la plus accessible et la plus universellement bénéfique. Son effet anti-inflammatoire a été démontré même à faible intensité : des études sur les maladies inflammatoires chroniques montrent qu’une marche quotidienne de 30 minutes à allure modérée suffit à induire une réponse anti-inflammatoire mesurable sur les marqueurs sanguins. Pour les femmes atteintes d’endométriose, la marche en pleine nature présente l’avantage supplémentaire de l’effet anxiolytique de l’exposition à l’environnement naturel (restauration de l’attention, réduction du cortisol).

La recommandation pratique de la COREG-EPGV est de respecter les 4 piliers du conditionnement physique — souplesse, renforcement musculaire, équilibre et cardiorespirateur — en adaptant l’intensité au cycle hormonal : les jours de douleurs importantes (péri-menstruels), réduire l’intensité et la durée, ou remplacer la marche rapide par une marche douce ou de la mobilité douce.

Le vélo et le vélo stationnaire

Le vélo est une activité portée (pas d’impact au sol) qui ménage les articulations et présente un faible risque de décompensation douloureuse dans l’endométriose. Le vélo stationnaire en salle présente l’avantage d’un contrôle de l’intensité et de la durée, et d’une pratique possible indépendamment des conditions météorologiques. En revanche, certaines femmes souffrant d’endométriose profonde ou de dyspareunies importantes peuvent ressentir une gêne liée à la pression de la selle sur le périnée, auquel cas une selle anatomique large avec découpe centrale est recommandée.

Le Tai-chi et le qi-gong

Ces pratiques à très faible intensité sont particulièrement adaptées aux périodes de fortes douleurs ou de grande fatigue. Ces pratiques sont idéalement complémentaires aux séances d’exercice d’intensité modérée.

Un point souvent absent des recommandations générales mais cliniquement crucial dans l’endométriose : l’intensité des symptômes varie selon les phases du cycle menstruel, et l’activité physique doit en tenir compte.

La phase folliculaire (jours 5 à 14 environ, du premier jour des règles à l’ovulation) : en dehors des jours de règles les plus douloureux, c’est généralement la période la mieux tolérée pour un exercice plus soutenu. Les niveaux d’oestrogènes ascendants favorisent la récupération musculaire et l’endurance. Les jours d’ovulation sont souvent tolérés.

La phase lutéale (jours 15 à 28 environ) : la montée de progestérone puis sa chute pré-menstruelle s’accompagnent souvent d’une majoration des douleurs, de la fatigue et des symptômes digestifs. Il est recommandé d’alléger l’intensité et de privilégier marche douce, yoga restauratif, yin yoga, natation en eaux calmes.

La phase menstruelle (jours 1 à 5) : c’est souvent la période la plus difficile. Pour certaines femmes, tout mouvement est exclu ; pour d’autres, une marche légère ou un yoga réparateur de 15 à 20 minutes peut soulager les crampes par la libération d’endorphines. L’écoute des signaux du corps est ici déterminante. En dehors des jours les plus douloureux, il a été montré qu’une activité légère est préférable à l’immobilité totale pour la gestion de la douleur menstruelle chronique.

La tenue d’un journal de la douleur et de l’activité (agenda cycle-exercice) est fortement recommandée pour identifier les schémas individuels et planifier les séances en conséquence.

La revue de 2023 citée dans Healthline rappelle que les exercices à impact élevé sont généralement déconseillés : course à pied intensive sur béton, crossfit, HIIT à haute intensité, sports de contact, sports avec sauts répétés etc. Toutes ces pratiques augmentent la pression intra-abdominale, génèrent des chocs mécaniques sur les organes pelviens et peuvent déclencher ou aggraver une poussée douloureuse.

Les exercices de gainage abdominal intense en position de planche sollicitent fortement les abdominaux et le périnée et peuvent être mal tolérés, à adapter selon les indications du kinésithérapeute périnéal. Il est par ailleurs déconseillé de réaliser des exercices abdominaux dits « hyperpressifs » impliquant une augmentation de la pression intra-abdominale. Lors de la contraction, l’effort pousse les organes vers le bas et vers l’avant. C’est le cas lors des crunchs, des planches dynamiques, des sit-ups, des relevés de jambes, etc. Il convient donc de troquer ces exercices pour des abdominaux hypopressifs, que vous pouvez apprendre à réaliser également avec un kinésithérapeute mais aussi un enseignant de yoga. Cette technique « respiratoire » s’effectue en rétention du souffle et connue sous le nom de Prach’Hardana, qui peut évoluer vers Nauli pour les initiés.

La règle empirique la plus fiable reste : l’activité physique ne doit ni créer ni augmenter la douleur pelvienne. Si c’est le cas, la modalité ou l’intensité doit être revue.

Avec un enseignant APA spécialisé

La première démarche est d’obtenir une prescription médicale d’APA (ordonnance de votre médecin généraliste, gynécologue ou médecin de la douleur) mentionnant la pathologie et l’objectif thérapeutique. L’enseignant en APA réalise ensuite un bilan initial et propose un programme individualisé.

Des cours de yoga adaptés à l’endométriose

De nombreux·ses enseignant·es affirment proposer des cours dédiés à l’endométriose, néanmoins ils sont bien souvent inadaptés et insuffisant par manque de connaissances sur la pathologie. Les pratiques les plus propices à un enseignement adapté rigoureux sont celles dispensées par des pratiquantes elles-mêmes concernées par la maladie ou qui ont des formations complémentaires en santé.

Il existe également des applications et vidéos disponibles sur des plateformes mais celles-ci ne sont quasiment jamais adaptées. Il est préférable de se tourner vers les associations de patient·es pour trouver des professionnel·les véritablement compétent·es.

Je vous renvois également à la page dédiée aux dérives qu’il existe dans les pratiques non réglementées et aux bonnes pratiques à observer pour éviter d’être victime d’abus.

Pratique autonome progressive

Pour lespersonnes souhaitant débuter seules, les recommandations pratiques consensuelles sont les suivantes :

  • commencer par des séances courtes (15 à 20 minutes), à faible intensité (marche, mobilité douce, yoga restauratif) ;
  • augmenter progressivement selon la tolérance, sans jamais forcer en cas de douleur pelvienne ;
  • tenir un journal d’activité et de douleur pour identifier les patterns personnels ;
  • viser à terme les 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine recommandées par l’OMS pour les personnes adultes, avec une flexibilité totale dans les périodes difficiles.

Il est important d’être transparent. Comme le soulignent toutes les revues systématiques récentes, la littérature sur l’activité physique et l’endométriose présente encore des lacunes importantes : le nombre d’études contrôlées randomisées disponibles reste limité, les effectifs sont souvent faibles, les protocoles très hétérogènes (types d’exercice, durée, fréquence, critères d’évaluation), et les études à long terme (> 12 mois) quasi absentes. Par ailleurs, la plupart des études mesurent la qualité de vie subjective et les scores de douleur auto-rapportés, rarement des marqueurs objectifs (imagerie, biomarqueurs).

Ces limites ne remettent pas en cause les bénéfices observés, qui sont cohérents, convergents entre études, et mécanistiquement plausibles. Elles soulignent simplement que la recherche doit se structurer davantage, et que le programme CRESCENDO (France) et l’ECR australien yoga vs TCC (Deakin University) représentent des étapes importantes dans ce sens.

La sexothérapie et sexologie

La sexualité est souvent la grande absente des consultations sur l’endométriose. On parle de douleur, d’imagerie, de chirurgie, de traitement hormonal, mais rarement de ce que vivent les femmes dans leur intimité, dans leurs relations, dans leur rapport à leur propre corps. Et pourtant, les chiffres sont éloquents : 47 % à 70 % des femmes atteintes d’endométriose souffrent de dysfonction sexuelle (World Endometriosis Research Foundation ; Sarvestani et al., Reproductive Health, 2024), ce qui en fait l’une des pathologies gynécologiques les plus délétères pour la vie sexuelle.

La sexothérapie représente l’une des réponses thérapeutiques les plus directement ciblées sur cette dimension. Pourtant, elle reste peu prescrite, peu connue, et souvent mal comprise, aussi bien des patientes que des professionnels de santé qui les accompagnent.

Cet article fait le point sur l’amplitude réelle des troubles sexuels dans l’endométriose, les preuves scientifiques disponibles sur les interventions sexothérapeutiques, les approches et techniques utilisées, leur articulation avec les autres prises en charge (kinésithérapie pelvi-périnéale, psychothérapie), et les modalités pratiques d’accès en France.

Une sexualité altérée dans toutes ses dimensions

Il serait réducteur de limiter l’impact de l’endométriose sur la sexualité à la seule dyspareunie. Une méta-analyse publiée dans Sexual Medicine (Yuan et al., 2023), l’une des plus complètes disponibles sur ce sujet, a analysé les scores du Female Sexual Function Index (FSFI) de femmes atteintes d’endométriose non traitées comparativement à des femmes saines. Résultats : les femmes avec endométriose présentaient des scores significativement plus bas dans tous les domaines du FSFI :

  • Désir (MD : -0,43 ; IC 95 % : -0,57, -0,19)
  • Éveil sexuel (MD : -0,66 ; IC 95 % : -1,15, -0,17)
  • Lubrification (MD : -0,41 ; IC 95 % : -0,79, -0,02)
  • Orgasme (MD : -0,40 ; IC 95 % : -0,73, -0,06)
  • Satisfaction (MD : -0,45 ; IC 95 % : -0,72, -0,18)
  • Douleur (MD : -1,03 ; IC 95 % : -1,34, -0,72 — domaine le plus altéré)

De plus, les femmes avec endométriose avaient un risque multiplié par 2,38 de satisfaire les critères diagnostiques de dysfonction sexuelle féminine selon le seuil FSFI ≤ 26,55 (OR = 2,38 ; IC 95 % : 1,12, 5,04).

Cette atteinte multidimensionnelle est cohérente avec la physiopathologie complexe de la maladie, qui touche simultanément la dimension biologique (douleur, inflammation, effets iatrogènes des traitements hormonaux), psychologique (anxiété, dépression, image du corps altérée) et relationnelle (communication avec le partenaire, évitement, sentiment de culpabilité).

L’étude qualitative « Sexualité, couple & endométriose » menée par l’association Endomind montre que 98% des répondantes déclarent avoir déjà ressenti des douleurs lors d’un rapport sexuel, dont 41,3% «à chaque rapport» et 43,3% «régulièrement». 76,8% des répondantes considèrent manquer de désir et 86,5% considèrent avoir ainsi une vie sexuelle réduite.

Le cycle infernal dyspareunie–évitement–dysfonction

La revue de Facchin et al. (Human Reproduction Update, 2016) publiée dans l’une des revues d’excellence de la gynécologie reproductive, décrit avec précision la mécanique du cercle vicieux que l’endométriose installe dans la sexualité.

  • Le cycle débute généralement avec la dyspareunie (douleur pendant ou après les rapports, en général au fond du vagin) : le·la patient·e anticipe la douleur, développe une hypervigilance corporelle, et un mécanisme d’évitement s’installe progressivement.
  • L’évitement réduit les opportunités d’expériences sexuelles positives, ce qui renforce les cognitions négatives (« le sexe est synonyme de douleur », « mon corps est cassé »), diminue le désir, altère l’excitation et la lubrification, et aggrave encore la douleur lors des tentatives ultérieures et notamment cette fois à l’entrée du vagin.
  • S’y ajoutent souvent des sentiments de culpabilité envers le·la partenaire et une atteinte de l’identité et de l’image corporelle.

Une étude qualitative issue du projet ENDOPART (Culley et al., Sexual and Relationship Therapy, 2024) — menée au Royaume-Uni avec des entretiens approfondis auprès de 44 personnes (patientes et partenaires) — documente la façon dont l’endométriose perturbe non seulement les rapports sexuels mais aussi l’intimité dans sa dimension la plus large :

  • la tendresse physique quotidienne (câlins, baisers),
  • la communication non verbale,
  • la complicité émotionnelle,
  • et la qualité de la relation de couple dans son ensemble.

La dyspareunie profonde versus superficielle : deux entités distinctes

La douleur à la pénétration dans l’endométriose se présente sous deux formes cliniques majeures qu’il est important de distinguer, car leurs mécanismes et leurs prises en charge diffèrent :

  • La dyspareunie superficielle (à l’entrée du vagin) est principalement liée à l’hypertonie des muscles du plancher pelvien contracture réflexe développée secondairement à la douleur chronique (souvent appelée vaginisme), et à la vestibulodynie parfois associée. Sa prise en charge relève en premier lieu de la kinésithérapie pelvi-périnéale (massage de Thiele, biofeedback, désensibilisation progressive).
  • La dyspareunie profonde (lors de la pénétration profonde) est liée aux lésions endométriales elles-mêmes (infiltration des ligaments utéro-sacrés, du cul-de-sac de Douglas, du septum recto-vaginal), aux rigidifications et à la rétractilité des tissus et à la pression mécanique exercée sur les lésions, les adhérences et les fibroses lors de l’acte. Sa composante organique est traitée médicalement et/ou chirurgicalement, mais sa composante psychologique et comportementale (anticipation, hypervigilance, évitement, altération de l’excitation) relève de la sexothérapie.

L’impact sur les partenaires et le couple

Une dimension clinique souvent négligée est l’impact de l’endométriose sur le·la partenaire et sur la dynamique relationnelle. L’étude ENDOPART (2024) rapporte que les partenaires vivent souvent une tension entre leur désir de protéger leur conjoint·e de la douleur (conduisant à l’évitement des rapports) et leur propre frustration et sentiment d’incompréhension. Certain·es développent des difficultés sexuelles propres (érectiles, de désir) en réaction à la situation. La revue de Facchin et al. (2016) confirme que la qualité de la relation conjugale et le niveau de satisfaction relationnelle sont eux aussi significativement altérés, indépendamment de l’activité sexuelle elle-même.

L’étude Endomind montre que cette atteinte significative de la vie intime du couple place les femmes dans une situation de vulnérabilité pouvant conduire à des difficultés relationnelles, lesquelles peuvent être notamment associées à des situations de
violences conjugales.

Près de 45% répondantes déclarent avoir déjà été victimes d’au moins une forme de violence de la part de leur partenaire, en lien avec l’impact de la maladie sur leur vie intime. Ces violences sont très majoritairement d’ordre psychologique et sexuel. Les violences psychologiques sont notamment utilisées comme moyens de pression et de manipulation émotionnelle destinés à punir ou à contraindre l’autre à la satisfaction d’attentes en matière sexuelle. 17% rapportent avoir déjà été victimes d’un viol conjugual. 52,3% indiquent également s’être déjà forcées à avoir un rapport afin de satisfaire leur partenaire, malgré les symptômes de l’endométriose

Un résultat important de la littérature mérite d’être souligné : les traitements médicaux et chirurgicaux seuls ne restaurent pas la fonction sexuelle de manière satisfaisante.

Une étude rétrospective italienne (MDPI Journal of Personalized Medicine, 2023) portant sur des femmes traitées par hormonothérapie a montré que si les symptômes de dysménorrhée, douleur pelvienne chronique et dyspareunie s’amélioraient statistiquement après traitement, les domaines du FSFI concernant l’éveil sexuel, la lubrification et la satisfaction sexuelle se dégradaient significativement : paradoxe lié aux effets secondaires des traitements hormonaux (sécheresse vaginale, baisse de la libido) et à la persistance des mécanismes psychologiques d’évitement.

Concernant la chirurgie, la revue de Facchin et al. (2016, Human Reproduction Update) note que si l’exérèse chirurgicale des lésions améliore la dyspareunie profonde dans un délai de 6 à 12 mois post-opératoire, la fonction sexuelle globale et la qualité de la relation restent sous-restaurées dans de nombreux cas, faute d’une prise en charge des dimensions psychologiques et comportementales. Ces données plaident directement pour l’intégration de la sexothérapie dans le parcours de soins, indépendamment du traitement médical ou chirurgical.

L’ECR de Tajik et al. sur la technique du Sensate Focus (J Obstet Gynaecol, 2022)

C’est l’un des essais contrôlés randomisés les plus directement pertinents sur la sexothérapie dans l’endométriose. Mené à l’Université Tarbiat Modares (Téhéran), il a randomisé 80 femmes traitées médicalement pour une endométriose en deux groupes : un groupe intervention ayant bénéficié de deux heures de session éducative sur la technique du Sensate Focus et les positions sexuelles adaptées, et un groupe contrôle recevant le traitement médical habituel. Le score total de la fonction sexuelle (FSFI) a été évalué à 4 et 8 semaines.

Résultats : 8 semaines après l’intervention, le score total de fonction sexuelle dans le groupe intervention s’est significativement amélioré comparativement à la ligne de base (p < 0,001). Le score de douleur sexuelle a également connu une amélioration significative dans le groupe intervention (p < 0,001). Les auteurs concluent que la technique du Sensate Focus et les adaptations de positions sexuelles ont un effet positif sur la fonction sexuelle et la dyspareunie des femmes atteintes d’endométriose sous traitement médical, et recommandent que le personnel médical soit formé à transmettre ces techniques.

Une seconde étude du même groupe (Tajik, Shahali & Padmehr, Int J Reprod Biomed, 2023) a répliqué ces résultats chez 80 femmes atteintes d’endométriose infiltrante profonde après chirurgie. Les sessions de formation virtuelle ont été délivrées en 2 heures. Les résultats à 4 et 8 semaines montrent une amélioration significative du score global de fonction sexuelle (FSFI passant de 24,16 à 28,31 à 4 semaines puis à 29,85 à 8 semaines) et du score de douleur sexuelle (p < 0,001 dans les deux cas).

L’ECR sur l’éducation sexuelle (Matloobi et al., Int J Gynaecol Obstet, 2022)

Cet essai quasi-randomisé a évalué l’effet d’un programme d’éducation sexuelle sur la fonction sexuelle et la qualité de vie sexuelle de femmes atteintes d’endométriose. Les résultats montrent une amélioration significative de la qualité de vie sexuelle et de la fonction sexuelle globale chez les femmes ayant bénéficié de l’éducation sexuelle comparativement au groupe contrôle. Cet essai documente l’importance de la psychoéducation sexuelle — informer les femmes sur les mécanismes de leur dysfonction sexuelle, les stratégies adaptatives, les ressources disponibles — comme composante à part entière de la prise en charge.

La méta-analyse Del Pino-Sedeño et al. (Frontiers in Psychology, 2024)

Tel que détaillé dans notre article sur la psychothérapie, cette méta-analyse de 7 ECR (757 patientes) est la référence actuelle sur les interventions psychologiques dans l’endométriose. Elle inclut l’ECR de Tajik et al. (2022) et confirme que les interventions psychologiques, dont les interventions sexothérapeutiques, réduisent significativement la dyspareunie (SMD : -0,54 ; IC 95 % : -0,86, -0,22). C’est le seul critère symptomatique physique qui se retrouve significativement amélioré par les interventions psychologiques dans cette méta-analyse, ce qui témoigne de la forte dimension psychologique et comportementale de ce symptôme.

Le programme interventionnel de Rossi et al. (Int J Environ Res Public Health, 2022)

Cette étude italienne a analysé dans quelle mesure les facteurs cognitifs et psycho-émotionnels (image du corps, catastrophisation, réponse sexuelle conditionnée) modèrent la relation entre sévérité des symptômes d’endométriose et dysfonction sexuelle. La conclusion est que les facteurs cognitifs médient une part significative de la dysfonction sexuelle — indépendamment de la sévérité des lésions. Ce résultat souligne que la prise en charge sexothérapeutique doit adresser non seulement la douleur elle-même, mais aussi les représentations cognitives qui l’entourent.

Le Sensate Focus (Masters & Johnson)

Le Sensate Focus est la technique de référence de la sexothérapie comportementale, développée par William Masters et Virginia Johnson dans les années 1960 et encore largement utilisée aujourd’hui. Son principe est de dissocier le toucher de la performance sexuelle : au lieu d’une relation sexuelle avec pénétration et orgasme comme objectifs, le couple pratique des exercices de toucher progressif, mutuels et non génitaux dans un premier temps, en se concentrant sur les sensations tactiles et le plaisir du contact, sans exigence de résultat.

Cette désinvestissement de la performance et ce retour aux sensations présentes permettent de briser le cycle anticipation de la douleur–évitement–hypervigilance qui caractérise souvent la sexualité des femmes atteintes d’endométriose. Le Sensate Focus se pratique à domicile entre les séances de thérapie, avec des instructions précises données par le sexothérapeute qui augmentent graduellement l’implication génitale au fil des semaines.

Les deux ECR de Tajik et al. (2022 et 2023) précédemment cités ont documenté l’efficacité de cette approche dans l’endométriose avec des résultats significatifs à 8 semaines.

Les positions sexuelles adaptées

Un axe sexothérapeutique particulièrement concret dans l’endométriose est le travail sur les positions sexuelles, qui peuvent réduire la pression mécanique sur les lésions endométriales lors de la pénétration profonde. Les recherches ont identifié que certaines positions exercent moins de pression sur le cul-de-sac de Douglas, les ligaments utéro-sacrés ou la cloison recto-vaginale (zones fréquemment touchées par les lésions infiltrantes).

Les positions généralement mieux tolérées incluent la position de la cuillère (pénétration par derrière, la femme en position fœtale), la position avec la femme par-dessus (permettant le contrôle de la profondeur), et les positions avec une faible profondeur de pénétration ou avec placement d’un ou plusieurs anneaux péniens sur la verge (dispositif médical permettant de limiter la profondeur de pénétration). Cette dimension pratique et concrète est abordée directement en sexothérapie et peut soulager significativement la dyspareunie profonde en attendant une prise en charge chirurgicale ou en complément de celle-ci.

La restructuration cognitive des croyances sur la sexualité et le corps

De nombreuses femmes atteintes d’endométriose développent des cognitions sexuelles négatives solidement ancrées : « la pénétration est forcément douloureuse pour moi », « je ne suis pas une femme normale », « je déçois mon partenaire », « mon corps est en guerre contre moi ». Ces croyances, souvent renforcées par des années d’examens douloureux, de diagnostics rejetés et de commentaires médicaux blessants, constituent un obstacle majeur à la restauration d’une vie sexuelle satisfaisante.

La restructuration cognitive, identique à celle pratiquée en TCC pour les pensées anxieuses ou dépressives, consiste à identifier ces cognitions automatiques négatives, à les mettre à l’épreuve de la réalité, et à construire des représentations alternatives plus nuancées et moins entravantes. Elle peut être pratiquée par un sexothérapeute formé à la TCC ou par un psychologue ayant une sensibilité aux problèmes sexuels.

Le travail sur l’image du corps et la reconquête du corps

L’endométriose peut profondément altérer l’image du corps : ventre gonflé, cicatrices chirurgicales, sensations chroniques désagréables dans le bas-ventre, méfiance envers un corps perçu comme source de douleur et de trahison plutôt que de plaisir. La sexothérapie intègre un travail spécifique sur la réappropriation corporelle : exercices de conscience corporelle bienveillante, pratiques de pleine conscience centrées sur les sensations agréables, travail sur les zones corporelles non douloureuses comme sources de plaisir, réhabilitation du corps dans son entièreté et non comme une somme de symptômes.

Ce travail de réappropriation est souvent complémentaire de la kinésithérapie pelvi-périnéale, qui permet une désensibilisation progressive du périnée via le toucher thérapeutique et le biofeedback.

La thérapie de couple et la communication intime

Lorsque les troubles sexuels s’inscrivent dans un contexte de couple, une approche systémique incluant le partenaire est souvent plus efficace qu’une thérapie individuelle seule. La thérapie de couple à orientation sexologique vise à :

  • Ouvrir un espace de communication safe sur la sexualité (ce qui est souvent impossible à domicile en raison de la charge émotionnelle du sujet),
  • restaurer la complicité physique et affective au-delà des seuls rapports sexuels,
  • aider le partenaire à comprendre les mécanismes de la douleur et de l’évitement (et à ne pas les interpréter comme un rejet),
  • désamorcer les dynamiques de pression/évitement qui peuvent s’installer (l’un souhaitant des rapports, l’autre craignant la douleur et évitant tout contact physique),
  • et explorer les alternatives à la pénétration comme sources de plaisir partagé.

La Thérapie centrée sur les Émotions (EFT), approche systémique et thérapie humaniste développée par Susan Johnson, est particulièrement pertinente ici. Une étude publiée dans Current Opinion in Psychology (Johnson et al., 2024, cité dans Brotto et al., 2024) la cite parmi les interventions bénéfiques pour les couples confrontés aux troubles sexuels dans le contexte de la douleur chronique.

La pleine conscience appliquée à la sexualité (Mindful Sex)

Le modèle de pleine conscience appliquée à la sexualité (ou Mindful Sex), développé notamment par la professeure Lori Brotto de l’Université de Colombie-Britannique, vise à développer une présence consciente aux sensations sexuelles, sans jugement, sans anticipation douloureuse et sans dissociation. Dans les troubles de désir féminin, Brotto a conduit plusieurs ECR montrant l’efficacité de la pleine conscience sur le désir et la satisfaction sexuels. Dans le contexte de l’endométriose, où l’hypervigilance douloureuse et la dissociation sont fréquentes, cette approche est cliniquement pertinente et de plus en plus intégrée dans les programmes de sexothérapie modernes (Current Opinion in Psychology, Brotto et al., 2024).

Des guides d’informations dédiés à la sexualité avec l’endométriose

Il existe 2 livres sur le sujet, mais également plusieurs documents d’information gratuits, très bien conçus pour vous informer :

La frontière entre sexothérapie et kinésithérapie pelvi-périnéale est, dans le contexte de l’endométriose, particulièrement poreuse et c’est une richesse. Les deux disciplines s’adressent à des dimensions différentes d’un même problème :

  • La kinésithérapie traite la composante biomécanique et sensorielle de la dyspareunie : hypertonie musculaire, points gâchettes, allodynie mécanique de la muqueuse vaginale. Elle fournit à la patiente des outils concrets (biofeedback, auto-massages, dilatateurs) pour désensibiliser progressivement les structures pelviennes.
  • La sexothérapie traite la composante psychologique, cognitive et relationnelle : anticipation douloureuse, évitement, représentations négatives du corps et de la sexualité, communication avec le partenaire, reconstruction du désir.

Ces deux approches sont complémentaires et non substituables l’une à l’autre. Dans les cas de dyspareunie sévère associée à une forte hypertonie périnéale, la kinésithérapie pelvi-périnéale est souvent le préalable nécessaire à la sexothérapie : il serait difficile d’aborder la reconstruction du désir et des comportements sexuels lorsque tout contact avec le périnée est source de douleur intense. L’idéal est une prise en charge coordonnée, dans laquelle kinésithérapeute et sexothérapeute communiquent et adaptent leurs interventions de façon cohérente.

Sexologue, sexothérapeute, psychosexologue : des titres aux réalités très différentes

Le paysage professionnel de la sexologie en France est particulièrement hétérogène, et il est essentiel que les patientes et les professionnels de santé en aient une image claire pour orienter correctement.

Le titre de médecin sexologue ou de sexologue médical correspond à un médecin (généraliste, gynécologue, psychiatre, urologue, etc.) ayant suivi une formation universitaire complémentaire en sexologie, le plus souvent un Diplôme Inter-Universitaire (DIU) de Sexologie Clinique ou un DIU de Sexologie et Médecine Sexuelle, reconnus par l’AIUS (Association Interdisciplinaire post-Universitaire de Sexologie). Ces DIU sont dispensés sur 2 à 3 ans dans plusieurs universités françaises (Paris Cité, Nantes, etc.) et permettent d’accéder à la qualification de sexologue reconnue par les ordres médicaux. La consultation d’un médecin sexologue peut être prise en charge par l’Assurance Maladie comme une consultation médicale ordinaire (tarif secteur 1 ou 2).

Le titre de psychologue sexologue ou psychosexologue correspond à un psychologue clinicien titulaire d’un master 2 en psychologie ayant suivi une formation complémentaire en sexologie. Ces professionnels peuvent exercer la sexothérapie dans le cadre de leur compétence psychologique, avec des outils cognitifs, comportementaux et relationnels, sans les actes médicaux des médecins sexologues. Depuis juin 2024, leurs consultations peuvent être remboursées dans le cadre du dispositif « Mon soutien psy » (jusqu’à 12 séances/an).

Le titre de sexothérapeute, en revanche, n’est pas réglementé en France. Il peut être utilisé par toute personne ayant suivi une formation privée, dont la qualité et la durée sont extrêmement variables, de quelques jours à plusieurs années de formation approfondie. Cela ne signifie pas que tous les sexothérapeutes non médicaux sont incompétents : certains ont suivi des formations sérieuses et rigoureuses (certificats reconnus par le SNSC : Syndicat National des Sexologues Cliniciens, formations accréditées de 300 heures et plus). Mais la variabilité est considérable, et les patientes doivent être informées de ce contexte.

Pour les patientes, les critères de sélection recommandés sont : une formation d’au moins 300 heures reconnue par une institution sérieuse (DIU universitaire ou certification SNSC), une supervision régulière, une adhérence à un code déontologique, et idéalement une expérience spécifique avec des femmes atteintes de douleur chronique gynécologique.

Remboursement en France

Les tarifs des consultations de sexothérapie privée varient typiquement entre 70 et 150 euros la séance en France, avec des fréquences allant de une séance par semaine à une séance toutes les deux semaines. La Sécurité sociale ne rembourse pas les séances de sexothérapie en tant que telles. Les exceptions sont :

  • La consultation d’un médecin sexologue, qui peut être remboursée comme une consultation médicale ordinaire (tarif conventionné, avec ticket modérateur pris en charge par la complémentaire).
  • La consultation d’un psychologue clinicien exerçant la psychosexologie, remboursable dans le cadre de Mon soutien psy (jusqu’à 12 séances/an, remboursées à 60 % par l’AM + 40 % par les complémentaires responsables, pour un reste à charge nul dans la majorité des cas).
  • Certaines complémentaires santé proposent des forfaits « santé mentale » ou « bienêtre » incluant des remboursements partiels des consultations de sexologie à vérifier sur son contrat.

Ressources pour trouver un professionnel adapté en France

Pour trouver un professionnel compétent et sensibilisé à l’endométriose :

  • le Syndicat National des Sexologues Cliniciens (SNSC) publie un annuaire en ligne des sexologues membres (snsc.fr) ;
  • l’AIUS recense les médecins titulaires d’un DIU universitaire de sexologie ;
  • les associations de patientes comme Endozen disposent souvent de listes de professionnel·les de pratiques non réglementées recommandés ;
  • les centres experts en endométriose labellisés intègrent de plus en plus des professionnels de la santé sexuelle dans leur équipe pluridisciplinaire ;
  • le dispositif Mon soutien psy (monsoutienpsy.sante.gouv.fr) permet de trouver des psychologues conventionnés, certains ayant une sensibilité aux troubles sexuels.

La sexothérapie ne peut pas, seule, compenser l’absence de prise en charge des lésions organiques, ni remplacer la kinésithérapie pelvi-périnéale lorsque l’hypertonie périnéale est au premier plan, ni se substituer au soutien psychologique lorsqu’une dépression ou un PTSD est présent. Sa place est dans un modèle pluridisciplinaire intégré, aux côtés du gynécologue, du kinésithérapeute pelvi-périnéal, du psychologue, du médecin de la douleur et, le cas échéant, du nutritionniste et de l’enseignant en APA.

Le consensus CNGOF & Convergences PP (2025) et les guidelines ESHRE (2022) reconnaissent que l’évaluation et le soutien de la santé sexuelle font partie intégrante d’une prise en charge globale de l’endométriose. La Stratégie nationale endométriose 2022-2025 mentionne explicitement l’amélioration de l’accès aux soins psycho-sexologiques parmi ses axes de travail.

Les essais contrôlés randomisés spécifiques à la sexothérapie dans l’endométriose restent rares. Les deux ECR de Tajik et al. (2022, 2023) sont les plus rigoureux disponibles, mais ils ont été conduits en Iran, avec des protocoles d’intervention courts (8 semaines), des effectifs modestes (80 participants chacun) et une intervention relativement limitée (2 heures de formation et livret). Des ECR évaluant des programmes de sexothérapie plus complets (10 à 20 séances individuelles ou de couple, avec plusieurs techniques combinées) sont nécessaires pour formaliser des recommandations cliniques robustes. L’absence d’études de suivi à long terme (> 6 mois) est également une limite importante.

Par ailleurs, la quasi-totalité des études existantes porte sur des couples hétérosexuels, laissant de côté les femmes dans des relations de même sexe, ou les personnes qui ne sont pas en couple dont les besoins sexologiques peuvent être distincts et mériteraient une attention spécifique.

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