Les centres et parcours de PMA

Retrouvez ici la liste des centres de PMA en France, la législation, et le fonctionnements des centres PMA à l’étranger.

Comment et pourquoi s’orienter vers la PMA ?

La procréation médicalement assistée est la prise en charge médicale de l’infertilité, qu’elles qu’en soient les causes et inclut diverses techniques : l’insémination artificielle, la préservation des gamètes, la fécondation in vitro.

Il est possible d’avoir recours à la PMA dans plusieurs situations : préservation de la fertilité, couple de femmes, troubles de santé pouvant altérer la fertilité chez la femme et/ou l’homme, comme l’endométriose …

Lorsque cela est nécessaire on ne sait pas toujours vers quel centre se tourner, ni comment y parvenir.

Comprendre l’organisation

Vous pouvez demander un rendez-vous avec centre sur indication d’un professionnel·le de santé, mais également de votre propre chef si vous pensez être dans une situation qui le nécessite. L’accès à un centre PMA ne dépend pas d’un parcours coordonné, il n’est donc pas nécessaire d’avoir une lettre d’orientation d’un professionnel·le de santé. Dans le doute, il vaut toujours mieux prendre rendez-vous trop tôt dans votre parcours de soins, que trop tard…

Pensez à préparer votre visite pour optimiser les délais de prises en charge, pour cela vous pouvez demander à votre médecin généraliste, un·e sage-femme ou votre spécialiste, de vous prescrire les premiers examens du bilan de fertilité.

Il existe en France environ 101 centres AMP agréés par les Agences Régionales de Santé (ARS), après avis de l’Agence de la biomédecine. Tous respectent un cahier des charges strict garantissant la qualité des soins et l’application des bonnes pratiques AMP (guide 2010 révisé). Il n’existe pas de classement officiel des centres, les données d’activité publiées par l’ABM permettent une comparaison méthodique (ajustée sur l’âge et les caractéristiques des patientes), mais pas un « palmarès ».

Les centres se distinguent en deux catégories principales :

  • Centres publics (CHU, CH, hôpitaux AP-HP) : tarifs secteur 1 intégralement remboursés, équipes pluridisciplinaires, accès à l’ensemble des techniques (DPI compris dans les centres autorisés). Délais parfois plus longs pour l’inscription.
  • Centres privés agréés : délais parfois plus courts, mais dépassements d’honoraires possibles sur certains actes non remboursés (add-ons, bilan complémentaires). Les actes AMP eux-mêmes restent remboursés selon les règles légales.

La proximité géographique est un critère réel : un parcours AMP implique de nombreux déplacements, souvent à des horaires contraints (échographies en début de matinée, ponctions à programmer rapidement). L’idéal est de choisir un centre atteignable en moins d’une heure dans la majorité des situations.


Conditions d’accès à la PMA en France

Depuis la loi de bioéthique du 2 août 2021 (loi n° 2021-1017), l’accès à la PMA a été élargi. Aucune discrimination d’accès à l’AMP n’est possible, notamment sur l’orientation sexuelle ou le statut matrimonial. Elle est accessible à tout couple formé d’un homme et d’une femme ou de deux femmes, ou à toute femme non mariée.

En pratique, trois situations ouvrent l’accès :

Situation 1 — Difficultés à concevoir (couple hétérosexuel ou femme seule avec partenaire masculin) : infertilité médicalement constatée chez l’un ou l’autre des membres du couple, ou risque de transmission d’une maladie grave à l’enfant ou au partenaire.

Situation 2 — Projet parental sans partenaire masculin : couple de deux femmes ou femme non mariée. Depuis 2021, le critère médical d’infertilité n’est plus requis. Il n’est plus nécessaire de justifier d’un critère médical d’infertilité pour avoir recours à un traitement médical.

Situation 3 — Préservation de la fertilité : avant un traitement médical susceptible d’altérer la fertilité (chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie), ou autoconservation sans motif médical (ouverte depuis 2021).

Ce qui reste interdit : la gestation pour autrui (GPA) reste illégale en France. Les hommes seuls et les couples d’hommes n’ont pas accès à la PMA en France. La loi ne se prononce pas explicitement sur l’accès des personnes transgenres.

Les actes d’AMP sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie jusqu’au 43e anniversaire de la femme qui porte l’enfant. Cette prise en charge est identique pour tous : couple hétérosexuel, couple de deux femmes, ou femme non mariée.

En détail :

Situation

Limite légale

AMP (FIV, insémination, transfert) — personne qui porte

Jusqu’à la veille des 43 ans

AMP — membre du couple qui ne porte pas

Jusqu’à 60 ans

Autoconservation d’ovocytes (sans motif médical)

Entre 29 et 37 ans

Autoconservation de spermatozoïdes (sans motif médical)

Entre 29 et 45 ans

Utilisation des gamètes autoconservés

Jusqu’à 45 ans pour la femme qui porte

⚠️ Important : ces limites sont légales, mais en pratique les centres peuvent être plus restrictifs. La fertilité baissant après 35 ans, la prise en charge en France peut être refusée plus tôt selon l’état de votre réserve ovarienne. Passé 39 ou 40 ans, certaines équipes médicales sont frileuses. Apgl Il est donc utile de consulter tôt et de se renseigner auprès du centre sur sa politique réelle.

Le rôle du staff et de l’équipe clinico-biologique : comment fonctionne l’acceptation d’un dossier ?

Ce point est peu connu et source d’inquiétude : peut-on se voir refuser l’accès à la PMA ?

L’équipe médicale clinico-biologique confirme son accord pour poursuivre le parcours de l’AMP. Cet accord résulte de la probabilité de succès de la démarche d’AMP et de la réunion des conditions propices à l’accueil d’un enfant dans de bonnes conditions. Les motifs de report ou de refus de la part du centre d’AMP sont communiqués par écrit aux demandeurs dès lors qu’ils en font la demande. Previssima

Cette équipe pluridisciplinaire est composée réglementairement d’au moins :

  • Un médecin qualifié en gynécologie-obstétrique, gynécologie médicale ou endocrinologie (pour les activités cliniques)
  • Un médecin qualifié en urologie ou chirurgie pour le prélèvement de spermatozoïdes
  • Un psychiatre, psychologue ou infirmier formé en psychiatrie — pour la réalisation des entretiens particuliers obligatoires
  • Un assistant de service social

Les entretiens particuliers : avant toute AMP, plusieurs entretiens avec les professionnels de santé sont prévus. Ces entretiens permettent d’expliquer vos motivations et de recevoir des informations détaillées sur les différentes techniques et leurs conséquences. Un délai de réflexion d’un mois est ensuite observé avant de recueillir le consentement définitif.

Le centre peut-il refuser ? Oui, mais sous conditions strictes. Le refus doit être motivé par des critères médicaux (faible probabilité de succès, contre-indication) ou par une situation jugée incompatible avec l’accueil de l’enfant dans de bonnes conditions. Il ne peut pas être fondé sur l’orientation sexuelle, le statut matrimonial ou la situation professionnelle. En cas de refus, les motifs doivent être communiqués par écrit sur demande. En cas de désaccord, il est possible de consulter un autre centre.

Délai de réflexion et consentement : le consentement est donné devant notaire pour les couples de femmes (reconnaissance conjointe anticipée) et devant le médecin du centre pour les couples hétérosexuels. Il peut être retiré à tout moment avant l’acte.éelle.

Remboursements des parcours de PMA

Les actes d’AMP sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, après accord préalable de la caisse, jusqu’au 43e anniversaire de la mère, pour au maximum 6 inséminations (une par cycle) et 4 tentatives de FIV pour obtenir une grossesse. Cette prise en charge est la même pour tous.

Sont inclus dans la prise en charge à 100 % : les consultations médicales dans le cadre du bilan de fertilité et du suivi, les actes biologiques du bilan et du monitoring (prises de sang, échographies), les médicaments de stimulation ovarienne sur prescription, la ponction ovocytaire, la fécondation et la culture embryonnaire, le transfert embryonnaire, la congélation et conservation des embryons surnuméraires.

Ce qui n’est pas remboursé (ou seulement partiellement) :

  • Les dépassements d’honoraires dans les centres privés secteur 2 ou 3
  • Les bilans complémentaires non prescrits dans le protocole standard (test ERA, DFI, bilan immunologique, karyotype si non indiqué médicalement)
  • Les add-ons commerciaux : time-lapse, EmbryoGlue, scratch endométrial, PRP endométrial — dont l’efficacité n’est pas prouvée et qui ne sont pas pris en charge
  • Les compléments alimentaires
  • L’autoconservation de gamètes sans motif médical au-delà du premier prélèvement dans certains cas
  • Les soins de support non médicamenteux (acupuncture, psychothérapie, ostéopathie)

Pour l’accord préalable de la caisse : une demande d’entente préalable est nécessaire avant le début du parcours. Elle est généralement gérée directement par le centre qui remet aux patient·es une demande de prise en charge à 100% à envoyer à la CPAM et à renouveler tous les deux ans pour chaque membre du couple.

PMA à l’étranger : pourquoi, et peut-on être remboursé ?

Plusieurs raisons conduisent des personnes à envisager un parcours PMA hors de France :

  • les délais d’attente pour un premier rendez-vous, qui atteignaient en moyenne 17,7 mois fin 2024, avec des disparités énormes sur le territoire : de 6 mois à plus de 2 ans selon les villes, avec des situations particulièrement tendues à Paris, Montpellier et Lyon Apgl ;
  • l’accès à des techniques non autorisées en France (don d’ovocytes avec donneuse connue dans certains pays, certains protocoles comme le DPI A) ;
  • ou des préférences personnelles sur l’anonymat ou non-anonymat du don.

Où aller est possible avec prise en charge : la prise en charge concerne les soins réalisés dans un État membre de l’Union européenne, de l’Espace économique européen, ou en Suisse. Ameli Les pays hors UE/EEE (Royaume-Uni après Brexit, États-Unis, Ukraine, etc.) ne sont en principe pas remboursables, sauf situation de détachement professionnel ou convention bilatérale spécifique.

La procédure CNSE — étape par étape :

Toutes les demandes de prise en charge des soins à l’étranger sont étudiées par le Centre national des soins à l’étranger (CNSE), situé à la CPAM du Morbihan. C’est auprès de cette caisse que sont déposées les demandes d’autorisation préalable. ⚠️ Sans cette autorisation préalable, aucun remboursement ne pourra être demandé. EKIE

Étape 1 — Consultation préalable : votre gynécologue rédige un certificat médical détaillé précisant votre situation, le motif de recours aux soins à l’étranger (délais ou technique non disponible en France), l’absence de contre-indication, et les techniques envisagées.

Étape 2 — Constitution du dossier à envoyer au CNSE :

  • Lettre de motivation signée expliquant le projet parental (avec noms, dates de naissance, adresses, numéros de Sécurité sociale)
  • Certificat médical du gynécologue
  • Devis de la clinique étrangère choisie
  • Comptes-rendus médicaux et résultats déjà disponibles
  • Pour un couple de femmes : copie de la reconnaissance conjointe anticipée notariée

Adresse d’envoi : CPAM 56 — CNSE Médecin Conseil — TSA 99 998 — 56003 Vannes Cedex (ou via le compte ameli en ligne)

Étape 3 — Réponse du CNSE : vous recevez une décision dans un délai de 14 jours à compter de la réception de votre demande. Une absence de réponse au-delà de ce délai vaut accord, sous réserve que votre demande remplisse les conditions réglementaires. Ameli

Étape 4 — En cas d’accord : vous recevez le formulaire européen S2 « Droit aux soins programmés », à présenter à la clinique étrangère. Cet accord n’est valable que pour une tentative dans un établissement précis. Il faut renouveler la demande pour chaque tentative supplémentaire.

Étape 5 — Après les soins : vous envoyez à votre CPAM le formulaire S3125 « Soins reçus à l’étranger », la facture acquittée de la clinique (virement ou carte bancaire obligatoire, les espèces ne sont pas acceptées), et le compte-rendu médical de la tentative.

Ce qui est remboursé et combien : le remboursement se fait sur une base forfaitaire incluant l’ensemble des actes réalisés, à condition qu’ils figurent sur le devis initial. Seule la tarification française est appliquée Ameli — ce qui signifie que si la clinique étrangère est plus chère que les tarifs français, la différence reste à votre charge. Il faut avancer l’intégralité des frais et attendre le remboursement.

La FIV intra conjuguale hétérosexuelle (sans dons de gamètes) peut être prise en charge à condition que le centre ai des techniques innovantes par rapport aux centres français, avec une lettre d’un centre PMA français expliquant qu’ils ne peuvent pas proposer ces solutions en france. Grossomodo, que le dossier en France ne peut plus être accepté.
De plus, seuls les actes autorisés en France peuvent être remboursés, ainsi si un DPI-A est réalisé par un couple hétérosexuel à l’étranger (motif de consultation pour une technique « innovante », il ne sera possible d’obtenir aucun remboursement même pour la stimulation et la ponction. Même si le DPI-A ne figure pas sur les factures du protocole PMA à l’étranger, la CPAM peut émettre des doutes ou suspicion, notamment lorsqu’il y a un décalage entre le moment de la ponction et la réalisation du transfert d’embryon

Grille tarifaire de remboursement

Forfaits fécondation in vitro (FIV)

  • 1428,99€ : avec don d’ovocytes (1154,5€ sans transfert)
  • 2774,76€ : intra conjuguale (sans don)
  • 2774,76€ : avecc don de sperme (2722,51€ sans transfert)
  • 1365,24€ : avec don de sperme sans ponction ovocytaire
  • 1341,49€ : double don
  • 276,49€ : transfert d’embryons congelés ou vritrifiés

Autres techniques

  • 276,49€ : accueil d’embryons (don d’embryons)
  • 247,64€ : insémination artificielle
  • 1970,01€ : vitrification des ovocytes
  • 37,50€ : forfait annuel conservation de gamètes ou d’embryon (la première année suivant le prélèvement)
  • Forfait DPI Médical : 100% du montant de dépense dans la limite de 4000€
  • Forfait transport AMP :100% du montant de dépense dans la limite de 300€ via le formulaire S3140C. Les billets d’avion, les frais de voiture (carburant, péages) sont inclus.

Le délai de remboursement : comptez 6 à 12 mois après envoi du dossier de remboursement. Lesfivettesespagnoles N’hésitez pas à relancer le CNSE.

La mutuelle : certaines mutuelles complètent le remboursement de la Sécurité sociale. Renseignez-vous auprès de la vôtre, mais la plupart ne remboursent que si la Sécu a d’abord pris en charge.

Points de vigilance :

Le double don (ovocytes + spermatozoïdes) est désormais légal en France depuis 2021 et donc potentiellement remboursable à l’étranger s’il est autorisé en France

La demande d’accord doit être faite avant les soins : aucun remboursement n’est possible après coup sans accord préalable

Les techniques doivent être autorisées et remboursées en France (la GPA n’est jamais remboursable).

🔗L’association CEKI propose des accompagnements à la constitution des dossiers.

Vos droits au travail pendant un parcours PMA

La loi n° 2025-595 du 30 juin 2025, entrée en vigueur le 2 juillet 2025, interdit les discriminations au travail pour tous les salariés, femmes et hommes, engagés dans un parcours de procréation médicalement assistée (PMA) ou d’adoption. Elle facilite également l’obtention des autorisations d’absence liées à de telles situations. Vie-publique

La personne qui suit un protocole d’AMP bénéficie d’autorisations d’absence pour tous les actes médicaux nécessaires au parcours. L’accompagnant (conjoint, partenaire de PACS, concubin) bénéficie d’absences pour 3 actes maximum par protocole. Ces absences n’entraînent aucune diminution de rémunération et sont assimilées à du temps de travail effectif pour les droits à congés payés et à l’ancienneté. Paillettes Magazine

Ce que cela change concrètement par rapport à avant : avant cette loi, ces droits étaient réservés aux femmes salariées. Depuis le 2 juillet 2025, les autorisations d’absence s’appliquent également aux hommes engagés dans un parcours de PMA qui doivent réaliser des bilans médicaux, suivre des traitements contre l’infertilité ou subir des opérations. La conjointe, partenaire de PACS ou concubine peut désormais s’absenter pour accompagner un homme dans un parcours de PMA. Barthelemy

L’employeur ne peut pas s’y opposer : l’autorisation d’absence est de droit. Aucune condition d’ancienneté n’est exigée. Baker Tilly

Et pour les agents de la fonction publique ? Le texte garantit que les agents publics puissent bénéficier des mêmes autorisations d’absence que les salariés de droit privé en cas de grossesse, PMA ou adoption. Le code général de la fonction publique a été modifié en ce sens. Vie-publique

L’employeur ne doit pas prendre en considération l’état de santé lié à la PMA, le fait d’être en parcours de PMA ou d’adoption, pour refuser d’embaucher, rompre un contrat de travail, sanctionner, ou prendre toute mesure défavorable à l’égard du salarié. Toute rupture du contrat ou décision discriminatoire fondée sur la situation de PMA est nulle. Baker Tilly

Lorsqu’un salarié engage un parcours de PMA, il n’a aucune obligation légale d’en informer son employeur, sauf dans le cas où il sollicite une autorisation d’absence ou un aménagement de poste. Dans ces situations, seules les informations strictement nécessaires peuvent être demandées, et l’entreprise ne peut pas exiger de détails médicaux supplémentaires.

En pratique : vous pouvez vous contenter d’indiquer à votre employeur qu’il s’agit d’un « acte médical dans le cadre d’un parcours d’AMP », sans préciser la nature des soins ni la technique utilisée. Le secret médical s’applique pleinement.

Si vous pensez être victime d’une discrimination liée à votre parcours PMA (exclusion d’une réunion, retrait de responsabilités, remarques, licenciement suspect), vous pouvez documenter les faits avec dates et témoins, contacter l’inspection du travail pour un avis, ou saisir le Défenseur des droits. En cas de discrimination avérée, la charge de la preuve repose sur l’employeur.


Repères régionaux pour trouver un centre



Plutôt que de reproduire ici une liste exhaustive des 101 centres (susceptible de changer), nous indiquons pour chaque grande région les principaux CHU et centres de référence. Pour les informations précises (coordonnées, délais, techniques), consultez les sources officielles citées ci-dessus.

RégionCentres CHU de référenceNotes
Île-de-FranceAP-HP : Cochin, Bichat, Tenon, Antoine Béclère, Jean Verdier16 centres autorisés dont 16 pour l’autoconservation (nov. 2024). DPI à Cochin et Béclère.
OccitanieCHU Montpellier, CHU ToulouseCDPI à Montpellier. Filière endo bien développée.
Auvergne-Rhône-AlpesCHU Lyon (Femme-Mère-Enfant), CHU Grenoble, CHU Saint-ÉtienneCDPI à Grenoble. Forte densité de centres en Métropole lyonnaise.
Nouvelle-AquitaineCHU Bordeaux, CHU Limoges, CHU PoitiersPlusieurs centres privés agréés en Gironde.
PACACHU Marseille (La Conception), CHU NicePas de CDPI en région — DPI à Montpellier pour les patient·es PACA.
Grand EstCHRU Strasbourg, CHU Nancy, CHU ReimsCDPI à Strasbourg.
Bretagne / Pays de la LoireCHU Rennes, CHU Brest, CHU NantesCDPI à Nantes. Centre privé à Nantes (PMAtlantique).
Hauts-de-FranceCHU Lille (Jeanne de Flandres), CH AmiensPlusieurs centres privés dans la métropole lilloise.
NormandieCHU Caen, CHU RouenMaillage correct mais délais variables.
Bourgogne-Franche-ComtéCHU Dijon, CHU BesançonCentres à taille humaine, délais souvent plus courts.
Centre-Val de LoireCHU Tours, CH OrléansAccès au CDPI le plus proche : Paris ou Tours (selon indication).
Outre-merCHU Martinique, CHU Guadeloupe, CHU RéunionAccès au DPI limité — orientation vers métropole nécessaire pour certains actes.

Trouver un centre privé agréé

Les centres privés agréés font partie de la liste officielle publiée par l’Agence de la biomédecine, ils ne constituent pas une catégorie à part dans les annuaires officiels, mais sont signalés par leur statut (établissement privé ou ESPIC). La liste complète, régulièrement mise à jour, est disponible sur le site de l’ABM et sur celui de la BLEFCO (voir liens ci-dessous).

Pour identifier les centres privés près de chez vous, vous pouvez également consulter le site de la FEAMP (Fédération des Établissements d’AMP), ou contacter directement les associations de patients comme PMAnonyme ou BAMP! qui disposent de retours d’expérience communautaires sur les centres, publics comme privés.

Où trouver la liste officielle à jour ?


La source de référence est le site de l’Agence de la biomédecine.

La liste y est organisée par région et mise à jour régulièrement. Elle précise pour chaque centre : les techniques pratiquées, les coordonnées, et si le centre pratique le don de gamètes.

La BLEFCO publie également une liste plus détaillée (biologistes responsables, techniques, contacts), consultable sur :

Centres pratiquant le DPI — liste officielle


Le diagnostic préimplantatoire (DPI) ne peut être pratiqué que dans des centres spécifiquement autorisés par l’Agence de la biomédecine (CDPI) pour certains cas très spécifiques. Le DPI-A est lui interdit en France. En janvier 2026, six centres sont autorisés en France métropolitaine.

ÉtablissementVilleCHU / StatutSite
CHU de Nantes — CDPINantes (44)CHU publicchu-nantes.fr
CHU Grenoble AlpesLa Tronche (38)CHU publicchu-grenoble.fr
CHU de MontpellierMontpellier (34)CHU publicchu-montpellier.fr
CHU de Strasbourg — CHRUStrasbourg (67)CHU publicchru-strasbourg.fr
AP-HP — Hôpital Antoine BéclèreClamart (92)AP-HP publicaphp.fr
AP-HP — Hôpital CochinParis (75)AP-HP publicaphp.fr

La liste officielle des CDPI est mise à jour par l’ABM. Consultez : 🔗https://www.agence-biomedecine.fr/Autorisation-des-centres pour la version la plus récente


Critères pour choisir son centre


En l’absence de classement officiel, voici les critères pertinents à considérer, en dialogue avec son équipe médicale :

  • Ouverture aux nouvelles configurations familiales : pour les personnes seules, couples de femmes, personnes trans, vérifier les pratiques réelles du centre (au-delà du cadre légal). Les témoignages communautaires et l’association BAMP! peuvent aider.
  • Accessibilité géographique : primordial pour la vie quotidienne (nombreux RDV).
  • Expertise en endométriose : certains centres disposent d’équipes spécialisées ou de protocoles adaptés (pré-traitement GnRH, coordination avec équipe chirurgicale). À demander explicitement.
  • Pratique du DPI : si une indication DPI est nécessaire, le centre doit être un CDPI ou travailler en lien avec l’un d’eux (on ne parle pas du DPI-A ici)
  • Volume d’activité et résultats publiés : consultables sur le rapport ABM 2021-2022 (lien ci-dessus). Un centre avec un volume élevé a généralement une expérience plus grande des situations complexes.
  • Accompagnement psychologique intégré : la présence d’un·e psychologue spécialisé·e fertilité est un plus significatif dans les parcours longs ou complexes.
  • Politique vis-à-vis des add-ons : il est légitime de demander au centre sa politique en matière d’EmbryoGlue, time-lapse, scratch endométrial — et sur quelle base ces propositions sont faites.

Les coûts invisibles du parcours PMA

En France, la PMA est remboursée à 100 % par l’Assurance maladie pour les indications médicales reconnues, dans la limite de six inséminations artificielles et quatre tentatives de FIV. Ce cadre de prise en charge est une chance réelle, souvent citée comme un avantage majeur du système de santé français. Il ne faut pas pour autant croire que le parcours est sans coût.

Au-delà des lignes de remboursement, un parcours PMA représente un ensemble de dépenses, d’investissements et de pertes, pas forcément financières, que les patientes et les couples supportent sans que personne ne les nomme vraiment. Ces coûts sont réels, documentés, et souvent sous-estimés au moment de s’engager dans un parcours. Les connaître, c’est se préparer à les traverser autrement qu’en les découvrant au fil de l’eau.

Même en France avec remboursement intégral, des dépenses restent à la charge des patientes :

Les dépassements d’honoraires. Certains médecins spécialistes et centres de PMA pratiquent des tarifs supérieurs aux tarifs conventionnés, non remboursés par l’Assurance maladie. Ces dépassements peuvent être partiellement couverts par les mutuelles, selon les contrats.

Les examens complémentaires. Bilans génétiques, tests de réceptivité endométriale, bilan immunologique, caryotype, tests de fragmentation d’ADN spermatique — tous ces examens ne sont pas systématiquement remboursés, et peuvent représenter plusieurs centaines d’euros par cycle.

Les médicaments non remboursés. Certains compléments alimentaires, traitements de soutien ou médicaments hors protocole standard sont conseillés mais non pris en charge.

Les frais de déplacement. Un parcours PMA implique des dizaines de rendez-vous médicaux, souvent dans des centres spécialisés qui ne sont pas toujours proches du domicile. Les frais de transport, d’hébergement si nécessaire, et de stationnement s’accumulent sur plusieurs mois ou plusieurs années.

Le recours à la PMA à l’étranger. Les délais d’attente en France peuvent dépasser 15 à 18 mois pour certaines procédures avec don. Selon les chiffres disponibles, il faut en moyenne attendre 15,8 mois son premier rendez-vous, et les délais continuent d’augmenter. Cette situation conduit un nombre croissant de personnes à se tourner vers l’étranger, avec des coûts pouvant dépasser 8 000 euros à leur charge. France 3 Nouvelle-Aquitaine

Les soins de support et les interventions non médicamenteuses. À côté des dépenses médicales directes, un autre poste de dépenses s’installe progressivement dans un parcours PMA : celui des soins et pratiques qui ne sont ni prescrits ni remboursés, mais que les personnes concernées adoptent pour soutenir leur corps, réduire leur stress, optimiser leurs chances, ou simplement traverser le parcours avec un peu plus de ressources.

L’alimentation d’abord. La conviction partiellement étayée par des données nutritionnelles réelles, que ce qu’on mange peut influencer la qualité ovocytaire, l’environnement hormonal ou la réceptivité endométriale conduit beaucoup de personnes à faire évoluer leur façon de se nourrir. Manger davantage de produits biologiques, de saison, locaux, réduire les perturbateurs endocriniens alimentaires et des ustensiles, limiter les aliments ultra-transformés : ces orientations sont cohérentes avec ce que la recherche sur l’environnement hormonal et le microbiote suggère. Elles ont aussi un coût. Un panier alimentaire biologique et de saison coûte significativement plus cher qu’une alimentation conventionnelle. Sur des mois ou des années de parcours, cette différence représente un budget réel, rarement comptabilisé dans les « coûts de la PMA ».

Les compléments alimentaires et la micronutrition représentent un autre poste important. Acide folique, coenzyme Q10, DHEA, vitamine D, oméga-3, inositol, mélatonine, zinc, sélénium, NAC — la liste des compléments recommandés ou auto-prescrits lors d’un parcours PMA peut être longue, et leur coût mensuel varie de quelques dizaines à plusieurs centaines d’euros selon les produits choisis. Certains ont une base scientifique solide dans ce contexte ; d’autres relèvent davantage du marché de l’espoir : un marché qui se porte très bien précisément parce que les personnes en parcours cherchent tout ce qui pourrait faire la différence. Quoi qu’il en soit, ces achats sont réels, ils pèsent sur le budget, et ils ne sont remboursés par personne.

Les soins de bien-être et de gestion du stress complètent ce tableau. Acupuncture, ostéopathie, réflexologie, sophrologie, yoga, hypnose, psychothérapie, massage autant de pratiques que des professionnels de santé spécialisés en fertilité recommandent parfois, que les patientes adoptent pour prendre soin d’elles-mêmes, et que la sécurité sociale ne rembourse pas ou très marginalement. Une séance d’acupuncture hebdomadaire pendant un protocole de stimulation représente en général 50 à 80 euros par semaine. Un suivi psychologique mensuel, 60 à 100 euros par séance selon le thérapeute. Ces soins ne sont pas du luxe dans ce contexte, certains ont une efficacité documentée sur la réduction de la détresse psychologique en parcours PMA, et la détresse psychologique a elle-même des effets mesurables sur l’axe hormonal. Mais leur coût s’ajoute au reste, et il est invisible dans tous les calculs officiels sur « le coût de la PMA en France ».

Un parcours PMA n’est pas une intervention ponctuelle. C’est un engagement dans la durée qui réorganise le temps de vie.

Les rendez-vous médicaux sont nombreux et contraignants. Une seule tentative de FIV implique en général entre 8 et 15 consultations, sur une période de 4 à 6 semaines : prises de sang répétées en début de matinée, échographies de monitoring, consultations pour ajustement du protocole, ponction ovocytaire, transfert embryonnaire, bilan post-transfert. Ces rendez-vous ont des créneaux horaires étroits, souvent tôt le matin, et ne peuvent pas être déplacés sans risquer de compromettre le cycle. On peut ajouter à cela tous les soins de support des interventions non médicamenteuses (kinésithérapie, ostéopathique, suivi psychologique, activité physique, nutrition, pratiques de relaxationsetc.).

La disponibilité professionnelle est contrainte. Prendre des rendez-vous médicaux répétés en semaine, parfois à court préavis, nécessite soit de bénéficier d’une grande flexibilité professionnelle, soit de multiplier les absences à expliquer — ou à ne pas expliquer — à ses employeurs et collègues. Des recherches qualitatives montrent que l’absence de dispositions légales pour un congé de traitement constitue l’une des difficultés majeures vécues par les femmes en parcours PMA, qui se trouvent à devoir équilibrer responsabilités professionnelles et exigences médicales. Wiley Online Library

La charge mentale est permanente. Suivre un protocole de stimulation requiert une vigilance quotidienne : injections à heure fixe, surveillance des effets secondaires, gestion des rendez-vous de monitoring, interprétation des résultats d’échographie et de bilan hormonal, adaptation des doses. Cette charge cognitive s’ajoute à une vie déjà souvent complexifiée par la maladie chronique.

L’énergie mobilisée en permanence, et l’horizon introuvable. Il y a un coût que les bilans financiers ne capturent pas et que la fatigue mesurable ne rend qu’imparfaitement : l’énergie mentale et émotionnelle constamment mobilisée pendant un parcours PMA.

Ce n’est pas le stress ponctuel d’un événement difficile : c’est un état de fond. Une partie de l’attention, de l’énergie, des pensées est en permanence « préemptée » par le parcours : suivre le protocole, anticiper les rendez-vous, interpréter les résultats, gérer les effets secondaires, surveiller les signaux du corps, entretenir l’espoir sans se laisser emporter par lui. Même pendant les pauses, même en vacances, même quand on « essaie de ne pas y penser » : le parcours occupe l’arrière-plan.

Ce qui le rend particulièrement éprouvant, c’est l’incertitude radicale sur laquelle il repose. L’attente a une durée définie : on attend jusqu’à tel jour, puis on a un résultat. L’incertitude, elle, n’a pas de fin annoncée. On ne sait pas si ça va marcher. On ne sait pas combien de cycles il faudra. On ne sait pas si c’est la dernière année de parcours ou le début d’un chemin qui durera encore longtemps. Cette absence d’horizon rend les projections impossibles : comment planifier une mutation, un voyage, un projet professionnel, quand on ne sait pas ce que l’année à venir ressemblera ? Le parcours PMA suspend une partie de la vie dans un état d’incertitude chronique qui, sur la durée, épuise autant que la douleur physique.

C’est probablement le plus important et le moins anticipé. Les personnes engagées dans un parcours FIV ont classé le niveau de stress ressenti comme comparable à celui d’événements majeurs de la vie, comme le décès d’un proche ou un divorce. Les moments les plus stressants sont la ponction ovocytaire et la période d’attente avant le test de grossesse. PubMed Central

L’attente des résultats. Le parcours PMA est fait de temps d’attente successifs : attente du premier rendez-vous, attente des résultats de bilan, attente de la réponse ovarienne, attente du résultat de fécondation, attente du transfert, attente du test de grossesse. Chacune de ces étapes est une montée de tension suivie d’un verdict. Cette structure répétitive d’espoir et de retombée épuise les ressources émotionnelles.

L’échec de cycle. Après un échec de traitement, les deux membres du couple connaissent une augmentation des symptômes d’anxiété et de dépression. Fertility and Sterility Mais la dimension de cet échec est rarement reconnue comme un deuil à part entière. L’échec d’un cycle n’est pas seulement un résultat négatif sur une feuille de résultats médicaux : c’est la perte d’une grossesse possible, la perte d’embryons parfois, la perte de l’espoir que ce cycle était le bon. Ces pertes répétées s’accumulent sans rituel social ni reconnaissance formelle — ce qu’on appelle parfois en psychologie un deuil ambigu (ambiguous loss) : une perte réelle mais sans corps, sans date, sans frontières claires.

La vulnérabilité spécifique de l’endométriose. Les femmes avec endométriose en parcours FIV semblent plus susceptibles à la dépression que les femmes sans endométriose engagées dans le même parcours. PubMed Elles arrivent souvent dans la PMA déjà fragilisées par des années de douleurs, un retard diagnostique long, des traitements hormonaux aux effets secondaires difficiles, et parfois des chirurgies. La PMA n’est pas un nouveau départ sur une page blanche — elle s’inscrit dans une trajectoire déjà éprouvante.

L’hypervigilance corporelle. La stimulation ovarienne impose une attention aiguë à son propre corps : observer, mesurer, rapporter. Pour des personnes qui ont souvent appris à minimiser ou à ignorer leurs signaux corporels pour continuer à fonctionner malgré la douleur, cette injonction à écouter son corps peut être déstabilisante ou, au contraire, générer une anxiété de surveillance intense.ur l’autoconservation non médicale sont actuellement de 13 mois en moyenne en France 1.

Le coût de la répétition et l’accumulation des échecs. Chaque tentative infructueuse n’est pas simplement un épisode qui se referme. C’est une perte : de temps, d’espoir, d’argent, d’énergie — à laquelle s’ajoute la nécessité de repartir. Un protocole de FIV avec transfert représente en général au minimum six mois du moment où l’on décide de recommencer jusqu’à la tentative suivante : récupération physique, consultation de bilan, adaptation du protocole, nouveau cycle de stimulation. Six mois pendant lesquels le projet de grossesse est suspendu mais pas absent, il continue d’occuper l’espace mental et émotionnel, sans avancer.

Ce qui rend les échecs successifs particulièrement difficiles à traverser, c’est que les coûts augmentent à chaque nouvelle tentative pendant que les ressources diminuent. La troisième tentative n’est pas vécue comme la première : elle arrive après deux déceptions, avec des réserves émotionnelles plus entamées, une relation de couple parfois plus tendue, une fatigue accumulée, et souvent une anxiété plus grande — parce que l’espoir initial s’est heurté à la réalité plusieurs fois déjà.

L’espoir lui-même change de nature. Au début d’un parcours, l’espoir est intact : « ça va marcher ». Après un premier échec, l’espoir se reconstruit, mais différemment : « peut-être au prochain ». Après plusieurs échecs, il devient une ressource précieuse et fragile que les personnes apprennent à rationner, à ne pas laisser monter trop haut pour se protéger de la chute. Cette vigilance émotionnelle défensive est en elle-même un coût : elle empêche de vivre pleinement les périodes d’espoir tout en n’empêchant pas la douleur quand ça ne marche pas.

Un parcours PMA est, dans sa structure même, une expérience de dépossession. On ne décide pas du calendrier : c’est la biologie et le protocole médical qui décident. On ne décide pas de la réponse ovarienne. On ne décide pas de la qualité des embryons. On ne décide pas de l’implantation. On subit les résultats. On attend les verdicts. On ajuste selon ce qu’on nous dit d’ajuster. Le corps qui est censé être le sien devient le terrain d’une procédure médicale sur laquelle on n’a presque aucune prise.

Face à cette perte de contrôle radicale et répétée, quelque chose de très humain se met en place : on cherche à retrouver du contrôle ailleurs. Sur ce qu’on peut encore décider. Sur ce qui semble, au moins, dépendre de soi.

L’alimentation devient souvent ce territoire-là. Chaque aliment est scruté, analysé, mis en relation avec le projet. Les antioxydants, les oméga-3, les folates, le sucre, le gluten, les produits laitiers, le café, l’alcool — tout est passé au crible. On lit, on compare, on adopte des protocoles nutritionnels, on supprime des catégories entières d’aliments. Ce n’est pas irrationnel : certaines données nutritionnelles ont une pertinence réelle dans le contexte de la fertilité. Mais la vigilance peut dépasser la rationalité et virer à l’obsession : ce que les cliniciens reconnaissent comme un terrain proche de l’orthorexie, cette relation à la nourriture où la « pureté » du régime alimentaire devient une fin en soi, une forme de contrôle sur un corps dont on a autrement l’impression qu’il échappe complètement.

Et ce mécanisme de contrôle ne s’arrête pas à l’assiette. Il envahit l’ensemble de l’expérience vécue. Chaque émotion ressentie est évaluée : « est-ce que ce stress va nuire à l’implantation ? » Chaque tension musculaire, chaque irritabilité, chaque tristesse : tout est passé au filtre d’une petite voix intérieure qui comptabilise, qui juge, qui alerte. Une dispute avec le partenaire devient une menace potentielle. Une nuit de mauvais sommeil devient une inquiétude. Une soirée trop arrosée devient une culpabilité. Chaque geste ordinaire de la vie : se mettre en colère, manger un plat qu’on sait pas « optimal », rater une séance de sport, ressentir du stress au travail — est soumis à une évaluation morale implicite : « est-ce que j’ai bien fait ? est-ce que j’aurais pu mieux faire ? »

Ce mécanisme est compréhensible. Il est même, d’une certaine façon, adaptatif : il donne l’impression d’agir, d’avoir une prise sur quelque chose dans un contexte où on n’en a presque aucune. Mais il est aussi épuisant, et il peut devenir une source de souffrance supplémentaire. Parce qu’il repose sur une prémisse fausse : l’idée que si on fait « tout bien », si on contrôle assez, si on ne fait pas d’erreurs, ça marchera. Et quand ça ne marche pas malgré tout — malgré le régime, malgré les compléments, malgré la gestion du stress, malgré les efforts — la culpabilité qui s’ensuit est d’autant plus violente. « J’aurais dû faire mieux. J’aurais pu faire mieux. C’est peut-être à cause de ça. »

Cette culpabilité-là est l’une des plus injustes du parcours PMA. Elle transforme une personne qui subit en personne responsable de ce qu’elle subit. Elle retourne la perte de contrôle en faute personnelle. Et elle mérite d’être nommée pour ce qu’elle est : non pas un signal que quelque chose aurait pu être différent, mais la réponse psychologique prévisible d’un être humain confronté à une situation dans laquelle il n’a, objectivement, presque aucun contrôle.

Un parcours PMA engage deux personnes dans une expérience qui ne les affecte pas de la même façon, au même moment, avec la même intensité.

Les femmes rapportent systématiquement des niveaux d’anxiété et de symptômes dépressifs plus élevés que leurs partenaires. Les femmes de plus de 35 ans et celles ayant déjà vécu des tentatives de FIV sont particulièrement vulnérables à la détresse émotionnelle. PubMed Central Cette asymétrie peut créer des incompréhensions : l’un est submergé, l’autre essaie de rationaliser ou de rester fort. Ces deux réponses sont compréhensibles. Elles peuvent cependant générer un sentiment de solitude dans la relation, même quand les deux personnes s’investissent pleinement.

La sexualité est également affectée. La PMA « médicalise » la conception : les rapports sont planifiés, les corps sont instrumentalisés, l’intimité est soumise aux agendas médicaux. La dyspareunie déjà présente dans l’endométriose s’ajoute aux effets secondaires hormonaux (sécheresse vaginale, baisse de libido liée aux traitements) pour rendre la sexualité difficile à préserver dans ce contexte, voir impossible à maintenir.

Les injections, les effets secondaires des hormones (fatigue, gonflement, irritabilité, ballonnements, bouffées de chaleur), les hospitalisations courtes pour ponction, la convalescence post-transfert : tout cela atterrit d’abord sur la personne qui porte le traitement dans son corps, même quand le partenaire est présent et attentif. Il arrive donc souvent pour la personne concernée par les traitements de ressentir de l’injustice, de l’inégalité dans la relation et dans le poids du projet parental, ce qui peut entraîner des tensions.

Le parcours PMA exige une forme de discrétion imposée que peu de personnes choisissent vraiment. Ne pas dire à son employeur pourquoi on arrive en retard une semaine sur deux. Ne pas expliquer à ses collègues pourquoi on décline certaines missions ou certains voyages. Sourire quand on vous demande si vous avez des enfants ou des projets familiaux. Gérer les grossesses annoncées autour de soi avec une grâce que la douleur rend difficile.

Cette invisibilité sociale est un poids réel. Elle prive les personnes concernées du soutien que reconnaître une épreuve permet habituellement d’obtenir. Elle génère une fatigue supplémentaire : celle de se gérer soi-même en permanence pour protéger les autres de l’inconfort.

Le parcours PMA laisse des traces dans la trajectoire professionnelle que personne ne comptabilise.

La concentration est plus difficile pendant les périodes de stimulation, d’attente et dans les jours qui suivent un échec. Les effets secondaires hormonaux — fatigue, maux de tête, instabilité émotionnelle, ballonnements — ne s’arrêtent pas à la porte du bureau. La pensée en arrière-plan — « c’est peut-être le bon cycle », « est-ce que mes résultats d’aujourd’hui sont bons ? », « comment je vais me sentir après la ponction ? » — occupe une part de l’espace mental disponible pour le travail.

Des opportunités professionnelles sont repoussées ou abandonnées : ne pas postuler à une promotion qui demanderait plus de temps ou de déplacements, ne pas accepter un projet d’envergure dont on sait qu’on ne pourra peut-être pas assurer la continuité, ne pas s’engager dans une formation longue. Ces choix se font souvent sans le dire, en silence, en arbitrant entre le projet professionnel et le projet parental — comme si l’un devait attendre l’autre indéfiniment.

Certaines personnes font des choix de poste délibérément sous-optimaux — préférer un emploi moins stimulant mais plus flexible, rester dans une structure connue plutôt que de changer d’entreprise, accepter une stagnation temporaire pour préserver la disponibilité que le parcours requiert.

Et au-dessus de tout cela, la peur d’en parler. Peur d’être perçue comme moins fiable, moins disponible, moins investie. Peur de la pitié ou de l’intrusion. Peur que cela influence une évaluation, une décision de promotion, une attribution de projets. Cette dissimulation active est épuisante. Elle oblige à gérer une double vie professionnelle — être présente en apparence, tout en vivant intérieurement un parcours lourd — sans pouvoir recevoir le soutien que la transparence permettrait.

En France, la loi du 30 juin 2025 interdit désormais les discriminations au travail pour les salarié·es engagé·es dans un parcours de PMA et facilite l’obtention d’autorisations d’absence. C’est une avancée réelle. Elle ne résout pas la peur de parler, mais elle donne un cadre légal sur lequel s’appuyer.

Il y a un isolement qui s’installe progressivement dans un parcours PMA, et dont on ne mesure pas toujours l’ampleur avant d’en être déjà profondément dedans.

Il commence de façon concrète et pratique. Les traitements de stimulation génèrent une fatigue physique réelle, des effets secondaires imprévisibles, des rendez-vous médicaux qui tombent sans préavis. Une sortie planifiée depuis quinze jours peut être annulée la veille parce qu’on est épuisée, parce qu’on a eu une mauvaise nouvelle ce jour-là, parce que la ponction est programmée le lendemain matin. Des week-ends ne peuvent pas être réservés à l’avance : pas de festival, pas de voyage, pas de mariage en province etc. parce qu’on ne sait jamais quelle phase du cycle on sera en train de vivre. Certains protocoles ou certaines intolérances digestives liées aux traitements imposent des restrictions alimentaires qui compliquent les restaurants, les dîners chez des amis, les pique-niques. La cuisine devient un terrain de négociation supplémentaire, une explication à donner ou à esquiver.

Les tâches domestiques s’accumulent pendant les cycles difficiles. L’énergie qui reste après les rendez-vous médicaux, les injections, la gestion des effets secondaires, la charge émotionnelle — cette énergie ne suffit souvent plus à maintenir un intérieur dans l’état qu’on aimerait pour inviter quelqu’un. Alors on invite moins. Puis on n’invite plus. Et l’espace de vie qui était un lieu de convivialité devient un cocon fermé, à la fois refuge et preuve silencieuse de l’épuisement.

De l’autre côté, les amis font de leur mieux. Au début, ils demandent des nouvelles. Ils s’impliquent, s’inquiètent, soutiennent. Mais un parcours PMA dure … des mois, parfois des années, et à un moment, quelque chose change. Ils ne savent plus quoi demander. Ils ont peur de la réponse. Ils ont peur de rouvrir quelque chose de douloureux par inadvertance. Alors certains arrêtent de demander, pour ménager. D’autres changent de sujet plus vite. D’autres encore proposent, avec une bonne intention sincère, des conseils non sollicités que les personnes concernées ont déjà tous entendus : « arrête d’y penser, ça viendra », « je connais un couple qui a arrêté les traitements et elle est tombée enceinte naturellement », « tu as essayé de voir un chaman ? De manger des poireaux à la pleine lune » Ces conseils ne blessent pas parce qu’ils sont malveillants. Ils blessent parce qu’ils révèlent que l’autre ne sait pas, ne peut pas savoir, ce que c’est, et que l’espace pour le dire sans avoir à consoler l’autre en retour n’existe plus vraiment.

Et puis il y a les grossesses annoncées. Celles des amies proches, celles des collègues, celles des cousines. Chaque annonce est une joie pour l’autre et un coup pour soi, et cette simultanéité est difficile à habiter. On est sincèrement heureuse pour elles. Et on est dévastée pour soi. Ces deux choses sont vraies en même temps, et leur coexistence génère une culpabilité supplémentaire : celle d’être triste face au bonheur des autres, d’avoir une pensée sombre là où on voudrait n’avoir que de la tendresse.

Il y a aussi le deuil de ce qu’on avait imaginé sans jamais se l’être dit : voir nos enfants grandir avec ceux de nos amis, les mêmes âges, les mêmes étapes, partager cette période de la vie ensemble. À mesure que les enfants des autres grandissent, ce scénario fantasmé se ferme progressivement. On fait le deuil d’une vie parallèle qu’on n’a jamais vécue mais à laquelle on tenait.

Peu à peu, certaines amitiés se distancient sans rupture franche : juste un éloignement progressif, parce que les vies divergent, parce que les préoccupations ne se croisent plus de la même façon, parce que maintenir une relation demande une énergie qu’on n’a plus, parce que les voir demande de traverser des émotions qui épuisent. On réduit le périmètre social pour se protéger. Et ce périmètre réduit, à son tour, renforce le sentiment d’être seul·e dans quelque chose que les autres ne peuvent pas vraiment comprendre.

Ce n’est pas de la mauvaise volonté de part et d’autre. C’est la collision entre la durée d’un parcours — incompressible, médicalement déterminée — et la capacité humaine à maintenir une présence émotionnelle intense sur des années. Les deux peuvent être vraies simultanément : l’ami qui s’éloigne peut être un bon ami, et son éloignement peut faire mal quand même.

Suspendue à la falaise

Il y a une métaphore que j’utilise qui aider à mieux cerner ce que c’est que de traverser un long parcours PMA avec une maladie chronique.

Imaginez une falaise. En haut, il y a la vie que vous espériez : pas forcément parfaite, mais continue, avec des projets qui avancent, des étapes qui s’enchaînent, une place dans la géographie du monde. En bas, il y a d’autres réalités, d’autres difficultés que vous ne voulez pas minimiser. Et vous, vous êtes sur le flanc de la paroi. Vous n’êtes pas au fond. Mais vous ne montez plus.

Pour monter, il vous faut une corde. Pas n’importe laquelle : la bonne, celle qui est assez solide pour tenir le poids de ce que vous portez. On vous en jette. Certaines vous passent entre les mains. D’autres semblent bien tenir, puis craquent au moment où vous commencez à vous y fier. On vous dit parfois que ce n’était pas la bonne, qu’il faut essayer autrement. Vous essayez autrement.

Pendant ce temps, autour de vous, des gens montent. Des gens que vous aimiez, que vous aimiez voir. Ils ont trouvé leur corde, ou en avaient une d’avance, ou en ont eu une jetée au bon moment. Ce n’est pas leur faute. Et vous n’êtes pas jalouse d’eux. Enfin, pas seulement. Vous êtes surtout terriblement triste de rester là pendant qu’ils avancent, de ne pas pouvoir les suivre, de les voir s’éloigner vers une vie à laquelle vous pensiez vous aussi avoir accès.

Votre partenaire est là, sur le même morceau de paroi. Il voudrait grimper à votre place comme Sam porte Frodon et l’anneau. Il ne peut pas : la corde ne peut être attrapée que par vous, dans ce corps qui essaie, qui endure les traitements, qui porte les injections et les échecs et les attentes. Il vous tient. Mais il ne peut pas grimper pour vous.

Chaque fois qu’une corde est jetée, il y a aussi des pierres qui tombent. Les effets secondaires des protocoles. L’épuisement après la ponction. Le test négatif. Les deux semaines perdues à espérer puis à renoncer. Vous les prenez dans le corps. Lui les reçoit autrement : de loin, en regardant, en ne pouvant pas s’interposer.

En haut, il y a les parents qui ne comprennent pas bien pourquoi ça dure. Qui envoient des cordes symboliques, des grigris, des prières et pensées magiques pour « porter chance », qui suggèrent de nouveaux médecins, de nouvelles méthodes, qui ne voient pas que le problème n’est pas le manque d’efforts ni le manque de bons médecins : c’est que les cordes se font rares, que la paroi s’effrite, que des choses extérieures et systémiques rendent l’ascension plus difficile pour tout le monde, sans que personne en bas ne soit responsable. Ils sont en haut. Ils ont oublié comment ça fait d’attendre une corde ou ne l’ont jamais connu.

Et il y a des moments de plus en plus fréquents, où vous ne pouvez plus vous tenir à la paroi. Pas par abandon, mais par épuisement. Vous restez là, inerte, incapable de faire quoi que ce soit pendant des semaines. Juste vous maintenir suffit à consommer tout ce qu’il vous reste. Puis vous récupérez un peu, et vous essayez de rattraper le temps, et vous vous épuisez à nouveau.

Ce qui est le plus difficile n’est pas la chute, c’est l’incertitude. Ne pas savoir si la prochaine corde tiendra. Ne pas savoir combien de temps encore vous resterez là, si vous tiendrez, ou si vous pourrez bouger un jour. Ne pas pouvoir faire des plans, construire quoi que ce soit sur ce pan de falaise où vous êtes bloquée, parce que vous espérez toujours que la corde va arriver et que vous pourrez enfin continuer à monter.

Et pendant tout ce temps, regarder en bas pour relativiser. Regarder en haut pour nourrir l’espoir. Et rester là, entre les deux, à attendre.

Un parcours PMA impose une organisation du temps entièrement déterminée par le cycle médical, et non par l’agenda personnel ou professionnel. Les rendez-vous de monitoring tombent selon la réponse ovarienne — deux jours à l’avance, parfois la veille. Les ponctions sont programmées sur un créneau de 36 heures. Les transferts dépendent du développement embryonnaire. Rien de tout cela ne s’anticipe longtemps à l’avance, et rien ne peut être déplacé sans compromettre le cycle.

Cela signifie en pratique : poser des congés en urgence, annuler des réunions sans pouvoir expliquer pourquoi, refuser des missions qui impliquent des déplacements sur des périodes incertaines, jongler en permanence entre les impératifs médicaux et les impératifs professionnels. Sur la durée d’un parcours — souvent plusieurs mois, parfois plusieurs années — ce n’est pas un aménagement ponctuel : c’est une réorganisation structurelle et permanente du quotidien.

C’est peut-être le coût le moins discuté avant de s’engager dans un parcours PMA. On parle des chances de réussite, des protocoles, des taux mais rarement de ce que vivre dans ce corps-là, mois après mois, représente concrètement.

La stimulation ovarienne

Un protocole de FIV commence par une stimulation ovarienne médicamenteuse dont l’objectif est de produire plusieurs follicules en même temps là où le corps n’en produit normalement qu’un par cycle. Les médicaments utilisés (gonadotrophines injectables) sont des hormones puissantes, administrées par injections sous-cutanées quotidiennes pendant 8 à 12 jours.

Les effets ressentis pendant cette période sont variables d’une personne à l’autre, mais les plus fréquents incluent des ballonnements et une sensation de gonflement abdominal liés à l’augmentation du volume ovarien, des crampes pelviennes et des douleurs, une tension et sensibilité mammaire, de la fatigue, des sautes d’humeur liées aux fluctuations hormonales rapides, des nausées, et parfois des maux de tête. Ces effets sont liés à la montée rapide des taux hormonaux ; ils sont généralement modérés et se résolvent après la ponction ovocytaire, sauf en cas de grossesse. Seen Fertility

Dans l’endométriose, ces effets s’ajoutent à une situation physique déjà complexe. Les lésions existantes « s’alimentent » des œstrogènes, le climat inflammatoire s’accentue, la sensibilisation centrale, et l’hypersensibilité viscérale peuvent amplifier la perception des effets secondaires. Des données récentes confirment que les femmes atteintes d’endométriose profonde, notamment avec atteinte digestive ou adénomyose, rapportent des douleurs post-ponction significativement plus intenses que celles sans ces atteintes.

Le syndrome d’hyperstimulation ovarienne

L’hyperstimulation est une réponse excessive des ovaires aux médicaments de stimulation. Dans sa forme légère, il affecte jusqu’à 33 % des femmes en cours de FIV. Les formes modérées à sévères sont plus rares : environ 1 % des cycles. Seen Fertility

Dans les formes légères à modérées : gonflement et douleur abdominale importants, nausées, prise de poids rapide par rétention hydrique, essoufflement en cas d’épanchement. Dans les formes sévères : accumulation de liquide dans l’abdomen et parfois les poumons, déshydratation, troubles électrolytiques nécessitant une hospitalisation. Si une grossesse survient après un cycle avec tendance à l’hyperstimulation, les symptômes peuvent durer plusieurs semaines, parfois jusqu’à 10 semaines. Mayo Clinic

Dans l’endométriose, le risque est à nuancer : les femmes avec une réserve ovarienne diminuée (fréquente dans les formes avec endométriomes) sont moins exposées à l’hyperstimulation que les femmes avec SOPK. Mais celles avec une réserve préservée ou une sensibilisation viscérale préexistante peuvent vivre les formes légères comme particulièrement douloureuses.

La ponction ovocytaire

La ponction est réalisée sous anesthésie générale courte ou sédation, à l’aide d’une aiguille guidée par échographie transvaginale. C’est un geste chirurgical ambulatoire dont la durée est courte (15 à 30 minutes), mais dont la récupération physique peut prendre 1 à 3 jours selon les femmes.

Les suites habituelles incluent des douleurs pelviennes modérées, des saignements légers, de la fatigue, et parfois des nausées liées à l’anesthésie. Dans l’endométriose, la ponction peut être plus complexe techniquement : les adhérences, les endométriomes, ou la localisation atypique des follicules peuvent rendre l’accès difficile et augmenter l’inconfort post-opératoire. Une étude française publiée en 2024 (796 cycles, hôpital Tenon, Paris) montre que les femmes atteintes d’endométriose rapportent des douleurs post-ponction significativement plus intenses, et que la présence d’adénomyose ou de lésions digestives est un facteur prédictif indépendant de douleur plus élevée. PubMed

Il existe également des complications rares, mais réelles, comme l’hémopéritoine : une hémorragie abdominale très douloureuse, causée par un saignement de l’ovaire. La fréquence est d’environ 1 cas pour 100 ponctions et nécessite une intervention chirurgicale en urgence. La récupération est longue et cet évènement peut également laisser des séquelles psychologiques traumatiques selon la sévérité de l’incident.. L’infection de l’ovaire ou du pelvis peut également survenir mais beaucoup plus rarement (1 pour 1000), provoquant fièvre et douleurs. La torsion ovarienne, provoquant des douleurs violentes et intenses pouvant nécessiter une chirurgie urgente, survient dans 5 cas pour 10 000 ponctions.

La phase du transfert embryonnaire et l’attente

Le transfert embryonnaire est bien souvent techniquement peu douloureux, mais peu parfois être complexe, douloureux et nécessiter une anesthésie générale. La phase qui suit — l’attente des 10 à 14 jours avant le test de grossesse — est physiquement inconfortable pour de nombreuses femmes : la progestérone administrée en soutien de phase lutéale provoque souvent des ballonnements, une tension mammaire, de la fatigue, des spottings qui peuvent faire douter du résultat avant le terme. Et dans l’endométriose, ces effets se superposent à des symptômes préexistants, rendant la lecture des signaux corporels particulièrement difficile. Et lorsqu’il y a eu une anesthésie il faut plusieurs jours pour se remettre de la fatigue provoquée.

La répétition : ce que les cycles successifs font au corps

Un aspect rarement documenté est l’effet cumulatif des traitements sur le corps. Chaque cycle de stimulation représente un épisode de modification hormonale intense, suivi d’une récupération, suivi d’un nouveau protocole. Sur deux, trois, quatre tentatives voire plus, le corps traverse des oscillations hormonales répétées qui peuvent contribuer à une fatigue persistante, une déstabilisation du système neuroendocrinien, et une aggravation transitoire des symptômes endométriosiques entre les cycles.

Dans l’endométriose spécifiquement, la stimulation ovarienne élève transitoirement les œstrogènes à des niveaux supraphysiologiques, ce qui peut théoriquement activer les lésions. Les données disponibles ne montrent pas d’aggravation significative à long terme de la maladie liée aux cycles de FIV, mais l’expérience subjective d’une exacerbation symptomatique pendant et après la stimulation est fréquemment rapportée par les patientes.

Obtenir une grossesse après un long parcours PMA est une victoire. Elle n’efface pas pour autant le fait que grossesse et endométriose sont une combinaison qui mérite d’être accompagnée avec attention.

Ce qui va souvent mieux : la période de « lune de miel »

La grossesse suspend les cycles menstruels et modifie profondément l’environnement hormonal. Les femmes atteintes d’endométriose voient le plus souvent leurs symptômes s’atténuer pendant et immédiatement après la grossesse, parfois de façon notable. Sante Cette amélioration est réelle et peut représenter, pour certaines, les premiers mois sans douleur intense depuis des années. Elle ne doit pas être présentée comme une « guérison » : les lésions persistent, mais comme une accalmie hormonale précieuse.

Les risques obstétricaux documentés

La grossesse dans le contexte de l’endométriose s’accompagne d’un sur-risque modéré mais documenté de certaines complications obstétricales. Ces risques sont à proportionner : la grande majorité des grossesses se déroulent normalement.

Fausse couche. Une étude de l’Inserm (équipe du Dr Santulli, hôpital Cochin) a mis en évidence un sur-risque de fausse couche précoce au premier trimestre : 29,1 % dans le groupe endométriose, contre 19,4 % dans le groupe contrôle. Cet écart persistait après correction des facteurs de confusion. Inserm Ce sur-risque est attribué à l’inflammation pelvienne chronique et aux modifications structurelles de l’environnement utérin.

Grossesse extra-utérine. Le risque de grossesse extra-utérine est presque triplé chez les femmes atteintes d’endométriose Pourquoi Docteur, vraisemblablement en lien avec les adhérences tubaires et les modifications anatomiques pelviennes.

Complications placentaires et obstétricales. Une méta-analyse regroupant les données de 24 études et près de deux millions de femmes suggère un risque plus élevé d’accouchement prématuré, de fausse couche, de placenta prævia et de césarienne. Les nouveau-nés présentent également un poids de naissance légèrement inférieur. Pourquoi Docteur

Ce que ces données signifient en pratique : elles ne signifient pas qu’une grossesse après endométriose est nécessairement à risque. Elles signifient que le suivi obstétrical doit être informé de ce contexte, que certains signaux méritent d’être pris au sérieux rapidement, et que les personnes concernées ont le droit de connaître ces données pour pouvoir se préparer et choisir leur suivi avec discernement.

La grossesse n’efface pas la maladie

La grossesse ne guérit pas l’endométriose, elle la met en sommeil. Après l’accouchement et le retour de couches, les symptômes réapparaissent pour la plupart des femmes, sauf si un traitement hormonal continu est mis en place. Sante

Après un long parcours PMA, cette réalité peut être difficile à entendre. La grossesse et l’accouchement sont une arrivée mais pas la fin de la maladie. La reprise des douleurs après la naissance, parfois quelques semaines seulement après l’accouchement, est un choc pour beaucoup de personnes qui espéraient que tout s’arrêterait là. L’accompagnement postnatal dans l’endométriose mérite d’être anticipé, pas seulement pour la santé physique mais pour ne pas se retrouver seule face à cette réalité au moment où les ressources sont déjà très sollicitées par l’arrivée d’un enfant.

Quand la grossesse elle-même est douloureuse

La grossesse est souvent décrite comme une période d’accalmie dans l’endométriose et c’est vrai pour beaucoup. Mais ce n’est pas une vérité universelle. Pour une partie des personnes atteintes, notamment celles qui ont une endométriose profonde, des adhérences importantes, ou des antécédents chirurgicaux, la grossesse peut être douloureuse, parfois intensément. Cette réalité est peu documentée dans les ressources destinées aux patientes, et encore moins expliquée. Elle mérite d’être nommée clairement, pour que celles qui la vivent ne croient pas que quelque chose se passe mal avec leur grossesse, ni qu’elles exagèrent.

Comprendre pourquoi : le pelvis est un système dynamique, pas un espace figé

Le mécanisme central est simple à comprendre mais rarement expliqué : l’utérus grossit massivement au cours de la grossesse : de la taille d’une clémentine à celle d’un melon en neuf mois. Ce mouvement d’expansion est continu, progressif, et sollicite l’ensemble des structures anatomiques environnantes.

Dans un pelvis sain, ces structures : ligaments, péritoine, organes adjacents, sont mobiles et souples. Elles s’adaptent à la croissance utérine sans résistance notable.

Dans un pelvis avec endométriose, une partie de ces structures peut ne pas être mobile. Les adhérences endométriosiques forment des bandes fibreuses qui solidarisent les organes entre eux et avec les parois pelviennes, contribuant aux douleurs pelviennes chroniques, à la dyspareunie profonde et aux difficultés de fertilité. PubMed Central Ces bandes n’ont pas l’élasticité du tissu sain. Quand l’utérus grossit, il tire sur ces adhérences qui résistent, qui tirent en retour, qui créent des tensions sur les structures auxquelles elles sont fixées.

Les mécanismes spécifiques, organe par organe

Les adhérences et la fibrose pelviennes. L’endométriose est un état d’inflammation chronique connu pour causer des adhérences par dépôt excessif de fibrine. Ces bandes de tissu fibreux peuvent fixer des structures normalement mobiles entre elles ou à la paroi abdominale. PubMed Central

Quand l’utérus grossit pendant la grossesse, il tire sur ces adhérences. La douleur qui en résulte est souvent décrite comme une sensation de traction, de pincement profond, ou de tension interne, différente de la douleur des contractions ou des douleurs ligamentaires habituelles. Elle peut être latéralisée si les adhérences sont asymétriques, ou diffuse si l’endométriose est étendue.

Les ligaments utérosacrés. Les ligaments utérosacrés ancrent l’utérus au sacrum. Ils sont l’une des localisations les plus fréquentes de l’endométriose profonde. Quand ils sont infiltrés de lésions ou de tissu fibreux, ils deviennent rigides, épaissies, rétractés. Au cours de la grossesse, l’utérus s’élève progressivement dans l’abdomen, modifiant la traction exercée sur ces ligaments. Si ceux-ci sont fixés par des lésions, ce mouvement génère des douleurs pelviennes postérieures, des irradiations vers les fesses ou les cuisses, souvent aggravées par la position assise prolongée ou le mouvement.

Les ligaments ronds. Les ligaments ronds courent de chaque côté de l’utérus vers l’aine. Dans une grossesse normale, ils s’étirent progressivement pour soutenir l’utérus qui grossit : c’est ce qu’on appelle la douleur ligamentaire ronde, très fréquente en deuxième trimestre, souvent décrite comme une douleur vive et brève à l’aine ou à la hanche lors d’un mouvement brusque. L’endométriose peut se développer sur les ligaments ronds, créant des lésions qui les rendent moins souples et réactifs à la traction. Cleveland Clinic Quand ces ligaments sont atteints, la douleur ligamentaire habituelle de la grossesse peut être plus intense, plus durable, ou s’accompagner d’une sensation de tension persistante plutôt que d’un simple élancement passager.

Les cicatrices chirurgicales internes. Toute intervention chirurgicale pelvienne — cœlioscopie diagnostique ou opératoire, kystectomie ovarienne, résection digestive, ou hystérectomie partielle — laisse des cicatrices internes. Ces cicatrices sont constituées de tissu fibreux non élastique. Quand l’utérus grossit pendant la grossesse, il peut mobiliser ces cicatrices, créer des adhérences entre elles et les structures adjacentes, ou exercer une traction sur des zones déjà remaniées. Le risque de complications obstétricales liées à l’endométriose est déterminé en partie par la sévérité de la maladie et par l’étendue des interventions chirurgicales antérieures. NCBI Les femmes ayant eu une ou plusieurs cœlioscopies, ou une chirurgie digestive ou urinaire pour endométriose profonde, peuvent avoir un pelvis structurellement très remanié dans lequel la grossesse évolue dans un espace contraint.

Les endométriomes. Les endométriomes ovariens peuvent augmenter de volume sous l’effet des modifications hormonales de la grossesse, notamment en premier trimestre. Un endométriome qui grossit crée une pression ovarienne pouvant être douloureuse, et dans de rares cas peut se compliquer d’une torsion d’annexe ou d’une rupture kystique. Dans certains cas, la grossesse peut aggraver les douleurs pelviennes liées à l’endométriose, notamment en début de grossesse où l’utérus commence à s’étendre et peut tirer sur les lésions existantes. Dr. Seckin

La sensibilisation centrale préexistante. Les personnes ayant vécu plusieurs années de douleurs chroniques avec endométriose ont souvent développé une sensibilisation centrale : le système nerveux central est calibré pour amplifier les signaux douloureux, même en l’absence de cause mécanique évidente. Pendant la grossesse, les étirements ligamentaires normaux, les pressions du fœtus sur des organes proches, les modifications posturales : tout cela peut être perçu comme douloureux à un seuil bien plus bas que chez une personne sans sensibilisation préalable. Cette composante neurologique ne rend pas la douleur moins réelle. Elle explique pourquoi deux grossesses avec un tableau anatomique similaire peuvent être vécues très différemment.

Ce que ça signifie concrètement

Des douleurs pendant la grossesse ne signifient pas automatiquement que quelque chose se passe mal avec le bébé. Elles peuvent être la réponse mécanique d’un pelvis remanié à la croissance utérine douloureuse, invalidante parfois, mais sans lien direct avec le développement fœtal.

Ces douleurs méritent d’être prises au sérieux, évaluées, et accompagnées : pas minimisées avec un « c’est normal d’avoir des douleurs enceinte ». Elles ne sont pas normales au sens universel. Elles sont la conséquence prévisible d’une maladie qui a modifié l’anatomie pelvienne.

Des ressources peuvent aider à les traverser : kinésithérapie prénatale, ostéopathie adaptée à la grossesse, yoga prénatal spécialisé, adaptation des positions de sommeil et de repos en fonction des zones de tension. L’accompagnement par une sage-femme ou un obstétricien informé du contexte d’endométriose est précieux, pas pour créer une surveillance médicale angoissante, mais pour disposer d’un interlocuteur qui comprend d’où vient la douleur.

Ce que cette section ne dit pas

Elle ne dit pas que le parcours PMA n’aboutit pas, ni qu’il est insupportable pour tout le monde. De nombreuses personnes traversent ces épreuves avec des ressources, un soutien, des résiliences qui font que le parcours, même difficile, reste porteur de sens.

Elle dit que ces coûts existent, qu’ils sont réels même quand ils ne figurent sur aucune facture, et que les reconnaître avant de s’engager ou en cours de route, est une façon de mieux les traverser. Chercher un soutien psychologique, informer son employeur si c’est possible et sécuritaire, s’autoriser à ne pas gérer seul·e, ajuster ses attentes sur le rythme de vie pendant les cycles : toutes ces choses sont plus faciles à faire si on sait à l’avance qu’elles sont légitimes.


Sources bibliographiques

Les coûts invisibles

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